Ayaas ancien logo  

mbote bonjour hi hola ciao

Retrouver nos Archives - Mon numéro eFax

Désert du Sahara occidental

Rome 9.11.2006 - Comme un arbre isolé en plein désert du Sahara

Crèche Laayoune

Salut de Rome où je suis rentré ce 7 novembre, comme prévu, un peu fatigué mais content d'avoir appris beaucoup de choses. Après Madrid et Barcelone, je me suis rendu à Laayoune, ville du Sahara occidental, via Las Palmas (Îles des Canaries, océan Atlantique) en compagnie de Fernando, provincial d'Espagne. C'était mon premier contact direct avec le désert du Sahara. Mon cours de géographie à l'école secondaire ne faisait pas imaginer une telle réalité.

Écorégion située dans la partie nord de l'Afrique, le désert du Sahara est le plus vaste désert du monde. Il divise le continent d'est en ouest et s'étend sur 11 pays: le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, Égypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Sahara occidental. D'origine arabe, le terme Sahara (Al-Saharra ou Ar-Sahhra) signifie désert ou steppe. Quant au climat, la zone côtière atlantique baignée par le courant froid des Canaries est soumise aux brises de mer et à quelques phénomènes de brouillards.

Ce territoire de 266 000 km² du nord-ouest de l'Afrique est bordé par le Maroc au nord, l'Algérie au nord est, la Mauritanie à l'est et au sud, tandis que sa côte ouest donne sur l'océan Atlantique. Voir carte ci-bas.

"Vaste territoire désertique, cette ancienne colonie espagnole n'a toujours pas trouvé de statut définitif sur le plan juridique, plus de trente années après le départ des Espagnols en 1975. Le Sahara occidental est effectivement en proie à un conflit reflétant à la fois la lutte de certains Sahraouis pour leur indépendance et la rivalité hégémonique du Maroc et de l'Algérie dans cette région... En 1982, la reconnaissance de l'indépendance du Sahara occidental par une majorité d'états africains et son adhésion à l'OUA, provoqua le départ du Maroc de l'organisation en 1985."

Route désert du Sahara
Mission catholique Laayoune
Trois confrères dont un préfet apostolique de Laayoune-Sahara exercent un apostolat de présence dans ce pays musulman depuis plusieurs années. Pendant notre séjour, 9 professeurs espagnols ont participé à la messe du samedi (en Espagnol), et 10  membres de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) à celle du dimanche (Espagnol-Anglais). On ne voit personne en semaine car il n'y a pas de chrétiens. Dans ce contexte, quelle est la raison d'être d'une mission catholique ou: «est-ce que ça vaut vraiment la peine d'être ici?»

"Tout dépend de la notion qu'on a de l'Église, du Corps Mystique, répond padre Rafael... C'est dans ce monde que nous sommes, tenant debout apparemment tout seul. Tout comme l'arbre isolé ou la source cachée, qui sont là pour fournir de l'ombre ou un peu d'eau à qui est dans le besoin, il y a quelqu'un qui essaie tranquillement d'apporter son grain du sable à cette dune de difficultés, de pauvreté et de punition. Malheureusement, cela ne se passe pas comme nous le souhaiterions: parfois nous en manquons, parfois nous en avons trop à notre goût." (Info OMI n° 453, avril 2006).

Désert du Sahara
Carte du Sahara occidental

Pour les Oblats d'Espagne, ça vaut la peine! Il s'agit d'une mission spéciale qui consiste à être témoin du Christ parmi les musulmans; une présence motivée par le dialogue interreligieux tant recommandé par l'Eglise et par le dernier chapitre général de notre Institut.

"Le dialogue avec les autres cultures et religions est une exigence de notre époque, et nous sommes appelés à développer une attitude d'écoute envers ce monde".

Avec un double sentiment j'ai quitté Laayoune. Tout d'abord le sentiment d'admiration envers ces confrères qui, apparemment, ne font rien mais ont des amis et sont heureux. Il faut un charisme spécial pour tenir bon. Puis la peur du néant. Mes sincères remerciements à ces braves missionnaires pour l'accueil et la joie de vivre en témoins de Celui qui les a appelés à sa suite.

Vue Tibidabo

Madrid 31.10.2006 - Une promenade sur la célèbre Rambla de Barcelone

Hola !

Ainsi se saluent les Espagnols. Ce mot n'a pas de correspondant en français. C'est à peu près la même chose que le hello anglais. On pourrait le traduire en français par salut parce que hola est moins formel comme salutation.

Autrement, on dit: buenos dias, le matin; buenas tardes, l'après-midi et buenas noches, le soir, et lorsqu'on va se coucher. Eh oui, tout se passe bien par ici, rien à me plaindre. Tout est grâce, n'est-ce pas?

Sainte Famille de Bordeaux
Odine & Chari

Dans ce monde, le chien mérite l'affection et le respect car il est un bon compagnon. Le plus amusant, c'est qu'il veut être porté sur les genoux comme un vrai bébé. Parfois, il dérange en aboyant chaque fois qu'il voit passer d'autres chiens à travers sa fenêtre. Et quand arrive l'heure de le faire promener à l'extérieur, il est le plus heureux. La maison n'est certes pas son milieu naturel.

Comme pour m'inciter à faire vivre ayaas, un visiteur m'a suggéré de parler longuement de ma visite à Barcelone. Pourquoi? Peut-être aime-t-il ce coin du monde. Même après deux séjours en 15 ans, je ne peux que partager quelques impressions d'ordre plutôt touristique.

Chose évidente, après une semaine de pluies à Madrid, je viens de jouir d'une semaine de soleil à Barcelone, à 4 ou 5 heures de train de la capitale. Ce précieux moment de relax m'a permis de me refaire et de découvrir la beauté culturelle de cette ville méditerranéenne qui garde jalousement l'héritage des jeux olympiques de 1992.

Les soeurs de la sainte famille de Bordeaux ont été très généreuses en m'accueillant dans une de leurs communautés, située au calme quartier appelé Sarrià.

   

Les rues piétonnières de Sarrià, avec leurs magasins caractéristiques et la variété de petits restaurants, font de cette zone un lieu de promenade délicieux. 

Sarrià a le grand avantage de pouvoir contempler la beauté surtout nocturne de la montagne de Tibidabo, au sommet de laquelle domine majestueusement la basilique salésienne du sacré-coeur. Le rêve de Don Bosco s'est réalisé grâce aux dons des fidèles et dévots.

On visite avec grande satisfaction la crypte (bas) et la basilique comme telle (haut) quand on connaît bien l'histoire vocationnelle de ce grand saint italien, amoureux de Dieu et amoureux de la jeunesse de notre monde et de tout temps.

De Tibidabo, la cime la plus élevée, on a une vue impressionnante de la ville.

Le voyage pour monter au parc d'attractions qui se trouve au sommet, possède un charme particulier. On y accède par "funicular", un tramway centenaire toujours en activité couvrant le dernier tronçon fort pentu de la montagne.

Tibidabo
Basilique sainte Famille

Quelques autres monuments. La "Sagrata Familia", la cathédrale en construction est autofinancée grâce aux dons des fidèles et dévots, et aussi, grâce aux entrées des visiteurs. "C'est effectivement le rêve de l'architecte Gaudi, l'oeuvre à laquelle il a consacré une grande partie de sa vie.

Au moment de sa mort, en 1926, le maître n'a pu voir qu'une des tours terminée. La poursuite du projet de Gaudi est devenue le symbole indiscutable de Barcelone, pas seulement à cause de ses dimensions spectaculaires mais aussi parce qu'il révèle l'esprit d'une ville obstinée, depuis toujours, à construire son avenir".

Ce qui est choquant ici, c'est un Jésus complètement nu sur la croix! L'artiste ne s'est jamais laissé intimider par les attaques viriles de l'épiscopat espagnol.

Rien ne sert à rappeler que l'Etat espagnol, à l'instar de certains pays européens, est en avance dans la légalisation de ce qui divise le monde actuellement, en l'occurrence le mariage homosexuel.

Au centre névralgique de la ville se situe la Place de Catalogne (Plaça de Catalunya). Elle possède un caractère central et elle relie la vieille ville à la nouvelle. C'est ici que commence la très célèbre Rambla, qui descend en pente doucement jusqu'à la mer.

L'univers de cette promenade est unique et coloré: le marché de la Boqueria où l'on trouve tous les fruits du monde, même le mangoustan, les kiosques de fleurs et une série d'attractions insolites.

Aucun touriste n'y passe sans offrir un sourire gratuit. Un homme assis dans son wc et lisant un livre, c'est un spectacle original.

Magie de Rambla
Monument à Colomb

A la confluence de la Rambla et de la mer se dresse le fameux monument à Colomb. Emprunter l'ascenseur pour accéder au Mirador de Colom offre une vue panoramique spectaculaire en raison de sa forme circulaire.

La place offre la possibilité de se promener sur la Rambla, l'avenue la plus emblématique de Barcelone, "pleine de magie et de couleurs, célèbre dans le monde entier pour son ambiance unique".

Mais rassurez-vous, ce n'est pas pour cela que je suis allé à Barcelone. J'ai eu le plaisir de découvrir l'hospitalité d'une famille espagnole. Tout est grâce. Que ladite famille, connue grâce à l'oeuvre missionnaire en Afrique, trouve ici l'expression de ma gratitude, avec l'assurance de ma prière.

OMI Pozuelo
Madrid 22.10.2006 - La persécution religieuse de Pozuelo, Espagne
Diego de Leon
Me voici rendu à Madrid depuis le 17 octobre, comme prévu, en route vers le Sahara occidental. Diego de León, tel est le nom de cette belle avenue où est implantée une des communautés oblates au service de l'administration provinciale et de la paroisse Virgen Peregrina. D'ici je vais souvent à la découverte d'autres communautés, à Madrid et hors de la capitale espagnole. Avec la pluie toujours au rendez-vous, en cette période de l'année. La délégation du Sahara dépendant de la province d'Espagne, le but de cette escale est de découvrir les priorités et les principales activités de nos missionnaires.
Tableau Martyrs de Pozuelo

J'essaie de m'adapter au rythme de vie d'ici. Les repas, par exemple, se prennent tard: 14h00 et 21h30. Il paraît que d'autres mangent plus tard.

Sans compter ceux qui travaillent ailleurs, il y a une quarantaine d'Oblats ici en Espagne. J'ai eu l'opportunité de visiter trois autres communautés: Valladolid, Pozuelo et Aluche. Le plus émouvant, c'est le contact avec la communauté de Pozuelo, le lieu où plusieurs missionnaires ont été persécutés à cause de la haine religieuse pendant les années 1936-1939. "Il est donc légitime de parler d'authentiques martyrs au sens propre du terme. Ainsi se sont exprimés les évêques espagnols, tout comme le pape Pie XI. Ainsi l'a aussi compris le bon peuple croyant, qui assistait aux évènements et qui espérait qu'un jour la sainte Eglise en reconnaîtrait officiellement le martyre."

"1936-1939, ces trois ans furent sanglants et douloureux pour l'Eglise d' Espagne. Dans cette persécution religieuse, on compta des milliers de morts, torturés et fusillés, parce qu'ils étaient croyants, ou parce qu'ils portaient la soutane ou l'habit religieux : prêtres ou religieux travaillant dans les paroisses, les centres d'enseignement ou les hôpitaux, ou laïcs fervents, convaincus de leur foi en Jésus Christ."

"Dans ce climat général de haine et de fanatisme antireligieux, prennent place nos 22 Oblats martyrs, exécutés dans des circonstances identiques: le Père Provincial, 4 Pères, 3 Frères et 15 scolastiques de la communauté de Pozuelo de Alarcón (Madrid). Les missionnaires Oblats de Marie Immaculée s'étaient établis dans le quartier de la gare de Pozuelo en 1929." Pour plus d'information, voir omiworld.

Salle prison Pozuelo

Rome 01.10.2006 - Quand commence la vie spirituelle personnelle ?
Bon début du mois d'octobre! Le temps commence à changer par ici, il fait plus frais, et c'est agréable de contempler la nature et de rêver sans s'abîmer dans la contemplation. A deux jours de la fin de notre session, je me sens mieux. L oin de te faire part de mes préoccupations, je t'invite plutôt à sourire, comme la petite Mira. Le monde en a besoin.
Mira

L'idée de te parler de Mira me vient au moment où je reçois sa lettre dans laquelle elle me rappelle que je lui avait promis une réponse, via ayaas, à la question qu'elle m'avait posée pendant les vacances d'été.

Mira a 14 ans. Je l'ai rencontrée, comme par hasard, à Kikwit, RDC, en août 2006. Curieuse fille, elle m'a posé plusieurs questions, entre autres, celle-ci: "Quand commence la vie spirituelle personnelle?" 

En réalité, cette question venait de son enseignant de religion. Elle voulait que je lui fournisse des éléments de réponse. Mais j'étais incapable d'aborder ce genre de sujet avec elle.

Heureuse coïncidence, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus dont nous célébrons la mémoire aujourd'hui, dit dans son ouvrage autobiographique: "Au commencement de ma vie spirituelle, vers l'âge de 13 à 14 ans..."

Chose évidente, toute vie chrétienne remonte au baptême. Mais la vie spi­rituelle chrétienne personnelle ne commence que par sa prise de conscience et par un ferme en­gagement dans l'Église. Entendons par la vie spiri­tuelle cet “itinéraire de fidélité croissante, où la personne consacrée est conduite par l'Es­prit et configurée par lui au Christ, en pleine communion d'amour et de service dans l'Église” (Vita Consecrata, 93). Cette vie spiri­tuelle a un commencement, le moment "où la per­sonne humaine se considère responsable de sa vie devant Dieu, c'est-à-dire lorsque la relation à Dieu devient une re­lation totale de per­sonne à personne", précise Charles-André Bernard dans Traité de théologie spirituelle ( Cerf, 1986). Combien connaissent cet instant pré­cieux de leur vie ?

Dans ta prière, merci de penser spécialement à l'un des visiteurs de ayaas. Il subira une intervention chirurgicale le 3 octobre. Du reste, voir la mise à jour de mon Travel Plans. A très bientôt!

Rome 16.09.2006 - La vie est beauté que j'admire

Ouf ! Les temps sont durs. Mais la vie est beauté que j'admire. Parfois, je suis submergé de travail, absorbé dans la lecture des tas de dossiers à traiter. Peu d'espace donc à l'animation virtuelle sur ayaas.

Nous avons vécu une très bonne retraite à Fara Sabina sur le charisme religieux. Ai-je vraiment quelque chose à porter aux autres? Pas facile de se concentrer totalement quand le coeur est envahi par plusieurs préoccupations. Elles devraient pourtant aider à prier. La fidélité est-elle possible? N'hésitez pas à donner votre avis ici.

Encore deux semaines de session plénière. Puis viendra le temps de repartir, comme d'habitude. A découvrir cette fois-ci: le Sahara occidental via l'Espagne. Merci de votre compagnie et à très bientôt sur le net.

Rose Fara Sabina