Il me semble que le plus beau de la vie consacrée religieuse est l’appel à vivre en communauté, même si de nature, les Africains ont un sens aigu de la vie en commun. Sans se choisir les uns les autres, les membres vivent sous le même toit, par vocation, et essaient de réaliser ensemble l’idéal commun de leur mission charismatique au sein de l’Eglise universelle. En toute circonstance, ils cultivent les valeurs évangéliques de cette communauté, afin d’être davantage une réalisation concrète de l’Eglise qui est essentiellement communion. Il arrive cependant que certains religieux donnent l’impression de sélectionner des moments où ils peuvent s’intéresser à la vie de leur confrère, en l’occurrence l’absence aux exercices spirituels de la communauté. Pourquoi font-ils peu d’attention quand ce dernier est malade ou quand il est absent au repas ? L’amour serait-il une réalité sélective ! Cette attitude apparaît comme un contre témoignage quand on sait que les vœux de religion ouvrent nécessairement les personnes consacrées aux autres, ou mieux aux pauvres les plus abandonnés en particulier. La même attitude intrigue davantage quand on accepte que la première étape dans l’histoire récente de la communauté religieuse soit la découverte de la personne au sein de la communauté. En effet, depuis le Concile Vatican II, on est passé d’une communauté d’observances à une communauté de communion, dans laquelle « chaque membre se reconnaît responsable de l'épanouissement religieux et apostolique de ses confrères ou consœurs et porte grande attention à la montée spirituelle de chacun ». Dans le sillage du second synode pour l’Afrique, après avoir observé et déploré ce qui se passe parfois, lorsqu’un ecclésiastique tombe gravement malade surtout chez les prêtres séculiers, une religieuse congolaise (rdc) a prodigué ce conseil à ses amis religieux et prêtres, toutes tendances confondues : « N’hésite pas à aider tes neveux ou nièces. Ils viendront à ton secours le jour où tu seras sérieusement malade et abandonné par tes propres confrères, comme si tu n’avais rien fait de bien ! Dans la solitude tu découvriras ton vrai prochain et ta vraie famille ».
Dans ce contexte de l’année sacerdotale, il me semble que le plus important n’est pas la fidélité à la prière tant personnelle que communautaire mais le fruit de l’union profonde à Dieu. Je comprends l’observation de la religieuse que je viens de mentionner comme une invitation à faire réellement de la communauté religieuse une tâche et un engagement bien que les sensibilités soient différentes entre le monde féminin et le monde masculin. En d’autres termes, nos familles et les chrétiens d’aujourd’hui voudraient, dans ce cas précis de malades négligés, rencontrer dans les religieux d’authentiques experts en communion ecclésiale. « Pour les malades, le monde commence au chevet et finit au pied de leur lit », disait Balzac. Quel chemin de conversion pour moi qui aime vivre l’absence et pour tant d’autres qui entendent sans cesse ce murmure : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-14) ! Le plus dur, c’est de manquer de bonnes actions qui permettraient aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui de rendre gloire à notre ‘Père qui est aux cieux’. |
(ayaas) |
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24 août 2007 - Site perso de jbmusumbi, o.m.i. - Merci de vos
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