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P. Alfonso Bartolotta, omi

originaire de la Sicile et prêtre depuis 1993

J'ai eu la chance de venir à Lourdes, pour la première fois en été 1991. C’était juste après deux années de stage passées dans l'extrême nord du Cameroun, au sein de l'ethnie Mafa. Ce fut pour moi une occasion de remercier Marie pour tout ce que j'avais vécu, surtout avec les enfants des rues et les lépreux.
Lorsque je suis arrivé à Lourdes, j'ai tout de suite perçu cet endroit comme un lieu privilégié pour la rencontre avec Dieu et avec les autres, une terre de partage. La phrase clé était tout un programme de vie : Vivre c'est partager !
Chaque été, de 1991 à 1994, je suis revenu à Lourdes comme scolastique et bénévole auprès des jeunes. Cette expérience, au milieu des jeunes du monde entier, a marqué quatre étapes importantes de ma vie de chrétien et de religieux. La relecture du stage au Cameroun, la profession perpétuelle chez les OMI, le diaconat auprès des malades atteints du SIDA et enfin le sacerdoce et le départ pour le Sénégal. Chaque étape a été accompagnée par une grâce particulière de Marie et par le message révélé à Sainte Bernadette.
Ensuite pendant six ans, j’ai vécu plongé dans la mission au Sénégal, parmi le peuple Seereer et servi 44 petits villages dispersés dans la savane. Un travail d'évangélisation sans doute fascinant, mais qui n'a pas toujours été facile.

Depuis avril 2000 me voici à nouveau à Lourdes. Que de changements, et à tous les niveaux ! Appelé à répondre à ce nouvel appel de Dieu en me mettant au service de la pastorale internationale des jeunes qui viennent en pèlerinage de toute l'Europe et du monde entier.
C’est magnifique de vivre cette mission oblate à Lourdes où nous avons la chance d’accompagner un torrent de jeunes de tous les coins du monde, de toutes langues, races, couleurs et de différents parcours de foi. C’est touchant de voir des milliers de jeunes qui viennent avec un seul désir : vivre une expérience de vie fraternelle, en se mettant concrètement au service des jeunes pèlerins.
La réalité du bénévolat de la jeunesse permet d’échanger avec eux nos idées et notre manière de vivre la foi. C’est passionnant et enthousiasmant de découvrir ces jeunes qui veulent servir les malades et, par cette solidarité, redonner un sens à leur vie et enfin rechercher Dieu. Cette démarche est possible si nous leur donnons de notre temps et surtout notre écoute, car tout d’abord, ils aiment être écoutés et non être jugés.

En tant que missionnaires nous sommes très sollicités, donc je n’hésite pas à répondre en témoignant, à la fois, de mon expérience à Lourdes et de celle de la mission « Ad Gentes ». C’est la force de notre charisme missionnaire qui m’a aidé à concilier le travail auprès des jeunes qui passent à Lourdes et à « suivre » en quelque sorte la mission du Sénégal.

Nous aidons les jeunes à vivre cette forte expérience que nous offre Lourdes, mais surtout qu’ils prolongent cette action en s’ouvrant à toute l’humanité, car partout nous pouvons et devons la vivre envers Dieu et notre prochain. Je me rends de plus en plus compte que c’est en partageant notre richesse de vie et de foi que nous accomplissons notre mission et alors les autres nous montrent leur véritable sensibilité et concrétisent des gestes de grande solidarité envers les gens à qui Dieu nous envoie.

Dans les différentes invitations et interventions, lors des mes « tournées françaises », je me présente comme missionnaire Oblat de Marie Immaculée et aussi avec …fierté ! Les jeunes et les adultes souvent sont assoiffés de Dieu et de la vie missionnaire, c’est à nous de leur faire partager et aussi de leur donner la chance de vivre cette expérience. Il ne s’agit pas seulement de témoigner de notre charisme aux jeunes mais il faut, à un moment donné, oser le proposer avec joie et dynamisme.
A Lourdes, j’ai rencontré beaucoup de jeunes qui aimeraient vivre une période de leur vie dans nos missions mais en tant que jeunes et non comme futurs oblats. Sommes-nous toujours prêts à nous engager ou à risquer avec eux ? Trois jeunes ont déjà pu goûter à la beauté de la vie missionnaire et l’une d’entre eux est en stage pour deux ans. Si vous saviez, mon expérience le confirme, combien de belles choses ont été réalisées par des jeunes et des adultes de bonne volonté mais sans faire de bruit envers les pauvres de nos missions. Et combien d’entre eux, y compris de jeunes couples partent et aimeraient y partir !

C’est en les invitant, en les encourageant et surtout en les accueillant dans nos postes de missions qu’ils pourront voir comment nous vivons en communauté, travaillons et donnons la vie pour l’église et les pauvres d’aujourd’hui. Seront-ils de futurs oblats ou des laïcs engagés ? Dieu seul le sait ! L’important c’est de leur faire partager ce que nous apprennent les pauvres et qu’ils puissent être des vrais chrétiens, animés d’un véritable esprit missionnaire.

Depuis ces deux dernières années, l’Evêque de Lourdes a demandé aux oblats d’accompagner les jeunes de « L’Ecole de l’Evangile ». Vivre en communauté, avec des jeunes garçons et filles, pendant neuf mois et malgré nos différents parcours. Partager et faire grandir notre foi chrétienne. Cheminer avec eux pour découvrir notre propre vocation.
Nous pourrions nous demander : « Pourquoi l’humanité vient encore à Lourdes ? ». Une des réponses pourrait être que nous devons prendre une pause : relire notre vécu, retrouver la paix intérieure avec nous-même, avec Dieu et avec les autres.

A Lourdes, comme tout Oblat dans le monde, nous essayons de réaliser le charisme de notre Fondateur, qui avait le souci des jeunes de son temps, et animés par un esprit marial, nous voulons être missionnaires jusqu’au bout, au service de l’Eglise et des pauvres aux multiples visages du troisième millénaire.