Home

accueil agenda animation articles ayaas biblio brochures collabo historique jubilé liens méditation photos spiritualité témoignage thèses varia villagepla voyages

Enfants de la rue: une tâche charismatique

(Marianne Muzinga)
Enfants de la rue Yaoundé

Congolaise, religieuse de la Congrégation des Filles de la Divine Providence de Créhen, mon nom est Marianne Muzinga. J’exerce l’apostolat auprès des enfants de la rue depuis 2002 au Centre Mgr Munzihirwa, Kinshasa (Centre des peres Jesuites fondé en 1995). Ce choix pastoral correspond au charisme de notre Congrégation: « Cor amator pauperum », qui veut dire : Cœur passionné pour les pauvres. Frappé par la misère de son époque, l’Abbé Guy Homery, notre Fondateur, s' était occupé des abandonnés, des orphelins pendant la révolution française. La même motivation nous anime aujourd'hui dans le contexte de notre société : les enfants de la rue, les abandonnés, les enfants considérés comme des sorciers, etc.

Sr Marianne Muzinga dans la rue Kinshasa

Pourquoi certains enfants sont-ils dans la rue ? Les causes sont multiples et les responsabilités partagées. Mentionnons celles qui nous paraissent plus significatives :

a) Les parents

  • Le manque d’amour envers leurs enfants;
  • L' irresponsabilité, l' incapacité d’assumer leur devoir et de répondre aux besoins de leurs enfants;
  • Le divorce ou le mariage brisé;
  • L' Influence négative des sectes religieuses, la nouvelle religiosité;
  • Le phénomène de la sorcellerie dont les enfants sont des victimes;
  • La pauvreté, la misère;
  • Le chômage.

b) Les enfants

  • Le manque d’amour envers leurs parents;
  • Ils se sentent plus libres et à l’aise dans la rue;
  • Ils ont la facilité de gagner quelque chose à manger sans fournir de gros efforts;
  • Ils se contentent de ce qui les caractérise : l’esprit d’équipe, la solidarité dans le bien comme dans le mal.
Au plan comportemental, les enfants de la rue sont généralement violents envers ceux qui les menacent. Certains sont conscients que la vie n’est pas faite pour eux ; d’autres plus calmes et patients savent aimer le prochain. Parfois, ceux qui ont subi un mauvais traitement et portent les blessures d’enfance prient pour leurs parents tout en espérant revivre un jour la joie familiale.

Enfants de la rue Kinshasa

Dans ce contexte, mon travail missionnaire consiste essentiellement à :

  • Écouter les enfants, les conscientiser afin qu’ils éprouvent l’amour familial;
  • Écouter les parents, les conscientiser aussi afin qu’ils acceptent le retour de leur enfant en famille;
  • Assurer la rééducation des enfants pendant le temps qu’ils sont au Centre d’accueil par l’alphabétisation, l’entretien de maison, l’alimentation, l’habillement des enfants, le logement…
  • Accompagner la réinsertion des enfants en famille, assurer le suivi au niveau de la famille et de l’école.

Mes peines et mes joies de religieuse dans cet apostolat combien délicat et précieux sont considérables.

a) Peines

  • Manque d’ouverture et de confiance de la part des enfants;
  • Incompréhension;
  • Fausse adresse de famille (quand l'enfant ne veut pas revoir ses parents);
  • Refus de l’enfant de retourner en famille;
  • Refus de l’enfant par la famille;
  • Les parents ont plus de confiance aux pasteurs qu’aux éducateurs sociaux;
  • Le Gouvernement ne collabore pas avec les éducateurs sociaux;
  • Manque de possibilités matérielles pour maintenir la réinsertion des enfants en famille et assurer leur scolarisation;
  • Le retour d’un enfant en famille devient une croix pour la famille;
  • Le phénomène d’enfants sorciers (selon certains pasteurs);
  • L’âge de l’enfant dans la rue (bas âge.)

b) Joies

  • Être avec les enfants, vivre avec eux;
  • Partager leur misère, leurs souffrances;
  • Les écouter et les aimer;
  • La facilité de parler et d’avoir un contact mutuel, une relation interpersonnelle;
  • Le retour d’un enfant dans sa famille et à l’école;
  • La visite d’un membre de famille à l’enfant au Centre;
  • Être mère des abandonnés, comme le recommandait Guy Homery à ses Filles : « Mères des pauvres, aimez vos enfants, instruisez-les mais éduquez-les plus par vos vertus. »

Dans la rue Kinshasa

Quelques suggestions afin de réduire l' expansion de ce phénomène :

  • Que les parents prennent leur responsabilité en main pour assurer les droits et les devoirs de leurs enfants;
  • Que le Gouvernement protège les enfants contre l’enseignement erroné de certains pasteurs des sectes religieuses qui voient en eux des sorciers;
  • Que l’État paie régulièrement le salaire des fonctionnaires pour permettre aux parents de soutenir leurs enfants.

Certes, je suis heureuse de vivre cette expérience pastorale conformément à l' esprit de notre famille religieuse. Elle me permet de toucher du doigt les souffrances de mon peuple et de vivre au quotidien l'Evangile: "Laissez les enfants venir à moi... car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent" (Mc 10, 14.) Mais cela ne m' empêche pas de reconnaître mes limites personnelles: un tel ministère exige une formation adéquate pour plus d' efficacité.

Merci à toutes les personnes de bonne volonté qui pensent à ces enfants de la rue, filles et garçons, et prient tant pour leurs familles naturelles que pour eux-mêmes afin que le Seigneur les protège et les fasse grandir dans le respect de son saint Nom!

 

Contact

Sr Marianne Muzinga, Divine Providence de Créhen, Cell. : +243810577740, Email : mariamuzi@yahoo.fr

Centre Monseigneur  Munzihirwa, Av. Doruma n°14, Kalamu /kinshasa