Alors
que la recherche des voies et moyens pour construire une vie consacrée
authentiquement africaine sans déroger à aucun des éléments
essentiels de la consécration chrétienne pour ainsi résorber
la crise d’identité dans une société elle-même
en crise, voici que les personnes consacrées se trouvent, même
en RDC et en Afrique, confrontées à un nouveau choc culturel
sans doute plus dévastateur parce que se définissant dès
le départ comme révolution culturelle mondialement normative.
Refusant toute exclusion dont elle accuse par ailleurs la « culture
moderne » essentiellement occidentale (en opposition à la
culture traditionnelle africaine) et les cultures religieuses (comme le
christianisme) et s’appuyant sur la cooptation de tous les laissés
pour compte grâce à la prétention humanitaire qu’elle
se donne, cette culture contemporaine s’appuie sur la « déconstruction
», à savoir, la remise à zéro de toutes les
manifestations de la culture connues jusqu’à nos jours (traditionnelle,
chrétienne ou religieuse et moderne), cette nouvelle culture se
base sur la tolérance du bien et du mal, mieux dit sur le dépassement
de la catégorie morale du bien et du mal, et donc sur le dépassement
du relativisme et de toutes les diversités au nom de la non discrimination.
La seule valeur pérenne serait alors l’interculturalité.
C’est la « Nouvelle éthique mondiale », attrayante
pour tous et en tout cas pratiquement incontournable même pour ceux
et celles qui tenteraient de la décrier.
Pour
se faire valoir et crier haut et fort sur tous les toits du monde, la
Nouvelle Ethique mondiale se sert des autoroutes de l’information,
ce don de Dieu pour le monde de notre temps qui n’attend que être
utilisée comme des talents que le maître donne à qui
il veut avec la mission de les fructifier selon son projet.
Comment
les personnes consacrées doivent-elles se positionner par rapport
à la Nouvelle Ethique mondiale et à l’interculturalité
et que doivent-elles faire pour ne pas leur laisser à elles seules
le plein usage des communications sociales que l’Eglise reconnaît
comme étant un excellent moyen pour évangéliser la
culture mais aussi pour véhiculer la Bonne Nouvelle ?
IV.
1. A PROPOS DES ASPECTS DE LA NOUVELLE ETHIQUE MONDIALE
IV.1.1.
CONSTAT
- Même dans la communauté,
nous trouvons des gens qui tiennent à la tradition et à
l’autorité et ceux qui soutiennent l’autonomie
et la responsabilité partagée.
- La NEM promeut l’égalité
de sexes.
- Dans le vécu des conseils
évangéliques, nous remarquons :
a.
la liberté des relations par rapport au vœu de chasteté,
b. le manque de simplicité par rapport à la pauvreté,
c. la résistance par rapport à l’obéissance.
IV.1.2.
MOTIVATIONS
-
La
tradition est quelque chose de dynamique.
-
L’autonomie ne signifie pas indépendance et rébellion.
-
D’où la nécessité de tenir compte du
principe de subsidiarité.
-
Ce
qui ne peut se faire que dans le dialogue et la collaboration grâce
auxquels on arrive à considérer l’autre comme
une chance et non comme une menace.
IV.1.3.
LIGNES D'ACTION
- Eduquer
à la connaissance et acceptation de soi.
-
Savoir faire confiance à l’autre dès la formation
initiale.
-
Savoir responsabiliser les autres.
-
Tenir compte du principe de subsidiarité.
-
Organiser dans nos communautés des sessions sur le leadership.
-
Prendre le temps de réfléchir en communauté
sur les effets de cette Nouvelle éthique mondiale.
-
Etre prudent sur la proposition de partenariat avec certains organismes
internationaux qui rallient leur champ d’action à
la NEM.
IV.2.
A PROPOS DE L'INTERCULTURALITE
IV.2.1.
CONSTAT
-
Le
manque de dialogue et d’ouverture qui conduit au préjugé,
à la catégorisation, au racisme et au tribalisme.
-
L’ignorance et l’interprétation erronée
des situations entraînent le refus d’acceptation des
différences et le manque d’accueil.
-
La constitution des petits groupes sont aussi à la base
du favoritisme dans nos communautés.
-
La recherche des intérêts personnels et l’égoïsme.
IV.2.2.
MOTIVATION
- L’acceptation
de l’autre comme chance et non menace.
-
Apprendre à se connaître.
IV.2.3.
LIGNES D'ACTION
- Acceptation
de la diversité.
-
Le partage du vécu.
-
Respecter et valoriser la culture de l’autre : connaître
la langue.
-
Eduquer au respect de la différence.
IV.3.
A PROPOS DES COMMUNICATIONS SOCIALES
IV.3.1.
CONSTATS
-
Nous
remarquons dans nos communautés la présence des
moyens de communication avec tout ce qu’ils ont comme implication
telles :
a. Le véhicule de message à une vitesse qui ne respecte
pas notre style de vie.
b. La mauvaise manière d’acquérir les outils
de communication en dehors de toutes structures communautaires.
c. La non existence des lignes téléphoniques fixes.
d. Le non respect des moments de prière et de repos à
cause de leur utilisation, surtout pendant les heures creuses.
-
Les outils de communication nous aident pour l’évangélisation
et à nous ouvrir à l’autre.
-
Avec ces NTIC, le monde marche si vite, mais sans connaître
où il va et l’Eglise doit aussi marcher avec lui.
-
L’Eglise pour sa part, a la volonté de s’engager
dans cette mouvance communicationnelle mais les moyens lui font
défaut.
IV.3.2.
Motivations
-
Prise
de conscience de cette nouvelle en sachant ce qu’il faut
prendre et ce qu’il faut rejeter.
-
Nous sommes convaincus que les valeurs évangéliques
sont non négociables et que nous devons nous référer
à la parole de Dieu comme appui.
-
La nécessité d’évangéliser les
médias.
-
La
nécessité de soigner la qualité de la formation
à donner.
-
La
nécessité de promouvoir les nouvelles technologies
en tenant compte de la morale chrétienne.
-
Nécessité
d’un discernement sur les nouvelles technologies en vue
de faciliter la pastorale.

|
Quelques
Eléments pour un Vademecum
CE
QU’IL FAUT FAIRE
-
Former
à la conscience, à la responsabilité, à
la critique, à la matière, à la liberté,
à la discipline.
-
Insister sur la formation et l’utilisation de ces moyens en
tant que personnes consacrées.
-
Subordonner l’utilisation de ces moyens de communication en
faveur de la mission et de l’apostolat.
-
Donner aux membres la possibilité de se former et de s’informer
sur les nouvelles technologies d’information et de la communication.
-
Favoriser l’échange et le dialogue autour de l’utilisation
de ces moyens de communication.
CE
QU’IL NE FAUT PAS FAIRE
-
Il
ne faut pas interdire l’utilisation de ces moyens de communication
sans explication, sans conscientisation et concertation et cela
dans le but d’éviter l’hypocrisie et la jalousie
entre les membres.
-
Ne pas permettre aux membres d’acquérir ces moyens
sans l’accord des responsables.
-
Ne pas permettre et favoriser une utilisation abusive et irresponsable
de la nouvelle technologie.
CE
QUI EST LAISSE A LA LIBERTE ET A LA CONSCIENCE DE CHACUN
- La
liberté et le droit de communication.
-
La possibilité de gérer ces moyens de communication
et d’en rendre compte.
|