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Héritage africain

Introduction à l'histoire et à la culture songye

 

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        Le nom “Songye” viendrait de la tribu Songye “Basonge” qui habite sur la rive droite de la Rivière Lomami, à laquelle on a appliqué à toutes les autres, mais les ethnologues et historiens ont avancé d’autres vrais noms: Bayembi ou Bayembe, Songwe, Batshionga, Songye, Basonga [selon l’appelation des Baluba du Kasaï], Basongye, Songe, etc., pour faciliter la lecture des résultats de leurs  enquêtes.

          Les principales tribus [sous-tribus, clans, et familles confondus] de l’ethnie[1] Songye sont: les Basonge de la rive droite de la Rivière Lomami (Lubao, Bena Malela, Bahina, Samba, Kisengwa, Kasongo I et II, Kabalo, Kubu, Wangongwe, Buku Kiloloshi, Bena Baye et Kongolo etc.). Alors que les Bekalebwe, Ben’Eki, Belande, Betundu, Bena Moona, Batempa, Bashilangye, Balaa, Basanga, Bakankala, Bena Milembwe, Bambo, Bakwa-Nkoto, Bena Paye, Bena Majiba, Bena Budia, Bena Kiofwe, Sangwa, Bena Mpania Mutombo…peuplent la rive gauche de la Rivière Lomami et ses affluents. Il y a lieu de noter qu’il y a des vestiges Songye dans le Bandundu/Bakongo (voir Zone elliptique) et dans le Haut-Congo (Kisangani:Wagenia). Il y a eu en outre une colonie de Basongye “Bena Nsapo” à Luluabourg (Kananga), Les Bena Nsapo sont de Ben’Eki, qui n’ont pas voulu collaborer avec Lumpungu [le borgne], qui est Muikalebwe. Lumpungu a tenté de les convaincre par le canal de son lieutenant Mpania Mutombo, mais en vain. C’est le Belge ”Le Marinel, Paul[2] ” qui les a amenés et instalés à Luluabourg (Kananga) et ceci explique entre autre chose pourquoi ils ont été des auxiliaires fidèles de L’Etat Belge jusqu’au 30 juin 1960.  


         Les Basongye sont des Aristocrates si on les compare aux autres peuples environnants. Ils sont polis, affables, et bien contitués suivant des  anciens écrits ethnogaphiques en notre possession.

          Selon quelques Historiens, ils seraient “Descendants Pharaoniques” au même titre que les Fangs de la Guinée Equatoriale, Cameroun, et Gabon pour la partie Ouest de l’Afrique et Unyamwezi”M’Siri”, Zulu, Twana, “Grand-Zimbabwe”, pour la partie Est de l’Afrique et de l’Afrique australe, ainsi que les Bakons (Bakongo), et Yaka (Bayaka) au Congo/Zaire. En effet, l’invasion de l’Egypte par les Assyriens, Perses et Grecs, serait la cause principale de l’émigration massive de la “Grande Maison” pharaonique et suite à leur refus d’être colonisés par les nouveaux Maîtres.

          D’après des écrits arabes, le peuple Songye aurait emprunté le chemin de la Mer Rouge, accosta à l’Ile de Zanzibar, puis traversa la Tanzanie, Tanganyika-Moëro et se fixa à Kantu A Muasa dans l’ancien territoire de Kabambare, aux environs du ruisseau Kabuka Koni. Ils étaient sous la direction du Général d’armées appelé Rusuna “Lusuna[3] en Kisongye”.

          Le Songye Nkongolo ou Kongolo “Muamba” vers le 16ème siècle, avait eu la rencontre avec Mbili Kiluwe, Chef des Baluba A Sandali (Shankadi), en compagnie de son frère Bombwe Mbili, à sa résidence [de Kongolo] à Mutombo Mukulu, au Lac Boya, dont la capitale était Muibele, en imposant son autorité de part et d’autre du lac. Il [Kongolo] est le Premier Mulopwe fondateur du premier empire Luba. Vers 1585-1605, son neveu, Kalala Ilunga Mbidi, le tua en même temps qu’il assassina son démi-frère Kisulu Mabele et devenant ainsi le fondateur du deuxième Empire Luba.  


        Au 17ème siècle, un autre Songye “descendant de Mulopwe Ku Musengye” fonda un Royaume appelé “EHATA”, dont la capitale était et reste “Ebwe”, qui signifie “pierre” en Kisongye, près du village actuel d’Eoni dans le territoire actuel de Lubao (Sentery).

          La langue “Kisongye” a sa physionomie propre. Il y a des mots qu’on ne trouve ni en Kaniok, Kibembe, Kibemba, Ciluba-Hemba, et ni même en Ciluba ou Lulua du Kasaï. Suivant mes recherches, ceci nous pousse à penser que les Songye ont eu au cours de leur itinéraire historique, des contacts avec d’autres peuples bantuphones.

          Les Songye sont de grands culivateurs, forgerons et utilisaient le fer avant l’arrivée des Arabes et des Belges. Ils ont toujours utilisé les indicateurs locaux de dévelpppement, basés sur l’agriculture, la forge et le commerce pour mésurer la pauvreté comme nous l’avons démontré dans nos différents écrits sur le site internet:  

http://kakabe.citeglobe.com 

          Il forgeaient des haches de réputation universelle, d’ailleurs le fer “Mitendu” abonde dans leur contrée. Ils sont aussi les grands fabricants des tissus en raphia “Madiba” d’une rare beauté, aussi leur Masque “Kifwebe (sing.), Bifwebe (pl.)” et Statue “Ya’Ntambwe”.

            Il y a eu toujours l’antipapthie entre les Basongye et les Baluba du Kasaï. Les Songye appelent les Baluba avec un ton méprisant “Balubayi”. La taquinerie “kapik’abe, esclave” est souvent lancée. Cette antipathie est fondée: durant l’époque arabe et sous Léopold II , les chefs Songye: Ngongo Lueteta [Leteta], Ngoie Muiyaso et Lumpungu en complicité avec Tippo-Tip nommé “Lawali”, Gouverneur de Stanley-Falls par H.M.Stanley en accord avec Léopold II, faisaient cause commune, pillaient, et incendiaient les villages des Baluba Lubilanji [Sankuru], pour y prendre les gens robustes et les vendre comme esclaves. Le chef Katombe de Bena Kalambayi a collaborré à cet esclavagisme de triste mémoire. Lui et Lumpungu furent de grands alliés fidèles de l’Etat de 1910-1936, dans le travail forcé pour le cuivre du Katanga d’après les écrits de Jules Marchal:1999. Après l’indépendance du Congo Belge, le 30 juin 1960, les Baluba du Kasaï ont lancé une autre expression “Mbuji (Muluba Kasai) wabandi nkashama: la Chèvre est montée au-dessus du Léopard (Songye)” à cause de la richesse virtuelle du diamant exploitable à Mbuji-Mayi…(le diamant existe en abondance egale sur le territoire Songye, et est  exploité aujourd’hui partout en République Démocratique du Congo).  


          Les Songye ont la Religion et l’Initiation appelées “Bukishi”. Ils croient en un seul Dieu.Tous les enfants en âge d’initiation à la Culture Antique Songye devraient le subir et ceux qui ont été initiés doivent en garder le secret [certains Songye, Religieux Catholiques, me l’ont toujours affirmé avec fierté].

          Ils ne doivent pas [en principe] dévoiler ce qui se passe lors des cerémonies de Bukishi. En général, la cerémonie est réalisée derrière le village, sous un hangar où on a érigé une statue d’homme en terre incandescente avec en face un trou communiquant à un puits dans lequel les initiés decendent [j’en ai fait l’experience à mon village de Bindjiri]. Tous les aspirants sont vêtus de tissus “madiba” en raphia d’une rare beauté. Les non-initiés au Bukishi sont assimilés au “Tupungulu: illettrés”.

          “Bundalamumba” est une autre célébration. Chez les Basongye, on trouve des femmes chefesses appelées “Nyasa et Kisumene”. Souvent un chef comme Ngoie Muiyaso de Bindjiri, donnait  à sa soeur le titre de “Ndalamumba” mais c’est le propre chef-frère Ngoie Muiyaso qui restait chef avec tous les pouvoirs. Les femmes-chefesses sont supérieures aux autres femmes et on les apelle “Bandalamumba” (pl.) et Ndalamumba (sing.). Il ya des écrits coloniaux belges qui disent que la soeur de Sendwe Mutamba [chef Muen’Eki nommé par Lumpungu, alors que le vrai chef des Ben’Eki jusqu’à ce jour est Muana Mboo, fils de Kankienza, de la lignée de Kalanda, grand-frère de Kitoto Muloo Elemba], a été intronisée sur une natte d’une beauté spéciale, ne pouvaient s’y asseoir que celles qui ont été élevées au rang de Ndalamumba.C’était à Mulemba et les gens avaient peur de passer par là parce que, disait on, on chercherait les dents humaines pour orner son collier. Ceci expliquerait il l’égalité de l’homme et de la femme [Songye]?

          Les Hommes Baluba-Lubilanji, leurs voisins [de Kabinda], ont inventé par exemple le Kapuluayi et Buanga Bua Tshibawu ainsi que le Tshibindi [la pudeur], pour dominer leurs épouses, pendant qu’eux [les hommes] courrent librement. Est ce de la superstition? Voilà un sujet de recherche qui est reouvert…

          Les chefs Songye (cas des Bekalebwe) tiennent à leurs coutumes. J’ai vu mon oncle, le Chef Kitumbika Sapidi, rarement en pantalon, car disait il “on est là-dedans comme dans un enclos”[il me repetait souvent que son ainé, le Chef Lumpungu [le borgne] venu du village Mase à Kabinda] lui tenait le même language], il m’a même enseigné le système d’élections que j’ai développé dans mes autres écrits [voir brève description plus bas].

 

 

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[1] Kabamba Nkamany 1997: Pouvoirs et Idéologies Tribales au Zaïre, p.17,18,77.Préface de Elikia M’Bokolo.Ed. L’Harmattan ISBN 2-7384-4563-2, 5-7 rue de l’Ecole Polytechnique-Paris/France et 55,rue Saint Jacques, Montréal (Qc). Canada H2Y 1K9.

[2] Le Marinel, Paul 1888:De Nyangoué à Luluabourg, Le Mouvement Géographique 5:55.

[3] Kabamba, Nkamany: Art et culture Songye, p. 37 au sujet de Mpiani Lusuna Muana Kabole qui a son domicile à Malela.