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=/ Mbote RM 26.08.2010 /= Retour News 

A propos du silence qui parle

Il m’arrive souvent d’engager quelques discussions sérieuses avec des cybernautes au sujet de mes articles sur ayaas.net. Je suis  parfois obligé à expliciter ma pensée pour me faire comprendre de mes interlocuteurs. «On peut convaincre les autres par ses propres raisons; mais on ne les persuade que par les leurs», disait le moraliste Joseph Joubert. Loin de déplaire, ce type d’exercice m’aide à poursuivre tant soit peu le premier objectif de cette page web: «Exercer ma capacité de rêver en proposant une méditation spirituelle…».

Je voudrais, cette fois-ci, tenter de répondre au visiteur qui ne semble pas comprendre l’expression «silence qui parle». D’après lui, un silence qui parle cesse d’être silence. Ainsi souligne-t-il la dimension antithétique de ces deux mots: silence et parole. En d’autres termes, mon interlocuteur s’arrête à l’apparence qui oppose le silence à la parole: «celui qui se tait ne parle pas et, celui qui parle, ne se tait pas». Et pourtant, fondamentalement, ‘les deux moyens impliquent une réalité plus profonde et mystérieuse: l’un éclaire et donne sens à l’autre’;  ils sont d’ailleurs complémentaires.

Dans l’article «Ecoute du silence de la Pairelle à Maredsous», je partage, en effet, mon expérience personnelle du silence. J’atteste qu’il y avait, de part et d’autre, «une expérience du silence qui parle et qui ouvre à l’Autre». Cela dépasse l’entendement! Le philosophe et théologien Nicolas Malebranche parlerait d’entendement pur, par lequel «nous ne prétendons Maredsousdésigner que la faculté qu'a l'esprit de connaître les objets du dehors sans en former d'images corporelles dans le cerveau pour se les représenter».

Je n’ai pas besoin de souligner qu’étant des moyens puissants de communication, silence et parole sont deux instruments qui aident toute personne à vivre sa grande vocation de don de soi. Ayant été créé pour la relation, je demeure un être toujours en relation: «avec moi-même, avec la réalité qui m’entoure, avec les autres, avec l’Autre». Dans la mystique chrétienne, le silence devient présence expressive et affectueuse de l’Autre, Dieu.

Et puisqu’il y a différents genres de silence, positif et négatif, j’aimerais préciser que mon article faisait plutôt allusion à une expérience spirituelle personnelle (lorsque la relation à Dieu devient une relation totale de personne à personne) de deux silences, à savoir le silence d’écoute et le silence réciproque. Entendons par silence d’écoute, «ce qui nous permet d’écouter l’autre jusqu’au bout, pour comprendre ce qu’il veut dire et accueillir le message qu’il est en train de nous transmettre. Il permet à l’autre d’exprimer complètement soi-même et sa pensée, jusqu’au moment où il est interrompu pendant ses propos». Tandis que le silence réciproque «se réalise parce qu’il n’y a pas besoin de beaucoup de paroles pour se comprendre et il se produit lorsqu’il y a une connaissance et une communion très profonde entre les deux personnes qui sont en train de communiquer» (Source).

Bref, un silence "loquace" et une parole "silencieuse" existent. Je veux dire un silence qui parle, ‘capable de dire quelque chose et une parole muette, qui ne dit rien à celui qui écoute’. Rien de plus frappant dans les évangiles que le fait de voir Jésus choisir souvent des lieux solitaires pour sa prière. «Mais lui se tenait retiré dans les déserts et priait» (Luc 5, 16). Le Fils de Dieu en avait-il vraiment besoin? A plus sur ayaas.net!

(ayaas)

Etole
Ball© ayaas.net, 24 août 2007 - Site personnel de jbmusumbi, o.m.i. Merci de votre précieuse collaboration