Un
témoignage personnel
« En
outre, j’avais plus d’argent qu’il n’était nécessaire et j’ai commencé
à me choyer. J’étais incapable de voir ma pauvreté spirituelle et j’ai
fait remonter mon mécontentement à la situation dans ma paroisse. La seule
chose dont j’avais besoin – c’est ainsi que je pensais – était un changement
de mon lieu de travail. Mon évêque m’a rendu ce service et m’a envoyé
dans une autre paroisse. Je me suis de nouveau précipité dans une activité
effrénée, je n’avais plus un moment libre. Je prêchais ce que d’autres
avaient écrit. Il m’était évident que je ne parlais pas d’expérience quand
je prononçais les mots Dieu, Jésus, Saint Esprit. J’avais sans doute appris
et étudié beaucoup de choses, mais maintenant j’étais à bout. J’ai maintenu
la façade debout, celle d’être un prêtre débordé, et je me prélassais
dans la compassion de mon entourage.
« A cette époque, j’ai entendu
parler d’un groupe de prière dans une ville voisine et je me suis dit :
faisons encore un essai. Je suis venu dans une salle paroissiale où se
trouvaient réunies à peu près 140 personnes, tous des gens simples. On
m’a salué amicalement, mais par prudence je me suis assis au dernier rang.
Je ne voulais être qu’un observateur. Après un cantique au début, un monsieur
assez âgé, aux cheveux gris, s’est levé. Il s’est présenté comme un chauffeur
de taxi. J’étais curieux de savoir ce qu’il avait à dire et je me suis
dit en moi-même : que pourra-t-il bien me dire ? Il a dit une
prière brève, très personnelle : que Dieu lui donne la force de témoigner.
Quand alors il a parlé de Jésus d’une manière toute spontanée, je remarquai
aussitôt qu’il savait de qui il parlait. Je n’avais jamais entendu
quelqu’un parler de Jésus d’une manière si personnelle, ni pendant mes
études, ni plus tard. Les paroles de cet homme simple m’ont touché très
profondément. |