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Connaître davantage et vivre l'internationalité

De retour dans sa province d'origine après six ans de service dans l'Administration générale des Oblats de Marie Immaculée, Baudouin Mubesala Lanza (Photo, dr) nous partage sa riche expérience missionnaire en répondant aux questions d'OMI-CONGO
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Baud Mubesala(dr) et Paul Manessa
Quel est le sentiment qui vous habite ?
Merci de l’occasion que vous me donnez de vous partager mes sentiments. Si j’en ai plusieurs en ce moment, le premier est celui de gratitude vis-à-vis de mes confrères de la province du Congo et des Oblats dans son ensemble. La joie de retrouver les Oblats au Congo et de continuer la mission de la congrégation avec eux. L’expérience de l’internationalité de notre congrégation que j’ai vécue au niveau de l’administration générale m’a donné d’apprécier à sa juste valeur la richesse de notre charisme dans la diversité de nos cultures. Je dois dire merci à tous pour leur soutien et amitié.
Quels ont été les événements monumentaux ?
Nene(g) et JP Bwalwel
Mon parcours est long et court en même temps, cela dépend de l’angle sous lequel il faut le regarder. Des événements monumentaux, comme vous le dites, je crois qu’il n’y en a pas eus. Cela dépend aussi de la valeur que nous accordons à ces événements. En effet, en arrivant à Lozo comme vicaire de paroisse, je redoutais comme chacun peut en avoir le sentiment, la rencontre avec l’inconnu. Je découvrais Lozo pour la première fois et ce que l’on disait de cette mission n’était pas du tout encourageant.

Etant né dans une région de forêt, je crois que le sens de l’horizon m’effrayait. Dans une région de brousse, votre regard voit plus loin, l’horizon (au sens vraiment propre) vous porte loin. Voir loin aide toujours à reculer les barrières. Cela peut aussi influencer votre façon de voir et de comprendre les choses. Je dois dire qu’après 4 ans à Lozo, ma communauté et moi nous nous sommes créé un lien d’amitié indéfectible avec la population de la paroisse de Lozo à qui je dis toute ma reconnaissance.

Il est vrai que le supérieur provincial d’alors, Roger Lievens, avait un projet sur moi : devenir formateur à notre scolasticat de Kintambo. Pour cela, il m’envoya à l’Université catholique de Leuven (KUL), branche flamande, en Belgique. Ma connaissance d’anglais étant insuffisante en ce temps-là, je m’étais plutôt inscrit à Louvain-la-Neuve où je fis mes études. Après une licence en théologie, j’étais supposé rejoindre l’équipe des formateurs à Kintambo. Le père Benoît Kabongo qui, dans l’entre-temps, était devenu provincial m’orienta, avec l’accord de son conseil, vers des études de missiologie pour les besoins de l’Institut de missiologie que les Oblats comptaient lancer à Kinshasa. Voilà pourquoi je pris le chemin de Rome pour des études de missiologie à l’Université Grégorienne.

Quand, dans un dialogue sincère, vos supérieurs vous disent le projet qu’ils ont sur vous, vous vous demandez d’abord si vous méritez cette confiance, puis cela vous donne un sens de responsabilité qui peut vous effrayer et enfin, vous ne pouvez mieux faire sinon donner le meilleur de vous-même pour répondre à cette marque de confiance.

Je crois que ma nomination comme provincial du Congo a été une surprise pour plusieurs, moi-même y compris. C’était cependant une marque de confiance non pas d’abord en ma personne mais surtout à ma génération. Je crois que toute la jeune génération de la province y a trouvé une certaine fierté mais en même temps une interpellation pour l’avenir de la province. C’est pourquoi ils ont été exigeants vis-à-vis de moi et chacun cherchait à contribuer à sa façon pour relever les nombreux défis qui étaient les nôtres.
Baud et COMI

Ils voulaient que notre génération soit digne de la confiance que les aînés et toute la congrégation venaient de placer en nous comme jeunes. Il y a des moments où, dans sa vie, on se demande si l’on mérite vraiment la confiance que les autres placent en vous. Le poids que l’on en ressent est grave. Et parfois, on a peur. Je dois remercier le père Ben Kabongo pour m’avoir encouragé et soutenu, mes confrères pour m’avoir montré aussi la gravité de la tâche tout en apportant chacun sa pierre à l’oeuvre. Tous ceux qui avaient des positions parfois radicales n’avaient pour objectif que de chercher à mieux faire. (Lire la suite)

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Source: OMI-CONGO n° 20, janvier 2005