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Défis de la vie consacrée à l’ère de la mondialisation

(Bangandu Sébastien, a.a)

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Soleil levant  Masomeloka, Madagascar

Introduction

Confrontée aux mutations profondes que le phénomène de la mondialisation impose à notre Eglise aujourd’hui, la vie consacrée traverse une nouvelle étape de sa croissance spirituelle et de questionnement sur la pertinence de son message évangélique dans notre société actuelle.

En effet, la vie consacrée bouge au rythme d’intenses interrogations sur les nouvelles orientations qu’elle est appelée à donner à son action pour réaliser de manière plus efficace sa mission au monde et en même temps assumer avec courage et espérance sa longue marche vers son destin. 

Ces questions se présentent aujourd’hui sous forme de défis auxquels la vie consacrée doit faire face pour réussir à radicaliser davantage son message de salut. En cette période de mondialisation, ces défis, en partie résolus chemin faisant, revêtent aujourd’hui des aspects nouveaux qu’il convient d’appréhender dans le sillage de la mondialisation et de la modernité.

1. Le défi de la mondialisation

L’histoire du monde d’aujourd’hui, qui s’incarne dans l’existence concrète de tout homme, devient à l’ère de la mondialisation un livre ouvert à la méditation passionnée des religieux. La mondialisation, en effet, est un défi qui atteint aujourd’hui toutes les vocations en général et de manière particulière la vie consacrée.

En ce sens, l’avènement de la mondialisation doit nous provoquer à une exigeante révision de notre vie et de notre engagement, à une remise en question de notre vécu religieux au cœur du monde :

« A la fin d’un millénaire on cherche une perspective suffisamment claire pour évaluer le passé aussi bien dans ses aspects honteux que dans ses gloires, et pour prévoir l’avenir, ses promesses et ses défis. Quel est le kaïros de la vie consacrée, quelles sont les caractéristiques de la métamorphose que ce moment requiert aussi dans la vie consacrée ? » [1]

En effet, les personnes consacrées sont invitées à apporter leur contribution, si modeste soit-elle, à l’accélération de la conversion des mentalités et d’attitudes qui rende réelle et stable la réforme des structures économiques, sociales et politiques, au service d’une vie en commun plus juste et plus pacifique. [2]

2. La mondialisation, un appel à la solidarité

Le contact entre les hommes et la rencontre des idéologies ou d’expériences des peuples sont souvent considérés comme générateurs de conflits et de tragédies, par les occasions qu’ils offrent à ces différentes expériences de s’entrechoquer. Le repli sur soi dans une vie consacrée doit être aujourd’hui considéré comme une perpétuation de l’instinct d’auto-conservation et de pur égoïsme. Et une telle vision partiale de la vie consacrée ne peut que percuter le désir naturel de l’être humain, désir qui le pousse au mouvement vers l’autre pour répondre positivement aux appels du monde actuel.

De manière plus concrète, le souci d’ouverture se présente comme une exigence pour la vie consacrée d’entamer une nouvelle manière d’être au monde, laquelle doit dès lors se fonder sur l’interdépendance de l’espèce humaine ; car, comme on le constate, le phénomène de la mondialisation est une preuve que nul ne peut s’accomplir personnellement au détriment de ses semblables.

Notre Dieu se manifeste comme une générosité oeuvrant pour le grand bénéfice des humains. Les consacrés à leur tour doivent devenir des témoins vivants de ce Dieu solidaire des hommes leurs semblables. Cette attitude sera pour eux un signe éloquent de leur don aux autres.

De cette manière, ils pourront être au monde des témoins d’un Dieu tellement solidaire aux hommes qu’il ne peut en aucun cas donner libre court aux divisions et disparités dans la société humaine. Les consacrés doivent donc, à l’ère de la mondialisation,

« Etre des intendants responsables de la générosité que Dieu manifeste dans sa création. Ce qui implique pour nous le devoir d’être sensibles aux besoins des personnes à l’échelle de la planète. C’est donc une faute que de construire un ordre mondial qui aggrave les disparités entre les riches et les pauvres et qui permet aux privilégiés du monde de s’engraisser tandis que des millions d’êtres humains meurent de faim. » [3]

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[1] De HAES R., “Le jubilé de l’an 2000 et la vie religieuse”, in Telema, n° 4 (2000), p. 56-57.

[2] Cf. Lumen Gentium, 63.

[3] AGNIVESH S., “Mondialisation: matérialisme et spiritualité, deux paradigmes opposés », in Congo-Afrique, juin-juillet-août (1999), p. 327.