Ayaas ancien logo  


MESSAGE DE L'ASUMA
Sur la guerre en République Démocratique du Congo
et le pillage de ses ressources naturelles

Usuma

Président de l'Asuma
Nous, Supérieurs Majeurs des Instituts de vie consacrée et des Instituts de vie apostolique en République Démocratique du Congo réunis en Assemblée Plénière du 2 au 8 novembre 2003 au Centre Catholique ‘Nganda’, sommes heureux des efforts de paix enclenchés en République Démocratique du Congo grâce au concours de plusieurs hommes et femmes de bonne volonté. Non sans demeurer vigilants, nous encourageons le processus de transition et de la mise en place des institutions républicaines préparatoires aux élections libres et transparentes pour un Congo toujours et à jamais uni et prospère de ses richesses pour ses habitants.

A travers nos prières et nos engagements apostoliques, nous ne cesserons jamais de nous investir aux côtés de notre peuple, surtout les plus démunis et les sans-voix, en vue de la construction d’une nation respectueuse des droits et devoirs de chacun et de tous. Forts de notre foi, animés par l’espérance et mus par une charité solidaire et fidèle à la logique évangélique, nous déplorons les trois millions des morts sacrifiés par les fils de ce pays et leurs commanditaires assoiffés de pouvoir et d’argent. Bien plus, nous dénonçons le pillage systématique des richesses naturelles de notre pays au bénéfice des multinationales assimilées à des rapaces qui, guidées par le profit éhonté, sèment encore partout la mort et la désolation, plongent une nation dans une misère indescriptible avec des conséquences plus que néfastes sur les générations futures.

Dès lors, nous nous insurgeons contre le silence, l’immobilisme de nos dirigeants et surtout contre toutes les personnes qui attisent la haine ethnique entre nos populations pour asseoir leur politique de diviser pour bien régner. Par ailleurs, nous condamnons ce qui apparaît être ni plus ni moins une complicité de plusieurs institutions internationales après tous les rapports publiés ces dernières années par les Nations Unies et les organismes des droits humains. L’impunité de tous les massacres, des crimes de tout genre – assassinats, vols, viols, profanations des lieux de culte, destructions des hôpitaux, écoles, ...– commis de 1996 à ces jours, l’indifférence autour du pillage des ressources de la République Démocratique du Congo, ainsi que la présence continue des troupes étrangères, notamment celle du Rwanda, risquent de faire des émules et de retarder l’effort de bâtir une société réconciliée avec elle-même et avec son histoire passée, présente et future.

Cependant, comme consacrés, nous nous engageons à œuvrer toujours et partout à la réconciliation de nous-mêmes avec Dieu, avec notre prochain pour réconcilier les peuples de la région des grands lacs, d’Afrique centrale et d’Afrique tout entière. Car, nous sommes convaincus que seulement réconciliés avec nous-mêmes, avec notre prochain et avec les pays voisins que nous, congolais, nous bâtirons un pays plus beau qu’avant, fondé sur la paix et la justice. Pour ce faire, nous réprouvons notre manque de témoignage prophétique devant certaines situations d’injustice, exigeons la vérité et la réparation des crimes commis, et sollicitons le soutien de tous les hommes et de toutes les femmes de bonne volonté, épris de justice, de vérité et désireux de vivre dans un monde responsable de toute personne humaine.

Nous saluons le courage de tous les consacrés, des prêtres et des laïcs, des membres de l’Eglise Catholique et de toutes les personnes qui partagent les souffrances du peuple congolais en ce temps de guerre et d’insécurité. Que le sang de nos martyrs féconde nos cœurs de plus d’amour envers tout homme et d’espérance afin que le règne de Dieu arrive sur terre comme au ciel, chez nous et partout.

Fait à Kinshasa, le 8 novembre 2003

Usuma - Home