3. Talents et autres bonnes dispositions 1
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Fondateur des Oblats exige enfin que les éducateurs jugent de la suffisance
du talent des sujets. Il ne prétend pas que l'on n'admettra dans la congrégation
que des aigles, mais "qu'il est un degré d'ignorance et d'incapacité
qui ne peut être admis". Réfléchis
donc à présent sur les aptitudes justificatives de la vocation, qui ne
sont pas l'apanage exclusif de ceux qui ont la vocation sacerdotale ou
religieuse. Ce sont les aptitudes physiques et intellectuelles, celles
qui peuvent être jugées plus objectivement que les grâces internes, mais
dont la présence, bien que nécessaire, n'est pas forcément signe de la
vocation interne. 1.
Talents reçus en partage a)
Bonne santé physique et psychique Appelé
à une vie exigeante, le religieux doit être en bonne santé et veiller
sur elle afin de remplir efficacement sa tâche apostolique. Eugène de
Mazenod appelle à la vigilance en insistant sur la nécessité d'une nourriture
saine et suffisante. Il ne faut ni négliger le repos après le travail,
en dépit de l'urgence missionnaire, ni oublier de se faire soigner quand
on est malade. L'activisme pourrait nuire à la santé. Mais
la santé ne constitue pas un obstacle à la réalisation de la vocation,
surtout quand les qualités dominent la maladie et quand l'infirmité permet
à la personne d'accomplir l'exercice le plus essentiel de la vie sacerdotale
ou religieuse, bref quand le mal ne paralyse pas totalement l'individu[1].
Cependant, dans certains autres cas qui autorisent à considérer la santé
comme signe de vocation, Eugène de Mazenod se voit obligé d'écarter de
sa famille religieuse certains malades. Ce sont des cas désespérés où
l'avis du médecin est défavorable. Il
en sera de même de la santé psychique. Les troubles relatifs à l'équilibre
psychologique du candidat posent de sérieux problèmes quant à la réalisation
de la vocation à la vie consacrée. Un candidat rongé de scrupules, par
exemple, ne ferait pas une grande acquisition. (16)
Dans quelle mesure prends-tu suffisamment soin de ta santé physique ?
Connais-tu tes fragilités psychologiques ? b)
Aptitude intellectuelle Le
père De Mazenod désirait, conformément à la législation ecclésiale de
son temps, sur "l'idonéité intellectuelle", que les religieux
aient une intelligence supérieure à la moyenne, afin de correspondre
à la grandeur de leur vocation. Pour être une réponse efficace à la mission
de l'Église, ils devraient être d'une intelligence perspicace, d'un jugement
sûr et d'un bon sens[2].
Les
études philosophiques et théologiques des scolastiques, pour parler des
candidats au sacerdoce, leur procureraient une solide base doctrinale
indispensable à la mission de l'Église et de la congrégation. Voilà
pourquoi Eugène de Mazenod tient à ce que les étudiants s'appliquent
à l'étude et que les prêtres préparent soigneusement leurs prédications.
Il faut apprendre à bien parler et à bien écrire de manière à se faire
clairement comprendre; apprendre à prêcher dans un style simple pour convertir
les âmes et non pas pour plaire aux hommes. En
plus de l'étude des belles lettres et des langues, Eugène de Mazenod insiste
sur la nécessité d'un jugement sûr par le principe du bon sens. "Le
bon sens est une qualité trop indispensable pour que nous puissions nous
passer de l'exiger des sujets qui se présentent. Que deviennent toutes
les bonnes qualités quand le cerveau est blessé ?"[3].
Il apparaît donc très clairement que sera écarté un certain nombre de
candidats bien disposés, sans doute, mais incapables d'études supérieures.
Ne faudrait-il pas veiller à ce qu'on ne soit de ceux là ? (17)
Comment cultives-tu le goût des langues ? Es-tu capable de bien apprécier
les personnes et les événements heureux ou malheureux de la vie ? 2.
Autres bonnes dispositions D'autres
bonnes dispositions, nécessaires dans la vie d'un religieux ou d'une religieuse,
sont à considérer. Il faudrait que tu tiennes compte de celles qui nous
intéressent le plus, notamment : l'estime de la congrégation, l'aptitude
à la vie communautaire, la régularité et l'esprit de piété, la simplicité,
l'honnêteté et la politesse. a)
Estime de la congrégation La
congrégation religieuse est le résumé de tous les moyens de glorifier
Dieu. Par conséquent, elle doit être l'objet de l'affection des membres
qu'elle a "enfantés" et l'estime de tous ceux qui viennent
à elle par appel du Maître de la moisson. Les éducateurs en tiendront
compte pour que les candidats s'y engagent pour y persévérer jusqu'à
la mort. Il
n'y a pas de demi-mesure pour Eugène de Mazenod. "S'il (candidat)
n'estime pas la Congrégation tant pis pour lui, le mal est dans son oeil
pour ne pas voir ce qu'elle vaut; qu'il n'y entre pas"[4].
Or, bon nombre d'aspirants seraient tentés du désir de se "faire
caser". Ils vont vers certaines familles où il ferait bon vivre,
même quand ils ne les aiment pas ou éprouvent de l'antipathie envers ses
membres ! Tu devrais apprendre à choisir la congrégation que tu aimes
effectivement. (18)
Qu'est-ce qui t'attire chez les membres de la congrégation qui t'intéresse
? Sauras-tu maintenir ton enthousiasme du départ lorsque tu découvriras
les hauts et les bas de cette famille ? b)
Aptitude à la vie communautaire La
vie religieuse à laquelle tu aspires est essentiellement une vie communautaire,
un "être ensemble". C'est une invitation à ne faire qu'un coeur
et qu'une âme comme les membres de la première communauté chrétienne de
Jérusalem, dont parle le livre des Actes des Apôtres. Cette union, pour
Eugène de Mazenod, n'est pas l'absence de dispute, mais cordialité, fusion
qui doit exister entre tous les membres de la congrégation[5]. Concrètement,
tu auras à vivre avec d'autres frères, d'autres soeurs que les tiens de
sang. Ils seront peut-être de caractère différent et de mentalité variée.
Ce qui exige que tu sois capable de faire famille avec eux, de les accepter
dans la différence, de faire communion et d'accueillir le nouveau, même
au milieu des incompréhensions. Il n'existe pas de communauté idéale ni
de charité parfaite sur cette terre. (19)
Préfères-tu prendre ton repas seul ou en groupe ? N'as-tu pas parfois
la tendance de t'immiscer dans les affaires qui ne te concernent pas ? c)
Régularité et esprit de piété Eugène
de Mazenod a une haute idée de la vie religieuse dont les grands principes
sont l'indifférence surtout, la mort à soi-même, l'obéissance gaie, le
dévouement total à l'Église et à la famille (congrégation), le support
de ses frères[6].
Ceux qui veulent ordinairement s'agréger à une congrégation religieuse
"sont indubitablement ceux qui cherchent une vie plus régulière,
plus parfaite que la vie commune", l'exacte discipline, la bonne
volonté pour faire promptement et volontiers tout ce que l'obéissance
commande. L'Église n'a pas besoin de religieux ennuyés de leur état. Cette
obligation indispensable de tendre à la perfection, marchant sur les traces
des saints, implique la pratique de la piété. Il faut être un homme de
prière, fidèle aux exercices spirituels; un homme qui n'hésite pas à nourrir
sa vie intérieure de bonnes dévotions, telle la dévotion à la Vierge Marie.
"C'est un brevet pour le Ciel". (20)
Aimes-tu la discipline ? Saurais-tu dire pourquoi tu pries le chapelet
à ceux qui refusent de reconnaître que Marie est Vierge, Mère de Dieu
? d)
Simplicité, honnêteté et politesse Appelés
à être témoins de Jésus-Christ, à le faire connaître surtout aux plus
pauvres, les religieux doivent être des gens simples dans leur prestation,
leur langage et leur habillement, honnêtes ou transparents surtout en
matière d'argent, et polis ou respectueux dans leurs relations sociales.
Eugène de Mazenod ne voudrait pas qu'il y ait des religieux "sans
respect pour leurs supérieurs, détracteurs les uns des autres"[7],
sans valeurs chrétiennes
ni esprit religieux. La
simplicité tant recommandée ne signifie pas
nivellement; l'aîné mérite le respect que la famille sensée inculque
aux enfants. Aussi devrais-tu, dans ton milieu de vie, veiller au savoir
vivre. Ta conduite devrait être exemplaire, marchant à contre-courant
des gens aux moeurs légères. N'oublie surtout pas que tu es différent
des autres jeunes du monde de par le choix de Dieu sur toi. Le contraire
serait à plaindre. (21)
Comment te sens-tu au milieu des enfants ? Aurais-tu le courage d'avouer
humblement ta faute et de dénoncer les tricheries des autres ? Comme
tu viens de le remarquer, les talents et les autres bonnes dispositions
sont également nécessaires dans la réalisation efficace de la vocation.
Les éducateurs ne pourront pas ne pas en juger, même si eux seuls ne peuvent
justifier l'appel de Dieu. En Afrique comme partout ailleurs. 1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - Plaquette - Accueil
[1]
Cf. Lettre au p. Courtès, 17 juillet 1846, in Écrits
oblats, 10, p. 133; Lettre au p. Richard, 3
août 1851, in Écrits oblats,
11, p. 45. [2]
Constitutions et Règles de 1826, n. 698. [3]
Lettre au p. Courtès, 23 mars 1832, ibid.,
8, p. 50-51. [4]
Lettre au p. Vincens, 30 avril 1853, ibid.,
11, p. 131. [5]
Cf. Lettre au p. Courtès, 8 novembre 1821, in Choix
de testes relatifs aux Constitutions et Règles O.M.I., n. 335. [6]
Lettre au p. C. Aubert, 10 mars 1935, in Choix
de testes, n° 199. [7]
Lettre au p. Honorat, 12 juillet 1849, in Choix
de textes, n° 242. |