P.
Giovanni Galperti, omi
Le 11 février 1986, j’arrivais à Lourdes pour accompagner
un car de pèlerins suisses du Tessin, qui, à la dernière
minute, m’avaient invité pour remplacer leur prêtre
tombé malade.
J’ai commencé mon pèlerinage par une démarche
pénitentielle et je suis allé chez un confesseur français.
Je ne me rappelle pas tellement ce qu’il m’a dit. J’ai
été un peu surpris par les paroles avec lesquelles il terminait
son court – ou long – sermon: « Père, vous auriez
ici la miséricorde du Seigneur à offrir à tous ces
pèlerins qui viennent en foule ».
L’année suivante le Provincial d’Italie m’appelait
à Rome de Nesso (Co), il devait me parler, mais il ne pouvait pas
me dire le sujet par téléphone. Quand je suis arrivé
à Rome il m’a présenté la situation de notre
mission au Sénégal, qui avait besoin d’un coup de
main ; j’ai accepté d’y aller sans trop penser aux
conditions. J’avais l’intention d’y rester et je l’ai
dit au provincial, mais on m’a fait rentrer deux ans après,
en me disant que j’aurais dû rester six mois seulement. On
m’a demandé de faire connaître mon projet apostolique
; je me suis rappelé de cette confession à Lourdes trois
ans plus tôt, qui m’avait ouvert un horizon inattendu. On
m’a répondu que pour Lourdes on avait demandé un troisième
Père italien et il y aurait eu une place pour moi aussi.
J’y suis arrivé le 25 mars 1990. J’avais dans mes valises
les onze ans du Laos, de 1963 à 1974, les deux ans au Tchad, 1975-77,
et les deux ans du Sénégal.
MON MINISTÈRE PRINCIPAL : LE SACREMENT DE LA RÉCONCILIATION
A
Lourdes, j’ai trouvé d’une actualité vivante
les paroles du Fondateur dans la Préface des Constitutions de 1825
: « L’on peut dire avec vérité que, grâce
à la malice et à la corruption des chrétiens de nos
jours, l’état de la plupart d’entre eux est pire que
celui de la Gentilité, avant que la Croix eût écrasé
les idoles ».
Á de très nombreux chrétiens il faut réouvrir
à nouveau le chemin vers Dieu. Pour me frayer un passage dans le
cœur de ces personnes, dans lequel a disparu le tissu de la foi,
je pense, sans nécessairement en parler, à deux expériences
spirituelles au milieu desquelles j’ai vécu suffisamment
: le Bouddhisme et l’Islam.
Ø
BOUDDHISME
Le bouddhisme n’a pas de Dieu : il invite l’homme à
s’engager entièrement, par tous ses efforts, à la
recherche d’un salut.
L’Évangile annonce un Dieu qui est Père et Sauveur
; L’Evangile aide l’homme à donner une espérance
à ses efforts.
« Nul n’a jamais vu Dieu ; - le Fils Unique-Engendré,
- qui est dans le sein du Père, - lui, l’a fait connaître
»(Jn 1,18).
« C’est par grâce que vous êtes sauvés
» (Ep 2,4).
Ø
ISLAM
- L’Islam parle d’un DIEU GRAND et MISÉRICORDIEUX
- La Révélation chrétienne présente un Dieu
qui dans son amour est la source de la miséricorde : « Quel
est le Dieu comme toi, qui enlève la faute, - qui pardonne le crime
?… mais il prend plaisir à faire grâce »(Mi 7,18).
- « Le Fils de l’homme est venu chercher ce qui était
perdu »(Lc 19,10)
La vie de tout homme est un dialogue strictement personnel entre lui et
son Dieu : le confesseur même ne peut pas y entrer, mais il peut
aider l’homme à se placer devant la vraie image de son Dieu
que lui-même ne sait plus où retrouver.
Quand je vois la queue de pénitents en attente dans les bancs,
je me rappelle ces hommes et ces femmes qui composent les gros marchés
africains, assis par terre au milieu de leurs marchandises éparpillées
sur des nattes. On reconnaît les personnes, sans comprendre la personnalité
de chacune…Comme la masse des pénitents qui arrivent ici,
colorés, mais indéchiffrables ; souvent le temps t’absorbe
dans une tentative de mettre en évidence chaque personne dans ses
couleurs, pour la présenter illuminée à son Dieu.
Il s’agit toujours seulement de semer : si bien que «…
les moissonneurs, ce sont les anges »(Mt 13,39).
LE MINISTÈRE DE LA RÉCONCILIATION EST L’OCCASION
TOUJOURS OFFERTE POUR ÉTABLIR DES RAPPORTS PERSONNELS QUI PEUVENT
DURER.
Ø
Il est facile de proposer l’idéal missionnaire comme composante
normale de la vie chrétienne. J’ai augmenté le nombre
des personnes engagées régulièrement à aider
le Laos et le Tchad.
Ø Il serait bien de pouvoir disposer du matériel pour faire
connaître les Oblats de Marie Immaculée. |