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Où va la vie religieuse en RD Congo?

On reconnaît l'arbre par ses fruits
Notre monde a besoin de paix. La Béatitude «Heureux les artisans de paix car ils seront appelés Fils de Dieu» (Mt 5, 9) est une invitation à faire la paix en soi-même, c’est-à-dire faire la vérité sur soi et reconnaître ses faux pas en toute humilité. Elle signifie aussi faire la paix au quotidien avec mon entourage. Cela suppose de ma part de maintenir fermement un a priori favorable face à l’autre. Tant que ces deux dimensions ne se conjuguent pas ensemble, ‘le faire la paix’ et ‘l'être Enfant de Dieu’, la paix tant désirée reste un slogan stérile.

Peut-être le fait est-il banal aux yeux du monde habitué à la violence, néanmoins il étonne surtout quand il concerne des personnes appelées, par vocation, à être des artisans de paix et des témoins de la joie pascale. J’apprends que deux religieux (frère et prêtre, l’un serait préfet de discipline...) sont hospitalisés suite à une bagarre sanglante! N’ayant pas su maîtriser leur colère, ils se sont battus couteaux à la main et ils se sont gravement blessés! Le spectacle en plein jour s’est produit devant des élèves et des paroissiens dont ils ont la charge pastorale. Les témoins de la querelle violente en parlent en termes de scandale, de contre-témoignage, sans fournir un moindre détail sur les motivations de ce comportement irresponsable.

Loin de méconnaître la place de la vie consacrée dans notre société, je me permets, quelles que soient les raisons de la conduite indésirable des bagarreurs, de m’interroger sur le type de religieux dont l’Eglise a réellement besoin dans l’aujourd’hui du monde. Quelle formation chrétienne, religieuse ou sacerdotale les querelleurs ont-ils reçue? Que savent-ils du respect de la personne humaine et de la gestion des conflits dans la paix? Sont-ils capables de dire clairement et posément ce qu’ils ressentent et de demander à l'autre ce qu'il ressent? Le discernement vocationnel devrait prendre en considération le progrès des sciences modernes, notamment la psychologie au lieu de s’arrêter seulement aux critères purement spirituels.

Cette déconcertante nouvelle montre combien il est difficile à être de vrais témoins de la joie, comme le recommande le document Vita Consecrata au numéro 109: «Les hommes de notre temps veillent voir dans les personnes consacrées la joie qu’ils ressentent en étant avec le Seigneur.» La joie, cette «agréable émotion de l'âme» (Descartes), amène une personne à un état de satisfaction, plus ou moins durable. En spiritualité, la joie est l’une des manifestations de l’amour. On ne peut ni la produire ni la vouloir, car elle est un “fruit” et un don. En effet, la joie dont nous parlons n’est pas celle qui est causée par un objet de satisfaction extérieur à soi. Au contraire elle vient de la communion avec Dieu et avec d’autres hommes. Elle est une “expérience sociale”.

Certes, appelée essentiellement au service du témoignage, la personne consacrée est un signe de la joie de Dieu. Qui s'approche de Dieu s'approche de la source de joie. La joie intérieure doit se manifester en un complexe d'attitudes externes: bonté, beau-trait, sourire. Un sourire qui soit le signe du sourire de Dieu. L’Eglise et notre monde voudraient davantage voir des personnes consacrées joyeuses, des hommes et des femmes réellement convertis, respectueux, capables de susciter d’autres vocations et de fournir des raisons d’espérer à un peuple meurtri par le démon de la haine. Chose évidente, «Les jeunes ne se laissent pas tromper: venant à vous, ils veulent voir ce qu’ils ne voient pas ailleurs» (Vita Consecrata, 109). - ayaas

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