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CONCLUSION
Je voudrai terminer mon propos en vous partageant cette réflexion du pape Jean Paul II, au cours du Congrès international sur la vie
consacrée (à Rome 1993) : « La vie religieuse expérimente
aujourd’hui, un moment particulièrement significatif
de son histoire, en raison du renouveau exigeant et vaste qui lui est imposé
par les conditions socioculturelles, nouvelles, au seuil du troisième millénaire
de l’ère chrétienne… Les fondateurs ont su incarner dans leur temps, avec
courage et sainteté, le message évangélique. Il faut que, fidèles au souffle
de l’esprit, leurs fils spirituels poursuivent
dans le temps ce témoignage, en
imitant leur créativité, avec une fidélité au charisme des origines,
constamment à l’écoute des exigences du moment présent ».
La vie religieuse n’est qu’une
manière d’actualiser, d’expliciter l’appel du baptême. Puisque la
gratuité de l’amour de Dieu est source de toute vocation chrétienne, la
vocation religieuse est aussi une grâce
divine. C’est pourquoi, ni le rôle social, ni la mission ecclésiale de la
religieuse ne peuvent épuiser la signification profonde de sa vie. On ne devient pas religieuse pour être d’abord signe ou accomplir
telle ou telle activité caritative (ainsi on est continuellement préoccupé de
son identité extérieure), mais parce qu’on est aimé, appelé par
quelqu’un qui nous désire
personnellement et veut nous consacrer à lui dans cette forme de vie chrétienne.
L’Evangile du Christ est si riche qu’aucune vocation ne peut l’incarner à elle seule. On ne peut pas dire Jésus Christ d’une seule voix ni témoigner de lui par une seule forme de vie. Toute vie consacrée est née d’un amour, d’une nécessité intérieure. Notre liberté a dit « oui » à cet appel et y a trouvé sa joie. Alors, mes sœurs, soyons sereines ; il y a trop de tensions et des stress dans la vie religieuse. Jésus ne nous veut – il pas des femmes heureuses et épanouies dans notre vocation ? Nous appelle- t- il chaque jour, à sa suite pour nous condamner à la tristesse continuelle ? Que des femmes aigries dans la vie religieuse ! S’il y a un défi incontournable dans la vie religieuse, c’est bien celui du témoignage de la joie et de la paix profondes. Oui, la vie consacrée, ainsi comprise, constitue un mystère qui ne peut se dire dans un simple exposé rational, ni dans un espace de réflexion comme cette session. Il est difficile d’expliquer à ceux
qui nous demandent parfois le pourquoi de notre vocation religieuse, comment
notre vie s’enracine dans ce
dialogue secret, intime, indicible, entre Dieu qui appelle et notre liberté qui
est séduite et qui consent. Même si toute vocation chrétienne est orientée
vers une mission, un service de libération de nos frères, n’oublions jamais
son enracinement personnel dans l’amour de Dieu, Un et Trine. C’est
là que réside le cœur et le secret profond de notre charisme, de notre
spiritualité, bref de notre identité de religieuse, hier, aujourd’hui, et
demain. «Sans les religieux, l'Eglise
manquerait d'oxygène» ne l’oublie jamais ! Et dans les moments les plus
durs de notre existence et dans la nuit de la foi, que cette parole de Guy
Louis Pierre Homery, fondateur de la congrégation des Filles de
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