(Texte partagé par Roger GRUBER) |
«De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n’y
retournent sans avoir arrosé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir
fait germer pour fournir la semence au semeur et le pain à manger, ainsi en est-il de la Parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi
sans effet, sans avoir accompli ce que j’ai voulu et réalisé l’objet de sa
mission» (Isaïe 55, 10-11)
Voici le témoignage d’André Levet
André:
«Dans ma prison, une lumière apparut»
André
Levet a aujourd’hui 77 ans... Cet ancien gangster est né en 1932, dans
une famille «athée» et ce n’est pas à la maison qu’il entendit
parler de Dieu. La seconde guerre mondiale frappe la France et André a déjà
perdu sa mère lorsque son père est déporté à Auschwitz. Il n’a pas
dix ans! Recueilli dans une ferme des Pyrénées, il y a reçu «plus de
coups de pieds au cul que de caresses», selon ses propres mots. Son père
libéré en 1945 tente un remariage qu’André n’accepte pas. A 13 ans,
il fuit... son enfer commence.
A
cette époque, la police m’arrêta et me mit en prison, aux Baumettes,
en attendant de me rendre à ma famille. Au contact des autres
prisonniers, je suis devenu un petit délinquant, apprenant toutes les
ficelles du «métier». Une fois rendu à mes parents, je me suis à
nouveau enfui, et j’ai commencé une carrière de délinquant. A 15 ans
j’ai été arrêté pour une attaque à main armée, et mis en prison
jusqu’à ma majorité. A 18 ans, on avait la possibilité de s’engager
pour faire la guerre d’Indochine, ce que j’ai fait pour éviter la
prison. J’ai été blessé et rapatrié en France.
Je
me lance dans «les affaires»
Après
cela, fort de mes expériences militaires et carcérales, je suis devenu
le chef d’une bande de gangsters, spécialisée dans le braquage des
banques.
Un
jour, alors que j’étais venu à Laval pour une «affaire», j’ai aperçu
un curé en robe, de l’autre côté de la route. Je suis allé vers lui
et, n’en ayant jamais vu auparavant, je lui ai demandé s’il était un
homme ou une femme. Il m’a répondu: «je suis un serviteur de Dieu».
Dieu, c’est mon patron! Je lui ai dit: «ton Dieu, où il est? On ne le
voit pas». Il a répliqué: «je vois que tu ne connais pas Dieu, mais si
un jour tu as du temps, viens en discuter avec moi, 12 bis rue de Solférino».
Je n’ai jamais oublié cette adresse.
Plusieurs
mois après, alors que j’étais de passage à Laval pour une autre «affaire»,
je suis tombé par hasard dans cette rue. Je suis allé voir le curé, il
était là et m’a dit: «je t’attendais». Ce curé est devenu mon
ami, il me donnait des conseils, que je ne suivais pas, et chaque fois
qu’il me parlait de Dieu, je lui disais: «laisse ton Dieu où il est».
Quelque temps plus tard, je me trouvais à Rennes pour attaquer une
banque. Là, l’affaire a mal tourné, mon copain a été tué et j’ai
été arrêté. Je me suis évadé, j’ai gagné l’Amérique du sud où
j’ai organisé un trafic de drogue...
3
fois évadé, 3 fois repris
Revenu
en France, je suis arrêté de nouveau, pour m’évader encore. 3 fois évadé,
3 fois repris. Toutes mes affaires vont me valoir 120 ans de prison,
s’il fallait tout cumuler. On me transfert à Clairvaux dans la prison
des durs et avec des copains je vais tenter une évasion en creusant un
tunnel, comme dans le film «la grande vadrouille». L’évasion a failli
réussir, mais nous avons été repris. J’ai encore tenté une autre évasion,
seul, en crochetant un gardien avec une arme. Là encore je me suis fait
prendre. Ils ont décidé de m’envoyer à Château Thierry. Le directeur
m’a reçu avec ces paroles: «ici, tu marches ou tu crèves!» J’ai répondu
en lui balançant le bureau sur la tête. Ils m’ont mis dans une toute
petite cellule avec un lit scellé. Mon curé ne m’a pas abandonné, il
m’a envoyé une lettre par mois ou de temps en temps il me parlait de
Dieu me disant qu’il était bon. Je lui ai répondu: «si ton Dieu est
bon, pourquoi faut il qu’il y ait tant de guerres, de misère, pourquoi
certains crèvent de faim alors que d’autres ont trop? Pourquoi certains
ont plusieurs maisons alors que d’autres n’en ont pas?»
Le
curé m’a répondu: «André, c’est toi le responsable». Quoi? Moi?
Je voulais bien être responsable des braquages, mais pas de la misère du
monde! Et puis un jour, le curé m’a envoyé un gros bouquin en me
disant: «André, ce bouquin tu pourras le lire tout le temps, même après
ta mort, en commençant par n’importe quelle page». Le gardien me l’a
apporté en me disant: «c’est bien ce bouquin, tu devrais le lire, tu
pourras même l’emporter au cachot». «Ca parle de quoi?» «Du bon
Dieu», il me répond. «Quoi! C’est pas vrai! il m’a ramené son bon
Dieu dans ma cellule!»
Mon
curé m’écrivait tout le temps, en me suppliant de lire le livre. Je
commence à lire la Bible.
Alors,
pour lui faire plaisir, en 10 ans je l’ai ouvert 9 fois. J’ai commencé
par lire les noces de Cana, où Jésus change l’eau en vin. J’ai tourné
le robinet de mon lavabo en disant: «mec, fais couler du vin!» Ca n’a
pas marché. Je l’ai écrit au curé en disant: «ton bouquin, ça ne
marche pas». Mon curé m’a répondu: «André tu lis de travers, persévère».
J’ai lu l’histoire de la Samaritaine, l’histoire de la résurrection
de Lazare. Avec cette histoire j’ai été révolté, je ne pouvais pas
la croire, et mon copain qui s’est fait descendre par les flics, il
n’est pas ressuscité lui? Puis j’ai repris la lecture, longtemps après,
et j’ai lu combien Jésus avait fait de bien aux gens et combien ils
l’avaient maltraité, ils lui avaient craché dessus, ils l’avaient
fouetté, injurié, puis cloué sur une croix. J’étais révolté je ne
comprenais pas pourquoi on faisait autant de mal à quelqu’un qui
faisait autant de bien.
Rendez
vous à 2 heures du matin
J’abandonnais la
lecture et je cherchais toujours à m’évader. J’attendais une arme et
une lime, mais ces objets ont été interceptés. Il ne me restait plus
aucun espoir, alors en désespoir de cause j’ai fait appel à Jésus. Je
lui ai dit: si tu existes je te donne un rancart. Viens cette nuit à 2
heures du matin dans ma cellule et tu m’aideras à m’évader.
Je
me suis endormi cette nuit là et d’un coup au milieu de la nuit j’ai
été réveillé. Prêt à bondir, j’ai senti une présence dans ma
cellule, mais je ne voyais personne. Puis j’ai entendu une voix claire
et forte à l’intérieur de moi: "André, il est 2h du matin, on a
rendez-vous." J’appelais le gardien en criant: c’est toi qui
m’appelle? Non me dit-il. "Quelle heure est-il", demandais-je?
"2 heures." "2 heures combien?" "2 heures
pile", me répondit le gardien.
Puis
la voix se fit entendre à nouveau: "Ne sois pas incrédule, je suis
ton Dieu, le Dieu de tous les hommes." Mais je ne te vois pas! répondis-je.
A
ce moment là, vers les barreaux de la lucarne une lumière apparut. Et
dans cette lumière, un homme avec les mains et les pieds percés et un
trou au côté droit. Il me dit: "C’est aussi pour toi." A ce
moment là, les écailles de mes yeux, lourdes de 37 ans de péché, sont
tombées et j’ai vu toute ma misère et toute ma méchanceté. Pour la
première fois de ma vie, je fléchis, je courbe l'échine. Pour la première
fois de ma vie, je tombe à genoux devant quelqu'un, et je pleure, parce
que pour la première fois de ma vie, quelqu'un veut m'aimer.
Cinq
heures durant, de deux heures du matin à l'ouverture des cellules à sept
heures, je reste à genoux. il me faut refaire à l'envers la marche de
tout le mal que j'ai commis, pour
que ressorte de moi, comme d'un abcès trop mûr, tout le fardeau de chaînes,
d'insultes, de coups, de poings tendus, de vols, toutes ces méchancetés,
toute cette haine qui m'accablent, que je ne peux plus porter. Jésus,
dans sa grande miséricorde, dans son grand amour est venu m'en libérer,
moi, qui n'étais que boue. Et à genoux, là, dans ma cellule, la tête
baissée, comme un petit écolier ne sachant pas sa leçon, j'ai compris
que, pendant trente-sept années, j'avais été les clous des mains du
Christ, les clous des pieds du Christ, que j'avais tous les jours de ma
vie, pris la lance pour percer son côté.
Et demandant pardon, il me devenait impossible de
lever les yeux vers Jésus, Jésus que
désormais je connaissais.
A
7 heures les gardiens m’ont ouvert, ils m’ont vu à genoux et en
pleurant, je leur dis: Je ne vous cracherais plus dessus, je ne frapperais
plus personne, je ne volerais plus personne, car chaque fois que je le
ferais c’est à Jésus que je le ferais. Les gardiens ont été surpris,
ils ont cru dans un premier temps à une ruse de ma part. Puis rapidement,
ils ont compris que j’avais totalement changé.
Plusieurs
détenus ont été interpellés et ont pu eux aussi rencontrer ce Dieu
merveilleux et changer de vie.
Je
suis maintenant libéré, ma vie a totalement changé.
Depuis ma libération, bien des années ont passé.
j'ai continué mon chemin de missionnaire avec Jésus, mon compagnon de
route. Ensemble, nous parcourons des endroits miséreux. Je sème, je
donne ce qu'un jour j'ai reçu gratuitement. Je veux le partager et le
crier bien fort. Il est vivant. Comme un papillon je voyage de ville en
ville pour parler de ce Dieu de miséricorde, de bonté et de liberté. Je
témoigne avec force de ma rencontre, car Il est là, avec nous; Il est présent
en nous; Il vit en nous. je suis un de ses tout petits serviteurs, ancien
gangster repenti, qui a connu l'enfer de tous les grands pénitenciers du
territoire français et des quartiers de haute sécurité sous le
matricule 2835, jusqu'à ce que mon existence de détenu dangereux soit
bouleversée par un rendez-vous fixé au Tout-Puissant. Alors ma vie a
basculé; j'ai compris que l'homme a été créé pour la liberté. Et
aujourd'hui, j'en témoigne.
(...) je rencontre bien souvent des gens qui me
disent: "Comme tu as eu de la chance, tu as vu Jésus-Christ."
Oui, c'est sans doute une grande grâce que d'avoir eu ce rendez-vous avec
Jésus dans ma cellule. mais ce n'est certainement pas un privilège. Ma réponse
reste et restera toujours la même: l'histoire de Thomas. "Parce que
tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu."
Certaines personnes me demandent aussi si je n'ai
pas été victime d'une hallucination ou d'un rêve. Je peux dire avec
franchise que je suis sûr d'avoir été confronté avec mon Dieu. Si ces
personnes avaient vu ma cellule éclatante de cette belle lumière, elles
n'en douteraient pas. D'autre part, il ne faut pas oublier que, durant
cette nuit, le loup est devenu agneau.
Cette rencontre avec mon Jésus qui m'a sauvé,
m'a enseigné ceci: Dieu a l'éternité pour Lui. Il nous attend à tout
instant de notre vie: aujourd'hui comme hier, Il est sauveur. la Bible
nous dit que mille ans sont comme un jour. Et un jour viendra, un jour
sans fin, comme l'aurore de l'éternel matin où le Seigneur prendra
possession du temps et le transformera en éternité.
Comme tout mon cœur, tout mon être, toute mon âme
aimeraient inventer un distillateur de haine afin d'en extraire un philtre
d'amour. Le monde ne serait plus qu'amour fraternel, toutes les forces de
la haine seraient force d'aimer. Et ce serait le règne de Dieu qui
verrait enfin sa créature mettre en pratique le commandement de son Fils
bien-aimé, Notre-Seigneur Jésus-Christ: "Aimez-vous les uns les
autres comme je vous ai aimés." (Jean 15, 12)
Honneur, louange et gloire te soient donnés d'éternité
en éternité. Amen.
Puisse cette histoire vous inspirer dans votre démarche
spirituelle et quelle vous donne le courage de travailler cœur à cœur
avec Jésus.
Que Dieu vous bénisse tous! André Levet
André Levet après sa libération
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24 août 2007 - Site perso de jbmusumbi, o.m.i. - Merci de vos
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