1. Dans la “suite du Christ”

 

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La sequela Christi, selon l'enseignement de l'Évangile, est notre règle suprême. Cela signifie que même en l'an 2000, la vo­cation re­ligieuse continuera à être l'appel à vivre le radicalisme évangélique, à faire connaître le Christ et le Règne de Dieu.

Même si le Christ n'a pas institué la vie religieuse comme il l'a fait pour l'Eucharistie, l'Ordre et le Mariage[1], la vraie identité du religieux africain de demain vien­dra du re­gard “amoureux” sur le Christ et non pas d'abord de nos observations d'aujour­d'hui sur la conduite religieuse. En effet, la vie re­li­gieuse est née du com­portement de Jésus à travers sa parole et sa vie, comme l'affirme la Constitution dogmatique de Vatican II Lumen Gentium : “les conseils évangéliques de chasteté vouée à Dieu, de pauvreté et d'obéissance sont fondés sur les paroles et les exemples du Seigneur” (n° 43 a).

L’irrésistible et vibrant appel “Suis-moi” a touché le coeur de nombreuses personnes de bonne volonté, en l'occurrence le groupe de “ceux qui le suivent”, les vierges dont parle saint Paul (cf. 1 Co 7, 25-26) ainsi que les pères fondateurs de la vie reli­gieuse au quatrième siècle : Antoine et Pacôme, dont l'ana­choré­tisme et le cénobitisme ont constitué en quelque sorte les ma­trices de toutes les formes de mona­chisme nées après et tant d'autres fondateurs des familles religieuses.

L'appartenance sans réserve de l'appelé à la per­sonne du Christ se manifeste à travers un triple amour : vivre comme le Christ (amour de ressemblance), vivre avec le Christ (amour d'intimité) et vivre pour le Christ (amour d'abandon). Il s'ensuit qu'on devient religieux avant tout par amour pour Dieu et le pro­chain, ou mieux pour le Christ et son Règne. Aussi le religieux se définit-il essentiellement comme celui qui aime, qui sert et qui té­moigne. Sans cet amour, les voeux ne sont que des signes sans réalité, vides de contenu. Ainsi, ne pas aimer, ne pas servir et ne pas témoigner serait cesser d'être religieux.

Bien sûr que tous les chrétiens y sont appelés; mais les reli­gieux le sont de manière particulière, par la “consécration”.


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[1] D'après Tillard, en effet, “il est im­possible de trouver dans l'Écriture l'affir­mation immé­diate et explicite de la doctrine des ‘trois conseils évan­géliques’. Il semble même nécessaire de refuser l'opinion qui y recon­naîtrait au moins l'affir­mation non équivoque de l'unique ‘conseil du cé­libat pour le Royaume des cieux’ (Mt 19, 12)”. Lire : TILLARD J.M.R., Devant Dieu et pour le monde. Le projet des religieux, Paris, Cerf, 1974, p. 153.