Kin 13.11.2009 - Archives |
Ce partage n’est pas une confession mais une sublimation de l’ennui causé par les vicissitudes de la vie socioéconomique de la capitale congolaise. Il m’arrive parfois d’être distrait durant des coupures intempestives du courant électrique, le délestage auquel les Kinois (habitants de Kinshasa) s’habituent de gré ou de force. Il y a des interruptions de deux à cinq heures, d’autres d’un à plusieurs jours ! Lorsque ce phénomène se produit, mes yeux rivés sur les lamelles de la fenêtre de ma chambre, je me mets à observer les mouvements des passants sur les trottoirs de la rue Kabambare. Il y a plusieurs va-et-vient et je puis, au milieu de la poussière qui se soulève au monde coup de vent, distinguer à la fois les cris des écoliers, en bleu-blanc, et les pas de ceux et celles qui donnent l’impression de se croiser sans se rencontrer. Préoccupés par les soucis de la vie « au taux du jour », comme on aime le dire dans cette partie du monde, ils n’ont rien à échanger en marchant, pas un regard, pas un sourire avec d’autres qui bravent les méandres de la même route.
Paradoxalement, la radio nationale diffuse une nouvelle qui, hors de son contexte, pourrait être considérée comme un bobard. Que raconte-t-on ? ‘La situation sociale de la population congolaise s’améliore de jour en jour’ ! Peut-être pense-t-on à quelques routes qui sont réparées par des Chinois ou des Français notamment la nationale Kinshasa-Kikwit, au grand soulagement de la province de Bandundu. Les autobus fréquentent encore ce tronçon après plusieurs années d’interruption. Mais on ignore la misère de ceux et celles qui, tout en étant dans la ville de Kinshasa, vivent dans l’obscurité totale, sans électricité, sans eau potable, etc. Beaucoup de gens se contentent de cuire des aliments sur la braise et d’absorber l’eau vendue en petits sachets de qualité douteuse par des jeunes garçons transformés en petits commerçants ambulants. Pense-t-on particulièrement à la situation de toutes ces Kinoises qui, comme des vautours sous un soleil de plomb, s’abattent sur des sacs de manioc ou de maïs d’autrui dans l’espoir de bénéficier de quelques miettes pouvant nourrir leurs familles ? Pense-t-on à réduire tant soit peu le désœuvrement des jeunes gens ? Tout porterait à croire qu’en vain cette génération attend un signe venant du ciel. Elle prie sans cesse et ne cesse de plonger dans le désespoir faute d’amélioration des conditions de vie. Cependant, il serait faux d’imaginer que tous subissent le même sort. Kinshasa est une ville en chantier, beaucoup de belles et grandes maisons en construction, sans oublier le nombre considérable de voitures de luxe qui comptent les trous sur la route. Ainsi tout le monde se croise sans se rencontrer. (ayaas) |
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24 août 2007 - Site perso de jbmusumbi, o.m.i. - Merci de vos précieuses
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