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II. VIE CONSACREE ET RENCONTRE DES CULTURES. MODELES

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Le processus de dialogue des cultures n’est pas si nouveau. Il est attesté dans les Ecritures Saintes et dans l’Eglise naissante, déjà à partir des Pères de l’Eglise mais aussi dans la vie monastique. L’exemple du peuple élu de la Bible est sur ce point éloquent. En effet, entouré des peuples puissants en nombre et en moyens et disposant des cultures multiséculaires, le petit peuple d’Israël a manifesté une résistance emblématique. Ce qui lui a permis de résister, c’est sa foi qui se manifeste notamment dans une expérience de communion profonde avec Yahvé, l’attachement aux Ecritures reconnues par tous comme Parole de ce Dieu et le sens de l’unité nationale.

De même, l’expérience de l’époque patristique montre que les encrâtes, les eunuques et les ascètes qui furent les précurseurs de la vie monastique n’ont résisté au découragement qu’aurait pu susciter le dénigrement et la non acceptation de ce que représentait leur choix radical que grâce à la Bible et en ayant Jésus comme modèle absolu de leur vie. Et pour lutter contre les « démons » que représentaient les désirs et les passions qui sortent du cœur de l’homme, ils ont eu pour armes la prière, le travail manuel et l’ascèse.
La vie monastique, héritière de cette tradition et fille aînée de la vie consacrée est, dans ses origines déjà, tributaire d’un processus d’inculturation ne sacrifiant pas le lien fondamental avec le Christ, notamment grâce à l’imprégnation de la Parole de Dieu à travers la Lectio divina et la rupture radicale avec la culture ambiante, rendant encore plus attrayante le modèle en orientant le culture ambiante pourtant réfractaire à la nouveauté de la sequella Christi vers son horizon transcendant.

II.1. CONSTATS

La rencontre de la Culture africaine avec la Vie consacrée, ne va pas sans problèmes. Cela est d’ailleurs vrai de toute autre culture.

Une vie consacrée vécue pleinement ne peut se faire que dans l’acceptation de ce que l’on est déjà de par sa culture.

Bien des difficultés dans le vécu de la Vie consacrée en Afrique surgissent de la volonté de réduire la VC dans les dimensions de nos cultures et du manque de courage prophétique de faire accepter le Dieu de Jésus Christ comme l’unique nécessaire.

Nos réponses insatisfaisantes par rapport au contenu de la VC proviennent aussi de notre incapacité à cerner le véritable lieu de la lutte dans la VC et donc aussi l’incapacité à connaître le véritable adversaire à combattre.

Ainsi, malgré les avancées significatives dans l’acceptation joyeuse de la VC par les africains, la vie consacrée reste un défi pour notre époque, notre société et pour nous-mêmes.

II.2. MOTIVATIONS

Nous sommes de plus en plus conscients que dans le dialogue entre la VC et les cultures africaines, il n’est pas tellement question d’incompatibilité, car la Vie consacrée s’enracinant dans l’Evangile du Christ, a elle aussi pour vocation de pénétrer toutes les cultures et de les féconder de l’intérieur. Ce qui conduit les cultures ainsi rencontrées à s’approprier les éléments essentiels de la VC et à féconder, à leur tour, la Vie consacrée par les valeurs propres. De cette manière, Vie consacrée et cultures s’interpénètrent et s’enrichissent mutuellement.

Nous sommes convaincus que la Vie consacrée ne peut se départir de la recherche ininterrompue de Dieu et de l’unification de l’homme en lui-même pour que la vie en Dieu puisse conduire à la connaissance de soi et que la connaissance de soi permette de chercher davantage le visage du Seigneur.

Nous sommes aussi convaincus que la recherche de l’équilibre culturel en vue d’une maturité religieuse doit être un processus qui doit commencer dès la formation initiale et se poursuivre durant toute la vie et qu’il concerne tant la personne consacrée elle-même que sa communauté et son milieu de vie et/ou de travail.

Nous sommes conscients que la VC doit devenir chez nous aussi une culture qui entraîne, ennoblit grâce à la correspondance entre le dire, l’être et le faire (agir), et au renforcement de la dimension prophétique (dénoncer, annoncer) par la dimension kénotique (renoncer volontairement) pour un témoignage de vie plus cohérente à l’Evangile.

 

II.3. LIGNES D'ACTION

  • Faire de la formation à la vie consacrée la priorité des priorités, une formation qui intégrerait les éléments pertinents de la culture africaine et même les méthodes initiatiques africaines.
    • Revoir et encourager la pastorale des vocations.
    • Faire de cette formation un cheminement continu qui permette l’écoute de l’expérience de la personne, un accompagnement personnalisé (réduire le nombre des jeunes en formation), grâce au témoignage des aînés et de toute la communauté.
    • Poursuivre la formation des formateurs à la vie consacrée à tous les niveaux à travers les réseaux de formation mis en place par l’ASUMA et l’USUMA.
    • Organiser un colloque ou une rencontre sur la formation à la Vie Consacrée pendant lequel sera rédigé un document donnant des directives claires sur la formation de base en tenant compte de la nature africaine.
  • Rendre féconde la synergie entre culture africaine, lectio divina et liturgie priante.
    • Répertorier pour nos communautés des éléments culturels pertinents (proverbes, chants, danses, instruments musicaux) capables de revaloriser nos célébrations liturgiques et/ou communautaires.
    • Formation liturgique à tous les niveaux et à la lectio divina.
    • Aider les jeunes à se familiariser avec la parole de Dieu.
    • Réapprendre l’importance du silence dans la vie et dans la prière.
    • Formation aux valeurs africaines.
  • Grâce à une meilleure connaissance de nos cultures, réorienter nos activités apostoliques.
    • Revisiter nos charismes et l’esprit de fondation.
    • S’adapter aux nouvelles formes d’apostolat et s’ouvrir aux nouveaux besoins de la population.
    • Poursuivre le processus de redéploiement des communautés religieuses dans tous le pays, particulièrement dans l’arrière-pays, au milieu du petit peuple.
    • Permettre à nos familles humaines et à notre entourage de comprendre aussi notre « culture religieuse ».
    • Parler positivement de la VC : savoir l’expliquer et ne pas être nous-mêmes les premiers à la dénigrer.

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