Logo AyaasBannière Ayaas

=/ RM 24.01.2011 /= Mbote

Refus de prier au travail comme rejet de Dieu

Dans le sillage de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens 2011[i] centrée sur le thème "Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière" (cf. Actes 2, 42), trois jeunes hommes engagent un débat houleux sur le pourquoi de la prière. Le premier d’entre eux est professeur de musique, le second étudiant (laïcs) et le troisième prêtre étudiant. Voici le fait qui suscite des interrogations sur la "parfaite harmonie de pensées et de sentiments" dont parle saint Paul, en ce 3e dimanche du TO.

Moi et mon instrument de musique

Tout commence par une suggestion du prêtre au musicien: «Je te propose de commencer ton cours de demain avec la prière ou deux minutes de silence», lui dit-il gentiment. Il sait pertinemment que le prof ne pratique pas cet exercice de piété. Surpris, ce dernier réagit fermement: «Il n’y a aucun lien entre le cours de musique et la prière. Je suis payé par heure de travail, le silence ne signifie absolument rien et il n’y a aucune place pour Dieu; il n’y a que moi et mon instrument de musique». Le troisième intervenant renchérit sur l’argent: «Je paie mon prof par heure de cours. Lui demander de prier pendant ce temps-là c’est le pousser à voler mon argent. Voilà deux minutes perdues à des stupidités, etc.».

 

Et moi? J’assiste passivement à ce genre de discussion inhabituelle. Le rejet de Dieu me surprend! Conviendrait-il de préférer le mot silence à prière? Faut-il encore y mettre du contenu, surtout dans un cadre où il y a diversité des convictions. Entendons par conviction: «Acquiescement de l'esprit fondé sur des preuves évidentes; certitude qui en résulte. Adhésion, assurance, certitude, confiance, croyance». Tout porterait à croire que ce prêtre, appelé par vocation à prier et à faire prier, se voit obligé de faire face à la dure réalité de la vie. Il prend conscience non seulement que son ministère ou mieux sa pastorale de proximité s’harmonise avec la liberté humaine et le respect d’autrui mais aussi qu'il existe des manières très diverses d'adorer Dieu.

Indifférence ou refus à l'égard de Dieu

Chapelle Ave-et-AuffeQue dire de cette attitude de rejet? Ressortissant d’une société qui accueille assez facilement la parole de Dieu, sans résistance, et où l’indifférence n’est pas de mise, je n’ose pas affirmer que le refus de Dieu est le propre du processus de "sécularisation" en cours dans certains pays. Dans ce contexte, «Les Eglises, elles aussi, ont une place à trouver, elles doivent se situer sans peur et sans orgueil, dans un certain vis-à-vis par rapport à cette société avec la certitude que celle-ci a besoin des croyants pour exister».

 

Loin d'en être choqué je m’interroge pourtant sur cette exhortation de saint Paul: «Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ à être tous vraiment d'accord; qu'il n'y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et de sentiments» (1 Corinthiens 1, 10)! La prière pour l’unité des chrétiens serait-elle un rapprochement ou une simple accentuation des diversités culturelles et religieuses? Il me semble que les violences tant verbales que physiques qui secouent notre monde l’éloignent de l’idéal d'harmonie de pensées et de sentiments, sans jamais anéantir l’amour.

 

(Ayaas)


[i] Célébrée traditionnellement du 18 au 25 janvier (dans l'hémisphère nord) ou à la Pentecôte (dans l'hémisphère sud).

Etole
But© Ayaas.net, 24 août 2007 - Site personnel de jbmusumbi, o.m.i. Merci de votre précieuse collaboration

Valid XHTML 1.0 Transitional