Logo AyaasBannière Ayaas

=/ Mbote RM 30.10.2010 /= Retour News

Aimer et combattre l'amour-marchandise

«Il y a quelque chose en plus. Grandissons ensemble». Tel est le mot d’ordre du rassemblement des enfants et des jeunes de l’Action catholique italienne (ACI) que Benoît XVI a rencontrés ce samedi 30 octobre sur la place Saint-Pierre, Rome. Ils étaient plus de 100 000, âgés de 6 à 18 ans, venus de toutes les régions du pays. L’oreille rivée à la Radio Vatican, je me suis laissé bousculer par l’une de trois questions posées au successeur de Pierre par les jeunes: comment apprendre à aimer aujourd’hui?

Le Pape a, entre autres, mis les jeunes en garde contre l'amour tel que promu par les médias et l'internet, réduit à une marchandise d'échange. «Vous ne pouvez pas et vous ne devez pas vous accommoder d'un amour réduit à une marchandise d'échange, à consommer sans respect pour soi et pour les autres, incapable de chasteté et de pureté: cela n'est pas la liberté (…)C’est une forme d’égoïsme, une illusion passagère, quelque chose qui vous entrave comme une chaîne, qui étouffe la pensée et la force de l’amour qui, lui, exige aussi des sacrifices», a-t-il martelé, tout à la joie de se sentir jeune parmi les jeunes.

place saint pierreTout en m'offrant l’image d’une jeunesse préoccupée par son avenir, la question combien complexe de ce jeune participant m’a fait penser à mes expériences d’enfance et à ce que j’ai appris pendant mes années d’enseignements et de voyages d’animation. Les jeunes d’aujourd’hui brûlent de cette passion qu’est le désir concernant l’avenir, «lorsqu'on désire acquérir un bien qu'on n'a pas encore, ou bien éviter un mal qu'on juge pouvoir arriver» (Descartes).

Il me semble qu’en désirant «plus» aujourd’hui, les jeunes de l’ACI faisaient allusion à l’amour qui est l’essence de la vie baptismale. En effet, de par les sacrements de baptême et de confirmation, Dieu se donne à nous et nous sommes appelés à nous donner, de façon toujours plus mûre, à Lui et au prochain, c’est-à-dire à nos frères et sœurs, surtout les pauvres. Pour qu’il soit vécu de manière authentique, l’amour envers Dieu (vertical) doit être un amour fondamental, radical et total, toujours plus grand et inconditionnel. Et celui envers le prochain (horizontal), vécu comme Dieu notre Père (universalité, désintéressement, héroïsme) et comme le Seigneur Jésus (aimer tous et chacun, aimer d’amour préférentiel les pauvres et aimer jusqu’à donner sa vie). Quelle exigence chrétienne!

Tout cela parait théoriquement bien beau, mais la pratique n’est pas si facile. La jeunesse en fait l’expérience. Ainsi, désirer «plus» et s’engager résolument dans le combat contre l’amour-marchandise dont parle Benoît XVI, c’est vouloir répondre concrètement au défi lancé quotidiennement par cette parole de Dieu: «Vous avez entendu qu'il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi je vous dis: Aimez vos ennemis, et priez pour vos persécuteurs, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux..." (Mt 5, 43-45). Si tous pouvaient s’y mettre sans résistance, notre monde gagnerait en justice et paix.

Il revient aux parents, aux éducateurs et aux pasteurs d’inventer d’autres moyens plus efficaces de coresponsabilité permettant d’éveiller davantage la conscience morale de ces jeunes assoiffés de croissance harmonieuse. Les passions de jouissance que sont l’amour et la joie «peuvent s’orienter vers les affections pures et légitimes de la famille, vers les amitiés bonnes et surnaturelles». C’est aussi cela «apprendre à grandir et à aimer». Une éducation trop basée sur le principe de «liberté» peut cultiver le libertinage et entraîner au laisser-aller. A plus sur ayaas.net!

(ayaas)

Etole
Ball© ayaas.net, 24 août 2007 - Site personnel de jbmusumbi, o.m.i. Merci de votre précieuse collaboration