Introduction
1-2-3-4-5-6-7-8-9-10-11-12-13-14-15-16-17-18 - Plaquette - Accueil A l'horizon 2000, l'Afrique vibre au rythme des événements socio-politiques importants. Nous avons l'impression d'assister à un bouleversement de l'histoire du continent. Oui, “le berceau du monde recommence à s'agiter”. “Le continent bouge, craque, proteste”[1]. Nous pensons précisément au vent du changement qui secoue l'Afrique noire depuis le début de l'année 1990. Loin de progresser, l’Afrique s'enfonce davantage dans le gouffre du sous-développement, suscitant ainsi inquiétudes et angoisse. “L'Afrique est malade d'elle-même”, constate le malien Tidiane Diakité[2]; “L'Afrique va-t-elle mourir ?”, se demande le pasteur zaïrois Kä Mana[3] Cette tempête générale n'épargne aucune communauté humaine, et aucune religion. Et les religieux africains sont confrontés à ce conflit : la fidélité aux exigences évangéliques et aux réalités africaines; soit les exigences de l'Eglise et la soif d'apporter une réponse aux signes des temps. En d'autres termes encore, comme dit Mulowayi, “il existe un conflit entre les exigences de la vie religieuse et les réalités africaines, entre le don total de soi à Dieu et le droit de répondre à l'appel angoissé de nos sociétés”[4]. Dans le présent texte, nous aurions voulu parler de l'Afrique noire en général mais nous la connaissons trop peu. Aussi la vie religieuse au Zaïre et ses réalités nous serviront-elles de référence essentielle. En outre, plutôt que de parler du religieux africain en général, nous préférons nous arrêter aux jeunes, parce que nous nous sentons directement concerné par eux. Certains aînés ne se plaisent-ils pas à nous appeler “religieux de la deuxième République” ? Loin de nous cependant la prétention de présenter une vision exhaustive du sujet, laquelle suppose qu'on prenne en ligne de compte et le passé et le présent de la vie religieuse en Afrique. Susciter la réflexion et favoriser “l'introspection constructive”, tel est le but assigné à ce propos “autocritique”. Dans la première partie, “Pourquoi devient-on religieux”, nous tâcherons de chercher la motivation fondamentale qui pousse aujourd’hui à marcher à la suite du Christ. La seconde partie, “Les chances de la vie religieuse africaine : les dix fidélités”, exposera les valeurs à cultiver nécessairement pour un avenir meilleur de la vie religieuse “africaine”. La conclusion s'occupera du défi d'une formation religieuse authentiquement négro-africaine. 1-2-3-4-5-6-7-8-9-10-11-12-13-14-15-16-17-18 - Plaquette - Accueil [1] FOTTORINO E., GUILLEMIN C., ORSENNA E., Besoin d'Afrique, Paris, Fayard, 1992, p. 339-340. [2] DIAKITÉ Tidiane, L'Afrique malade d'elle-même, Paris, Karthala, 1986. [3] KÄMANA, L'Afrique va-t-elle mourir ? Paris, Cerf, 1991. [4] MULOWAYI P., "Vie religieuse et mentalité africaine", in Telema, n° 11, 1977, p. 41. |