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Un témoignage personnel

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« Le 16 mai 1966, j’ai atteint un but principal de ma vie : j’ai été ordonné prêtre, et cela « pour toujours ». J’étais convaincu que le monde m’attendrait. Il semblait n’y avoir aucun problème qui ne dût céder devant mon enthousiasme pour l’Evangile. J’étais convaincu qu’avec mes études théologiques, ma vie de prière et mes connaissances psychologiques modernes j’étais à la hauteur de chaque situation. Je croyais être la réponse à pratiquement tous les problèmes, et je dois maintenant dire après coup : j’avais plus de confiance en moi-même, en la psychologie et mes plans pastoraux qu’en la prière et la conduite du Saint Esprit.

« Après deux ans – c’était l’époque d’après le Concile – une tension croissante s’est installée dans ma vie, une insatisfaction de moi-même. Je sentais que je ne passais plus bien la rampe. Continuellement, on recommandait de nouvelles méthodes pastorales, des modes théologiques faisaient leur apparition, je devenais incertain et je sentais très clairement que mes médiocres connaissances psychologiques ne suffisaient aucunement pour donner des conseils valables aux hommes. Ma vie de prière s’est peu à peu relâchée, et finalement elle a complètement disparu. Je me rendais compte que je commençais à boire. Le soir, je m’accordais un verre, ou deux, ou trois. Cela m’a aidé à me détendre. La reconnaissance et l’approbation de ma personne que j’avais espérées de mon activité sacerdotale ne sont pas venues. C’est pourquoi je me suis précipité dans un activisme agité et je l’ai pris très au sérieux. Je croyais être le seul prêtre qui travaille.