=/ Mbote Kinshasa 11.04.2010 /= Retour News - Lire commentaire Cybernaute
Eh oui, c’est le temps pascal. Il est vivant! Il est ressuscité! Et nous avec lui. Qui? Jésus. C’est de lui que je voudrais parler en ce deuxième dimanche de Pâques ou de la miséricorde divine. Et pourquoi? Simplement parce que des hommes et des femmes, adultes et enfants de plus en plus nombreux envahissent les églises de Kinshasa de manière impressionnante: ça chante, ça danse, ça crie. Et quand revient le calme je me dis: «Il était là au milieu d’eux»
(Jn 20, 19). Mais qui l’a reconnu? il y a tant de bruits qu’il est difficile d’écouter la voix secrète du coeur. Fallait-il encore qu’il montra ses mains et son côté pour y croire. Certains chrétiens se nourrissent de sa parole, d’autres essaient d’y noyer leurs chagrins! Parfois, je les vois rentrer chez eux tristes, découragés, souriants pourtant.
La passion de jouissance qu’est la tristesse souvent remarquable montre combien l’engouement pour la prière est pour bon nombre de personnes une gigantesque entreprise de défoulement bien qu’elle soit, au plan spirituel, une passion qui aide à s’affliger et à s’éloigner du mal présent. Entendons par tristesse: «État affectif pénible, calme et durable; envahissement de la conscience par une douleur, une insatisfaction, ou par un malaise dont on ne démêle pas la cause, et qui empêche de se réjouir du reste». Air triste d’une personne, c’est «l’attitude abandonnée, traits affaissés, regard sans éclat…». Cette attitude qui est le contraire d’allégresse, de gaieté, d’enjouement, d’entrain, de joie n’est-il pas loin d’une vraie expérience de la rencontre de Dieu? Jésus leur dit: «La paix soit avec vous! (…)Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur», nous dit Jean l’évangéliste.
Preuve d'authentique union à Dieu, la joie est l’une des manifestations de l’amour. On ne peut ni la produire ni la vouloir, car elle est un “fruit” et un don. En effet, la joie dont nous parlons n’est pas celle qui est causée par un objet de satisfaction extérieur à soi. Au contraire elle “vient de la communion avec Dieu et avec d’autres hommes, elle n’a rien à voir avec un enthousiasme superficiel, la griserie ou l’euphorie. Elle n’est pas surtout dans le sentiment, elle saisit l’homme tout entier, ses souffrances inclusivement. Elle ne se manifeste pas non plus en premier lieu dans le sentiment du moi, elle embrasse les autres hommes, elle est une expérience sociale” ( MULHEN H.). Tel est le témoignage éloquent que le monde d’aujourd’hui attend de ceux et celles qui pratiquent la prière. Le chrétien authentique «sent brûler dans son cœur la passion pour la sainteté de Dieu et, après avoir accueilli sa parole dans le dialogue de la prière, il la proclame par sa vie, ses lèvres et ses gestes». Il y aurait moins de souffrances dans ce monde si tous y arrivaient.
Certes, je n’irai pas jusqu’à prétendre que la prière de mon peuple est sans fruits à cause de l’incertitude croissante du lendemain. Chacun de mes séjours à Kinshasa me permet de m’émerveiller de la ferveur chrétienne. Mais j’ai à la fois le bonheur et le malheur d’habiter très proche d’une église paroissiale. Le bonheur, c’est que le son de cloche, le rythme de tam-tam et les chants m’invitent, à temps et à contretemps, à lever mon regard vers le ciel, vers l’auteur du mouvement. Tandis que le malheur, c’est la dispersion, la diminution de la capacité de me concentrer et de réfléchir. Il est même difficile de comprendre le contenu des chants parce que la vibration des instruments de musique dépasse généralement la voix de l’assemblée. Et quand cela dure trop longtemps, je me dis que le curé exerce son talent et les fidèles leur patience. Tous ont du temps. L’histoire du prophète Elie à l’Horeb (1 R 19) ne nous apprend-elle pas que Dieu se manifeste surtout dans le silence et la brise légère?
Vif est en moi le désir que s’améliorent les conditions de vie sociale de cette population. Le brouhaha de longues célébrations liturgiques? voilà l’ennemi! A plus sur le net!
(ayaas)
(Cybernaute, 13/4/10) - Ce n'est que ce matin que j'ai découvert ton message du 11 avril sur ayaas, où tu réfléchis sur les célébrations bruyantes, longues à Kin. Je sais, depuis un temps déjà, que tu n'apprécies pas fort CELA. Ta réflexion se fait plus profonde, pertinente... Et la question est là: comment aider tous ces chrétiens fervents à rencontrer leur Seigneur ? "Le Seigneur n'était pas dans le brouhaha, le tonnerre, mais dans la brise légère". (Si juste ! ) L'art de célébrer la Liturgie ne s'improvise pas. Se redire "qu'avant de s'adapter à une époque ou à une culture, la Liturgie doit s'ajuster profondément au mystère de Dieu lui-même. C'est de ce travail spirituel que peut jaillir la rencontre la plus pertinente et la plus féconde avec les attentes d'un temps et d'un lieu". (Père M. Rougé conférence du carême à N.D de Paris 10 ). J'ai vécu quelque chose de semblable au cours de la Vigile Pascale à Rochefort, où d'habitude la beauté, le sacré sont présents. Mais cette année ce fut plutôt le théâtre qui prévalut… danses indiennes, lectures faites par les enfants et des ados: inaudibles...! "Toutes ces réformes ne peuvent porter du fruit que si elles sont ordonnées à la réforme des coeurs. Si l'Eglise réforme la Liturgie, c'est pour laisser le Christ réformer nos vies; c'est aborder une question spirituelle, la question de notre participation à la victoire du Christ sur la mort et le péché, de notre accueil de sa Parole de grâce, de notre témoignage dans la cité..." (idem) Oui, ta réflexion nous conduit à nous poser des questions importantes.. MERCI. |