Aubrey Plaza est passée de *l’outsider cheloue de sitcom* à productrice bankable adoubée par le cinéma d’auteur et les studios, avec plus de **9 millions d’abonnés** cumulés sur ses réseaux et un passage remarqué par *Saturday Night Live* en janvier 2023 qui a fait exploser les chiffres d’audience de l’émission selon NBC. En quinze ans, elle a construit une filmographie qui vrille de la comédie au malaise pur, en gardant toujours la même arme : un mélange de deadpan total et de menace sourde.

Aubrey Plaza, l’ADN : du stand-up fauché à Parks and Recreation

Aubrey Plaza naît en 1984 à Wilmington, Delaware. Elle passe par l’impro à l’Upright Citizens Brigade à New York, le même incubateur que des gens comme Amy Poehler, puis par des courts et du stand-up fauché dans des caves. Judd Apatow la repère sur une audition et l’engage sur *Funny People* en 2009, dans le sillage d’Adam Sandler et Seth Rogen. Le film reste un semi-échec au box-office, autour de 71 millions de dollars pour un budget de 75 selon Box Office Mojo, mais il la pose déjà en fille à punchlines sèches qui ne surjoue jamais.

La même année, Greg Daniels et Mike Schur lancent *Parks and Recreation* sur NBC. Aubrey Plaza rejoint la série dans le rôle d’April Ludgate, stagiaire goth apathique qui regarde tout le monde comme si elle préparait un meurtre hors-champ. Sur sept saisons, de 2009 à 2015, April passe de running gag à cœur bizarre de la série. Les audiences n’ont jamais atteint les sommets de *The Office*, mais le show s’est installé durablement dans la pop culture, au point que beaucoup de listes du type les saisons des séries : notre classement des meilleures à ne pas manquer rangent *Parks and Rec* aux côtés des plus grands classiques de la comédie télé.

Ce rôle fonde la “marque” Plaza. Visage fermé, débit monocorde, mais cracks letaux qui cassent les scènes. Beaucoup d’actrices coincées dans ce type de personnage restent prisonnières de la sitcom. Elle, non. Elle utilise April comme tremplin et commence à choisir des projets qui tordent ce persona plutôt que de le recopier. C’est là que ça devient intéressant pour un spectateur qui aime décortiquer une carrière comme un top films séries mettant une actrice au centre.

Parks and Recreation : l’archétype April Ludgate décortiqué

Revoir aujourd’hui *Parks and Recreation* montre à quel point April Ludgate sert de laboratoire. Sur les premières saisons, le personnage vit sur une seule couleur : apathie totale, sarcasme glacé, dégoût du monde. On se marre parce qu’Aubrey Plaza joue ça avec une fermeté de roc. Elle ne cligne pas, elle ne sourit pas. Elle laisse les autres faire le clown et, elle, assassine avec une ligne.

Au fil des saisons, les scénaristes lui donnent une trajectoire. April tombe amoureuse d’Andy (Chris Pratt encore bedonnant, autre époque…), se marie dans un épisode qui casse le format, puis navigue entre jobs publics absurdes. On observe deux choses. D’abord, Plaza garde le deadpan. Ensuite, elle glisse de vraies failles. Les scènes où April avoue qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut faire de sa vie, ou quand elle se confronte à la perspective d’avoir des enfants, montrent une actrice capable de doser le pathos sans se vautrer dans le sentimental.

La série devient une sorte de cours accéléré sur comment sortir d’un masque comique sans le renier. Quand on regarde sa carrière cinéma, on voit que beaucoup de projets partent de là. Une April plus violente, une April plus sexuelle, une April plus tragique. Ce n’est pas un hasard si, quand on se demande quel film choisir soirée ciné pour montrer ce qu’elle sait faire, on revient souvent à *Parks and Recreation* comme point d’origine.

Comédie indé et malaise contrôlé : Safety Not Guaranteed, Ingrid Goes West, Black Bear

Si on laisse les gros studios de côté, le vrai terrain de jeu d’Aubrey Plaza se trouve dans le cinéma indépendant américain. C’est là qu’elle teste ses variations les plus radicales sur son image, avec des films qui tournent souvent entre 1 et 10 millions de dollars de budget, mais qui s’installent en festival et sur les plateformes.

Safety Not Guaranteed (2012) : la romance SF bancale mais décisive

Réalisé par Colin Trevorrow, avant son passage chez *Jurassic World*, *Safety Not Guaranteed* part d’une petite annonce réelle publiée dans un journal, où un type cherche un partenaire pour un voyage dans le temps, “sécurité non garantie”. Plaza y joue une stagiaire de magazine qui infiltre ce pseudo-fou. Le film gagne le prix du scénario à Sundance 2012 et rejoint pas mal de listes de comédies indé chouchoutes.

Ce rôle reste déterminant pour elle. Elle garde le flegme, mais le film exige une vulnérabilité amoureuse que *Parks* n’avait pas vraiment. La romance avec le personnage de Mark Duplass repose sur son regard, sur des micro-variations, pas sur des grands éclats. On voit déjà la grammaire qu’elle utilisera plus tard dans *Black Bear* ou *Emily the Criminal*.

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Ingrid Goes West (2017) : la sociopathe Instagram

*Ingrid Goes West* fonctionne comme satire des réseaux sociaux, sortie en 2017 alors que l’obsession Instagram bat son plein. Plaza y joue Ingrid, stalker qui s’accroche à une influenceuse lifestyle à Los Angeles. Le film décroche le prix Waldo Salt du scénario à Sundance et s’installe vite comme référence du film sur l’influence, souvent cité dans les débats sur la toxicité d’Instagram.

Aubrey Plaza est productrice sur le film, ce qui change la donne. Elle ne fait plus que servir la vision de quelqu’un, elle oriente le ton. Ingrid est pathétique, violente, gênante. La comédie flirte avec le pur malaise, mais le film refuse de la juger frontalement. Plaza la joue sans chercher la rédemption obligatoire. Quand on discute des 100 comédies incontournables découvrir, ce film mérite largement d’y figurer tant il capte son époque sans moralisme chiant.

Black Bear (2020) : le labyrinthe meta

*Black Bear* sort en 2020, réalisé par Lawrence Michael Levine, tourné avant la pandémie et propulsé à Sundance juste avant la fermeture des salles. Le pitch ressemble à une blague de scénaristes : une réalisatrice en panne d’inspiration débarque dans une maison au bord d’un lac où un couple la reçoit, puis le film fracture la réalité en cours de route.

Le film repose intégralement sur elle. Elle y joue deux variations du même personnage, l’une passive, l’autre volcanique, avec des crises de jalousie et des scènes de tournage cauchemar. Son jeu dans une longue scène de breakdown, robe rouge, cigarette au bec, a fait le tour de Twitter cinéma pendant des semaines. Les critiques américains, de Variety au New York Times, ont parlé du “meilleur rôle de sa carrière à ce jour”, ce qui n’est pas exagéré. Là, on sort totalement du registre April Ludgate. Elle hurle, elle pleure, elle improvise une rage quasi physique. On se prend le film dans la tronche.

Legion : Aubrey Plaza en démon mutant, sommet de série super-héroïque

Quand FX commande *Legion* à Noah Hawley, spin-off barré de l’univers X-Men, peu de monde s’attend à voir Aubrey Plaza y voler chaque épisode. La série démarre en 2017, sur trois saisons, avec Dan Stevens en mutant schizophrène. Plaza arrive en second rôle, personnage d’ami de l’hôpital psychiatrique qui se transforme en incarnation d’un parasite psychique démoniaque, le Shadow King.

Ce rôle est un cadeau empoisonné. Elle joue un homme dans le script original, mais Hawley réécrit pour elle sans changer les répliques. Du coup, elle balance un truc androgyne, étrange, hyper sexuel sans être sexualisé façon Marvel habituelle. Dans certaines séquences, elle danse sur du Nina Simone au milieu d’un hôpital mental, dans d’autres elle prend les traits d’une infirmière vintage, ailleurs elle surgit en dandy décadent. La série ne plaira jamais au grand public, les audiences restent modestes, mais *Legion* s’impose comme une des rares adaptations de comics qui assume le surréalisme.

Pour Plaza, c’est capital. Elle montre à l’industrie qu’elle tient le registre genre, effets spéciaux, chorégraphies, tout en gardant son étrangeté. Quand on établit un top films séries theo James pour voir comment un acteur sort d’une franchise YA comme *Divergente* pour atterrir chez Guy Ritchie et Netflix, on peut faire le même type de lecture avec Plaza : *Legion* sert de pivot pour la verser chez Marvel ou DC si un studio ose.

The White Lotus : la consécration HBO et le couple en guerre froide

Saison 2 de *The White Lotus*, 2022. HBO déplace la série anthologique de Mike White d’Hawaï à la Sicile, décroche 15 nominations aux Emmy et fait exploser les abonnements HBO Max sur la période de diffusion, selon Warner Bros Discovery. Aubrey Plaza y incarne Harper, avocate brillante, coincée dans un couple en crise feutrée avec Ethan (Will Sharpe), face à un autre couple “riche cool” joué par Theo James et Meghann Fahy.

Ici, elle coupe presque tout le comique frontal. Harper garde son cynisme, mais la série s’en sert comme bouclier. On regarde une femme éduquée, lucide, qui voit les rapports de pouvoir à l’œuvre, mais qui se noie dedans quand même. Le duel silencieux autour de la fidélité, des regards sur la plage, de la scène de chambre avec Ethan, tout repose sur le visage de Plaza, ses micro-déplacements, sa manière de s’adosser à un mur ou de se recroqueviller au bord de la piscine.

Les critiques saluent sa performance. Elle reçoit une nomination aux Golden Globes 2023 pour ce rôle. Beaucoup de listes de “meilleurs épisodes de 2022” incluent les chapitres centrés sur ce quatuor. Et surtout, *The White Lotus* expose Plaza à un public massif qui ne la connaissait que vaguement pour *Parks and Rec*. D’un coup, elle devient figure HBO, donc actrice que les showrunners de prestige dramas ajoutent sur leurs listes de casting.

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Emily the Criminal : l’anti-héroïne qui tape là où ça fait mal

*Emily the Criminal* sort en 2022, écrit et réalisé par John Patton Ford. Tourné avec un budget estimé autour de 2 à 3 millions de dollars, acheté par Roadside Attractions et Vertical Entertainment après Sundance, le film engrange environ 2 millions au box-office salle, puis atterrit sur Netflix et touche un public bien plus large. Aubrey Plaza y joue Emily, diplômée endettée, condamnée à des petits boulots précaires à cause d’un casier judiciaire, qui glisse dans des arnaques à la carte bancaire.

On est dans un thriller sec. Los Angeles filmée côté entrepôts, parkings vides et colocs claustrophobes. Plaza produit le film et joue la rage économique, pas une folie abstraite. Emily refuse de s’excuser d’avoir faim. La scène du tasing, où elle retourne un home invasion contre son agresseur, reste une des plus viscérales de sa carrière. Pas de punchline cool, juste de la colère brute.

Sur Rotten Tomatoes, le film affiche un score critique supérieur à 90 %. Beaucoup de critiques y voient une réponse américaine au cinéma social britannique, version fraude bancaire. Ce rôle change sa place dans le paysage. Elle tient un premier rôle dramatique sans appui de grosse star autour. Dans une soirée où on hésite sur le film choisir soirée ciné qui va fédérer des gens allergiques aux super-héros et à la comédie romantique, *Emily the Criminal* coche pas mal de cases.

Child’s Play, Operation Fortune, Megalopolis : le flirt avec le grand spectacle

Aubrey Plaza ne joue pas la carte snob. Elle sait très bien que l’industrie fonctionne avec des franchises, du mid-budget d’action et du délire de cinéaste mégalo. Sa trajectoire récente montre une actrice qui accepte d’aller se frotter au mainstream tout en gardant son ADN bizarre.

Child’s Play (2019) : la mère de Chucky 2.0

Reboot de la saga Chucky, *Child’s Play* sort en 2019 sous la houlette de Lars Klevberg. Budget estimé à 10 millions de dollars, box-office autour de 45 millions. Plaza y joue la mère du gamin qui reçoit la poupée killer version IA détraquée. Le film ne révolutionne rien, mais il profite de son aura d’actrice “off” pour donner un peu de crédibilité à ce qui pourrait ressembler à une sortie VOD bas-de-gamme.

Elle ne surjoue pas l’horreur, ce qui sauve beaucoup de scènes. On sent qu’elle s’amuse à jouer la mère dépassée, tout en gardant ce côté “je ne crois pas totalement à ce qui se passe” qui colle bien avec un slasher ironique.

Operation Fortune: Ruse de Guerre (2023) : Plaza chez Guy Ritchie

*Operation Fortune: Ruse de Guerre* arrive après une série de reports et de galères de sortie, en salles et direct-to-streaming. Guy Ritchie dirige Jason Statham, Hugh Grant, Josh Hartnett, et glisse Aubrey Plaza dans le rôle de hacker sarcastique au sein d’une équipe de mercenaires.

Sur le papier, c’est le cliché ultime : la nerd de la team, clavier à la main, punchlines en arrière-plan. Plaza prend le cliché et le tord un peu. Elle drague, elle insulte, elle se moque de Statham, elle s’autorise une vraie présence physique dans l’action. Le film reste mineur dans la carrière de tout le monde, mais il montre qu’elle peut fonctionner dans le registre spy-comédie, façon Mission: Impossible low-cost. Pour un studio, c’est un test précieux.

Megalopolis (2024) : l’entrée chez Coppola

Projet pharaonique de Francis Ford Coppola, financé avec sa fortune personnelle, *Megalopolis* passe par Cannes 2024 après des années de gestation. Le film divise violemment la critique, certains crient au délire mégalo illisible, d’autres voient un grand geste de cinéma. Dans ce chaos, Aubrey Plaza campe un rôle clé au milieu d’une distribution qui inclut Adam Driver, Nathalie Emmanuel, Giancarlo Esposito, Shia LaBeouf.

Elle joue une lobbyiste politicienne charismatique, légèrement vénéneuse. Là encore, elle injecte son mélange d’humour sec et de menace. Le fait même qu’une actrice venue de la sitcom NBC se retrouve à jouer chez Coppola en dit long sur la manière dont Hollywood la perçoit désormais : pas juste une ex-comique, mais une figure capable de tenir la route dans les grands projets d’auteur, même borderline.

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Scott Pilgrim, comédies et détours animés : l’art du second rôle qui tue

Si on ne parle que de ses premiers rôles, on rate une partie de ce qui rend Aubrey Plaza si addictive à l’écran. Elle a un talent rare pour transformer des seconds rôles en petits ressorts mémorables, surtout dans la comédie.

Dans *Scott Pilgrim vs. the World* (2010) d’Edgar Wright, elle incarne Julie Powers, ex toxique, serveuse agressive, qui aligne les “fuck” censurés visuellement. Wright utilise son débit sec comme percussion dans le montage ultra-rythmé du film. Le film floppe en salles à sa sortie, autour de 47 millions pour un budget estimé à 60, puis devient objet culte, repris sans arrêt dans les conversations du type 100 comédies incontournables découvrir.

On la retrouve dans des comédies plus classiques comme *Dirty Grandpa* (*Hors de contrôle* en VF, 2016) où elle joue une étudiante légèrement obsédée par Robert De Niro, ou *Mike and Dave Need Wedding Dates* (*Comment séduire une amie* / *Mariage à l’anglaise* selon les territoires), où elle forme un duo de cinglées avec Anna Kendrick. Ces films ne sont pas du grand art, certains virent clairement à la daube sexiste, mais elle y teste un registre plus ouvertement sexuel et outrancier qui nourrira *Ingrid Goes West*.

Côté animation, Plaza prête sa voix à des séries comme *Grumpy Cat’s Worst Christmas Ever* ou à la série animée *Little Demon*, où elle joue une mère célibataire dont la fille est l’enfant du diable, produite avec FX. Là encore, elle produit et prête sa voix, signe qu’elle tient à contrôler l’objet plutôt que d’enchaîner les cachetons anonymes.

Arcs thématiques : deadpan, désir, menace et contrôle

Quand on met côte à côte *Parks and Recreation*, *Ingrid Goes West*, *Legion*, *Black Bear*, *The White Lotus* et *Emily the Criminal*, on repère quelques lignes très nettes qui traversent la filmographie d’Aubrey Plaza.

  • Le deadpan comme arme : elle garde un visage presque inexpressif, mais le charge d’ironie. Dans *Parks*, ça crée la blague. Dans *The White Lotus*, ça devient un bouclier contre l’humiliation.
  • Le désir mal placé : beaucoup de ses personnages désirent mal, trop, ou en silence. Ingrid désire la vie de l’influenceuse. Emily désire une vie matérielle basique sans accepter le compromis social-type. Harper désire que son mari la regarde vraiment.
  • La menace sourde : chez elle, la violence n’explose pas tout de suite. Elle s’accumule. Quand elle explose enfin, comme dans *Black Bear* ou *Emily the Criminal*, le choc fonctionne parce qu’on a passé une heure à observer ce volcan silencieux.

Cette combinaison la distingue dans le paysage actuel. Elle ne fait pas le même type d’anti-héroïnes que Zendaya dans *Euphoria* ou que Jodie Comer dans *Killing Eve*. Plaza a quelque chose de moins glamour, plus terre-à-terre, presque gênant. Elle n’a pas peur de se rendre antipathique. Pour un spectateur qui passe ses soirées à classer les performances comme dans un top films séries mettant un acteur au centre, cette radicalité pèse lourd.

Où la voir, et par quoi commencer ? Parcours conseillé pour une grosse session Plaza

On va être honnête : se taper sa filmographie complète d’un coup, c’est le trajet vers le burn-out. Mieux vaut viser un parcours en six ou sept étapes, en mélangeant télé, indé et grand spectacle. Une sorte de *saisons séries classement meilleures* version Aubrey Plaza.

Pour une première immersion, on propose ce chemin :

  1. Parks and Recreation (quelques épisodes clés des saisons 2 à 5) pour comprendre April Ludgate et installer le ton.
  2. Safety Not Guaranteed pour le côté indé doux-amer et le premier vrai rôle de cinéma avec du cœur.
  3. Ingrid Goes West pour la Plaza productrice et la satire des réseaux qui fait mal aux scroll addicts.
  4. Legion (saison 1 au moins) pour la version mutante, surréaliste, quasi démoniaque.
  5. Black Bear pour la claque d’actrice pure, sans garde-fous.
  6. The White Lotus saison 2 pour le couple moderne en décomposition silencieuse.
  7. Emily the Criminal pour terminer par le thriller social sec qui montre où elle peut aller dans les années à venir.

Évidemment, on peut glisser *Scott Pilgrim* en apéro ou *Operation Fortune* en digestif si on a envie de voir comment elle s’insère dans de gros dispositifs de mise en scène, ou aller piocher dans des listes type top films séries theo pour composer une soirée double programme avec Theo James et elle. L’idée reste la même : repérer comment elle tord son image à chaque fois qu’un réalisateur ou un scénariste essaie de la coincer dans une case.

Conclusion : une actrice qui aime trop le risque pour rester « culte » en petit comité

Aubrey Plaza coche actuellement une case rare à Hollywood. Elle garde une image “culte”, chérie des spectateurs qui traquent la prochaine pépite indé, tout en s’installant dans des machines plus visibles comme *The White Lotus*, *Child’s Play*, *Operation Fortune* ou *Megalopolis*. À chaque fois qu’on ouvre un dossier du type les saisons des séries : notre classement des meilleures à ne pas manquer, son nom revient dans les discussions de rédaction, que ce soit pour April Ludgate ou pour Harper en Sicile.

On peut parier assez sereinement qu’elle ne deviendra jamais la star lisse des grosses rom-coms Netflix. Ça n’a aucun intérêt pour elle, et son jeu résiste trop à la normalisation. Par contre, elle s’installe clairement comme actrice qu’un réalisateur appelle quand il a besoin d’un personnage opaque, instable, drôle sans être “sympa”. Une présence qui met le spectateur légèrement mal à l’aise même dans une comédie. Autrement dit, le genre de visage qu’on adore retrouver quand on se demande quel film choisir soirée ciné.

Si on devait résumer sa trajectoire à un seul mouvement, ce serait celui-là : une comique de sitcom qui a refusé de devenir mascotte, qui a produit ses propres risques, et qui s’est imposée en quinze ans comme un des instruments les plus tranchants du cinéma et des séries actuels. On n’a pas fini de se la prendre dans la tronche, et franchement, tant mieux.

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