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=/ RM 21.02.2011 /= Mbote

Un pèlerinage chez padre Pio à San Giovanni Rotondo

Padre Pio Pietrelcina     Y a-t-il des saints plus saints que d'autres dans l'Eglise catholique? Si non, pourquoi certains saints attirent-ils les foules plus que d'autres? Cette question surgit en moi après avoir visité le lieu de vénération de padre Pio da Pietrelcina (25 mai 1887 - 23 septembre 1968), ce prêtre Capucin dont on parle tant, surtout en Italie sa terre natale. Loin de prétendre répondre à cette question combien délicate, je me contenterai de partager mes premières impressions d'un pèlerinage à San Giovanni Rotondo. "C'est une très ancienne coutume que celle de pèlerinages".

     Habité par un pieux désir de sortir un peu de mon "monastère" actuel, ce vendredi 18 février 2011, je rejoins timidement un groupe de mes confrères OMI du scolasticat international de Rome et de la maison généralice pour faire un pèlerinage sur les lieux de vénération de padre Pio, à 270km de Rome. Un pèlerinage, rappelons-le, est un «voyage, individuel ou collectif, qu'un fidèle fait à un lieu saint pour des motifs religieux et dans un esprit de dévotion (…)un voyage fait avec l'intention de rendre hommage à un lieu, à une personne qu'on vénère». Au total 33 pèlerins dont 3 parents d'un scolastique en visite à Rome prennent place à bord d'un autocar touristique. Tous n'ont qu'un seul désir: fouler le sol de San Giovanni Rotondo pour "voir" les traces de padre Pio. Malheureusement, c'est un jour de pluie. Nous ne pouvons pas assouvir notre curiosité, surtout celle de visiter aussi la Casa Sollievo della Sofferenza «Maison pour soulager la souffrance». Mais la pluie fine ne nous empêche pas d'atteindre notre objectif grâce à un guide expérimenté.

     Située à 566 mètres d'altitude, San Giovanni Rotondo est une ville italienne dans la province de Foggia et la région de Pouilles. Ici a vécu "extraordinairement" padre Pio qui fut canonisé le 16 juin 2002 par Jean-Paul II. Il n'a fait que trois choses: "sa vie fut centrée sur la prière, l'eucharistie et la confession". Et que dire de certains faits qui lui ont donné de la notoriété dès son vivant?

«A propos de sa transverbération (transpercement du cœur par un dard spirituel avec saignement réel) et des stigmates (plaies du Christ sanguinolentes aux mains, aux pieds et au thorax), en 1918. Il donne le témoignage suivant des évènements: "Je vis devant moi un personnage mystérieux dont les mains, les pieds, la poitrine, ruisselaient de sang. Je sentis mon coeur blessé par un dard de feu... Ce personnage disparut à ma vue et je m'aperçus que mes mains, mes pieds, ma poitrine étaient percés et ruisselaient de sang!"».

Chapelle padre Pio Pietrelcina     Cinq aspects de la vie de ce Saint et de ce lieu de pèlerinage retiennent particulièrement mon attention. Premièrement: le sens de la croix endurée par padre Pio et la mortification qui l'accompagne. «Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive», dit Jésus (Marc 8, 34). Deuxièmement: le parallélisme établi entre la vie de ces deux saints: François d'Assise et Pio da Pietrelcina. Il me semble que l'amour concret de Dieu et des pauvres est leur plus grand point commun. Troisièmement: la tombe de padre Pio. Elle est devenue un haut lieu de pèlerinage. Quatrièmement: la procession des pèlerins vers cette tombe afin de la toucher du bout des doigts, comme pour signifier "que l'on comprend intuitivement, que l'on est proche de découvrir quelque chose". Cinquièmement: le contraste saisissant entre la pauvreté vécue par padre Pio et la richesse matérielle de la chapelle dans laquelle repose les restes de son corps!

     Enfin, je me demande pourquoi vouloir toucher un cadavre ou le cercueil dans lequel il repose! Voilà qui bouscule mon imaginaire d'Africain. "Le toucher n'est qu'un contact de superficie", dit Buffon. Néanmoins ce geste symbolique qu'est le toucher, "ce sens traditionnel correspondant à la sensibilité cutanée qui intervient dans l'exploration des objets par palpation", me rappelle celui de la femme audacieuse de l'Evangile qui souffrait d'hémorragies. Elle «s'approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement (Jésus). Car elle se disait en elle-même: ‘Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée'» (Matthieu 9, 20-22). Au fait, la confession de la foi n'est-elle pas la respiration de l’âme? Je peux présumer que cette femme a longtemps prié que Dieu la guérisse. Peut-être les gens expriment-ils la même espérance. Voir nos Vidéo1 et Vidéo2.

 

 

(Ayaas)

Etole
But© Ayaas.net, 24 août 2007 - Site personnel de jbmusumbi, o.m.i. Merci de votre précieuse collaboration

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