Propos
recueilli par Entre-Nous[1]
Oblation perpétuelleNgaoundéré (Cameroun) 7 septembre 2003
Quatre Oblats nous ont aidés pendant cinq semaines à nous préparer à ce bel événement. Il s’agissait évidemment d’une préparation immédiate dont le but était de récapituler ce que nous vivons depuis six ans : redécouvrir le sens profond de la vie consacrée et présenter au Seigneur nos vies dans des prières intenses. Nous avons pu atteindre notre objectif à l’aide de « Vita Consecrata » et de « Repartir du Christ », grâce à la grande compétence du p. Enzo venu du Sénégal. Etant enracinée dans la Trinité, la vie consacrée est un don gratuit de Dieu dans l’Eglise et pour l’Eglise ; elle suscite le don total de soi. La retraite nous a permis de redécouvrir que Dieu nous aime et qu’il nous faut nous engager avec joie sur le chemin de la perfection de soi. Voilà tout ce qui nous a conduit à cet événement des vœux perpétuels. Dans son homélie, le père Thomas, les pieds bien sur terre, a eu les mots justes pour expliquer : « être religieux, c’est être chrétien plus (+) vœux de religion. » Cette définition est entrée dans l’oreille de tous comme une interpellation. Suis-je assez chrétien pour être religieux ? Suis-je assez fidèle pour me réclamer chrétien ? Il ne s’agit pas de se culpabiliser. Le tout est de comprendre que tout repose sur l’amour, et le religieux est celui qui veut aimer davantage. Et lorsqu’on est sincère dans cette recherche de l’amour, les exigences que la vie religieuse suscite deviennent faciles à vivre. « L’amour facilite tout », dira le père Provincial, pour évoquer la fidélité aux vœux de religion. Quelques-uns de ses mots méritent d’être repris ici : « Prétendre contenter ses désirs par la possession, c’est compter que l’on étouffera le feu avec la paille, disent les anciens. » C’est la question de la chasteté. Concernant l’obéissance, il dit : « Si un homme ne fait que ce que l’on exige de lui, il est un esclave… S’il en fait plus, il est un homme libre ! » Et enfin, à propos de la pauvreté, il dit : « La pauvreté se vit concrètement : l’entretien et le soin de ce que la communauté met à ma disposition, le non-gaspillage des biens de la communauté ; en un mot, aimer sa communauté, les autres membres de cette communauté et avoir le souci de tous ses biens. Voilà quelque chose que chacun peut ruminer d’abord pour son bien propre et pour le bien de tous. » Ce qui aura été aussi très marquant, c’est la profession individuelle et la remise de la Croix oblate. Comment des jeunes gens parviennent-ils à se consacrer au Seigneur dans ce monde qui a de plus en plus de mal à accepter et à vivre un tel choix, parce qu’il est épris d’autres réalités : matérialisme, mariage, etc. ? C’est l’étonnement des fidèles à la sortie de la messe. En tout cas, l’engagement définitif de ces 7 jeunes dans la Congrégation des OMI a eu plus d’un écho en nous, c’est même un stimulant pour vaincre la peur qui pourrait nous empêcher de vivre l’audace, fruit de l’amour de Dieu. Il faut oser grand comme le monde pour qu’en son sein arrive le Règne de Dieu. Fr
Expédit Koye, omi [1] In Entre-Nous, N° 146, Province du Cameroun, An 2003 septembre.
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