Un style de vie qui m'a conquis Scolastique Oblat de Marie Immaculée, je suis fier d'appartenir à cette famille et pourquoi le cacher? C'est le style de vie de ses membres qui a fait naître en moi la vocation religieuse. En effet, les missionnaires Oblats de Marie Immaculée que j'ai connus en 1966 à la mission catholique de Mapangu (ex Brabanta), dans le diocèse d'Idiofa, avaient un style de vie communautaire spécial et très frappant. Extérieurement ils étaient reconnaissables au premier abord par le chapelet et le bréviaire qu'ils avaient à la main, la soutane blanche avec une ceinture noire retenant une grosse croix qui leur pendait au cou. Dans les quartiers et les villages où ils annonçaient l'Evangile, ils suscitaient l'amour, la paix et la joie dans les cœurs de ceux qui les écoutaient avec admiration. Partout où ils passaient, les paroissiens les prenaient au sérieux à cause de leur disponibilité, de leur accueil et leur simplicité. Les dix premières années de mon existence ont été marquées par leur façon de vivre et surtout par certaines formes de leur apostolat: l'attachement aux pauvres, l'intérêt qu'ils portaient aux orphelins et aux malades, l'encadrement des jeunes et le souci des personnes âgées. Après quelques années, la mission ne comptait plus qu'un prêtre oblat, les autres, étant dispersés. Il avait beaucoup de villages à visiter et exerçait une intense activité auprès des jeunes. Tout le monde l'aimait à cause de son sourire chargé d'espoir, son esprit d'écoute, sa simplicité et sa disponibilité envers tous. Et comme tout bon jeune xavérien, je me suis attaché à lui, attiré par ses qualités humaines. C'est ainsi que j'ai eu le privilège de l'accompagner dans ses tournées apostoliques en brousse, chaque fois qu'il me le demandait. Le père, passant de village en village pour faire prier les communautés chrétiennes, à l'occasion d'une grande fête, il lui était impossible de «nourrir toutes les foules de la Parole de Jésus». Cette insuffisance pastorale n'allait pas sans inquiéter certaines communautés. De passage dans un village, j'entendais un jour une veuve s'adresser au Père: «Nous voulons communier au corps et au sang du Christ. Mais si vous passez dans notre village sans dire la messe, où irons-nous encore et à qui confierons-nous tous les problèmes qui nous empêchent de nous aimer comme il faut?» Dans un autre village, un vieillard faisant l'éloge des missionnaires, s'exprimait en ces termes tout à la joie de son baptême: «Sans les Pères Oblats, je n'allais pas connaître Jésus, le Sauveur des hommes pécheurs que nous sommes et je ne saurais pas non plus réciter le chapelet qui me fait penser à Marie notre Mère! Ils sont bons les prêtres et c'est merveilleux de les voir entrer dans nos cases, s'asseoir auprès de nous sans la moindre gêne sur nos nattes pour nous écouter et nous combler de joie». Ces attitudes ne me laissaient pas indifférent. Je l'avoue, j'en étais même bouleversé. Ces témoignages, en effet, m'ont beaucoup aidé dans le choix de ma vocation car, dès ce jour j'ai compris l'importance du prêtre pour les hommes ses frères et amis. Et me laissant interpeller par la Parole de Dieu: «La moisson est abondante, mais les ouvriers peu nombreux» (Matt. 9, 37), j'ai senti au plus profond de mon être le désir de devenir prêtre, un prêtre oblat de Marie Immaculée pour travailler au service des délaissés. |