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Homélie de circonstance / Mot de remerciement / Compte rendu

Foyer marial Kinshasa
Prière Edy

La fête était belle (E-mail du 2 nov. 2005 19:23)

"J'ai bien fêté mon jubilé d'argent de vie religieuse, dimanche dernier. Le cardinal Archevêque de Kinshasa a participé à la messe que j'ai moi-même présidée. Messeigneurs Dominique Bulamatari, Joseph Kesenge et Louis Mbwôl m'ont aussi honoré de leur présence, ainsi qu'une quinzaine de confrères prêtres, et plus de 500 personnes, tous heureux de s'unir à mon action de grâces. Je vous en enverrai bientôt le compte rendu rédigé par un membre du Foyer marial. Je sais que vous aussi, vous m'avez accompagné de vos ferventes prières. Je vous en remercie de tout coeur."

Edy Th. MABILA, omi (Edy René Freeman) Prêtre, à cause d'un certain Jésus Procure St Eloi * B.P. 8251 Kinshasa 1 RDC Tél. : (00243) 81 520 1958

Edy Mabila (g)
OMI
Cardinal Frédéric Etsou
Messe
Eucharistie
Edy
Edy
Foyer marial

Homélie

prononcée par Macaire Manimba, le 30 octobre 2005

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  • Eminence Cardinal Archevêque de Kinshasa,
  • Excellence Monseigneur Evêque d'Idiofa,
  • Excellence Monseigneur Evêque Emérite de Molegbe,
  • Excellence Monseigneur Evêque Auxiliaire de Kinshasa,
  • Révérends Pères, Révérendes Mères Supérieurs majeurs,
  • Révérends Pères, Révérends Abbés,
  • Révérends Frères, Révérendes Sœurs,
  • Distingués invités,
  • Bien chers frères et sœurs dans le Seigneur,

L'événement de ce jour éveille en moi une résonance particulière, tant il me donne l'occasion de célébrer la vie consacrée et de rendre grâce à Dieu pour le don de la vocation oblate. Je ressens en ce moment une certaine fierté d'être le confrère d'un Oblat qui, 25 ans durant, est resté, malgré tout, persévérant et fidèle à sa vocation religieuse et missionnaire. Pour ceux qui ne le savent pas, Edy Mabila appartient à ce groupe d'hommes, fous de Dieu, auxquels l'Eglise « a confié les plus chers intérêts de son divin époux, pour qu'ils s'efforcent de ramener par leurs paroles et par leurs exemples la foi prête à s'éteindre dans le cœur d'un grand nombre de ses enfants » (Préface de nos Constitutions et Règles).

Au témoignage de mon admiration, je tiens à ajouter celui de ma reconnaissance pour tout ce que Edy Mabila représente pour moi et pour notre Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée : un homme de foi, un esprit libre, un cœur d'or et généreux, qui sait s'émouvoir devant le triste sort de « ceux dont la condition réclame à grand cri une espérance que seul le Christ peut donner en plénitude » (Art. 5 de nos Constitutions et Règles). N'est-ce pas pour cela qu'il se fait lui-même appeler « Prêtre à cause d'un certain Jésus » ?. Je dois dire qu'à ce point de vue, les différentes initiatives prises par le père en faveur des plus démunis, les prisonniers notamment, m'ont toujours édifié, surtout qu'elles rentrent dans ce que nos Constitutions et Règles présentent comme l'une des caractéristiques principales de notre apostolat, à savoir : « Lorsque les conditions de la société sont telles qu'elles rendent difficile un authentique travail d'évangélisation, il s'agit d'améliorer le sort des hommes… » .

Je n'ai certainement pas l'intention de faire ici l'éloge de la personne ou de l'action apostolique du bon père Edy Mabila. Je voudrais plutôt vous proposer, par rapport à l'événement de ce jour, une modeste méditation de la Parole de Dieu à peine entendue dans l'espoir que celle-ci nous inspire la charité, le détachement et nous pousse à être solidaires des pauvres de notre société.

L'évangile de ce jour est un texte tiré de l'Evangile selon saint Matthieu. C'est le récit de la rencontre de Jésus avec un jeune homme riche dont le nom ne nous est pas révélé. Chaque fois que je lis ce texte, je pense à une émouvante confidence d'un père de famille de la paroisse Saint Eloi. Son fils venait de piquer une forte crise d'hypertension alors qu'il se préparait à fêter ses trente-deux ans d'âge. Il envoya son père me demander de lui trouver un passage d'évangile capable de calmer sa conscience troublée. Ce papa m'expliqua ainsi le désir de son fils : « Mon fils, dit-il, a peur de l'avenir. Il a l'impression qu'à sa mort Dieu l'enverra en enfer. Il a besoin d'une parole qui le rassure. Trouvez ce passage, je vous en prie ». On retrouve la même inquiétude chez le jeune homme riche dont nous parle Matthieu : « Maître, que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle ? ». Nous abordons avec cette question le problème qui est au cœur du christianisme : connaître la vérité et goûter à la vie même de Dieu (la vie éternelle).

Le jeune homme riche de l'Evangile devait être un jeune pharisien entreprenant et très attaché à la Loi , dans le sens où le dit la première lecture : « Ecoute, Israël : Yahvé notre Dieu est le seul… Tu aimeras Yahvé ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir… Tu garderas les commandements de Yahvé ton Dieu, ses instructions et ses lois qu'il t'a prescrites, et tu feras ce qui est juste et bon aux yeux de Yahvé afin d'être heureux, et de prendre possession de l'heureux pays dont Yahvé a juré à tes pères ». Mais ce n'est pas tout. Dans son attachement à la Loi , il ne s'est pas contenté d'aimer théoriquement un Dieu qu'il ne voyait pas ; il est allé encore plus loin : il ne tuait pas, ne commettais pas d'adultère, ne volait pas, ne portait pas de faux témoignage, honorais son père et sa mère, bref, il aimait son prochain comme lui-même.

Le jeune homme riche a poursuivi sans trêve cet idéal en observant à la lettre les commandements de Dieu : « Tout cela, dit-il, je l'ai observé ; que me manque-t-il encore ? ». On peut dire, à la lumière de l'évangile, qu'il était un modèle de vie, un exemple à suivre. Seulement voilà, il lui manquait le courage de faire le pas successif, c'est-à-dire le détachement pour parvenir à la perfection. Au fait, le jeune homme avait de grandes richesses. S'en détacher, s'en débarrasser lui coûtait trop cher. « Entendant cette parole, le jeune homme s'en alla contristé, car il avait de grands biens ». L'on comprend l'étonnement du Seigneur lorsqu'il déclare à ses disciples qu'« il sera difficile à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux ».

On pourrait ainsi croire qu'avec ces paroles Jésus vient jeter l'anathème sur tous ceux qui possèdent de grandes richesses. Eh bien, non. La richesse en soi n'est pas mauvaise. L'Ancien Testament la présente déjà comme un signe de la générosité divine ; un élément de la plénitude de vie que Dieu ne cesse de promettre à ses élus. Abraham, Isaac, Jacob, Job, les saints rois comme David, Josaphat et Ezéchias sont tous des riches. Les tribus d'Israël font même état de leur prospérité : Ephraïm reçoit les bénédictions des cieux (pluie), des abîmes (sources), des mamelles et du sein. Juda peut être fier : « ses yeux sont troubles de vin, ses dents, blanches de lait » (Gn 49,12). Sur la terre que Yahvé promet à son peuple, rien ne doit manquer (Dt 8,7-10). C'est que la richesse la plus matérielle est déjà un bien dans la mesure où elle assure en particulier une précieuse indépendance, préserve d'avoir à supplier, et procure des amitiés utiles (Si 13,21).

Mais dans la littérature biblique, la richesse est un bien relatif et secondaire. La Bible lui préfère par exemple la paix de l'âme, la bonne réputation, la santé, la justice. Elle en discerne aussi les limites parce qu'il y a des choses que les riches eux mêmes ne peuvent pas acheter : l'exemption de la mort, l'amour, la fidélité et moins encore le salut éternel. Et comme pour le jeune homme riche, la richesse devient parfois la cause de soucis inutiles.

Dans le récit évangélique, Jésus révèle dans le Royaume des Cieux le trésor sans prix qui vaut qu'on lui sacrifie tous ses biens, faisant du coup apparaître l'inconsistance de toutes les richesses humaines, si hautes soient-elles. Ainsi dit-il au jeune homme riche : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens et suis-moi ». J'ai dit à peine que la richesse n'est pas en soi mauvaise. Mais si Dieu enrichit ses amis, il ne s'ensuit pas que toute richesse soit le fruit de sa bénédiction puisqu'il existe des fortunes injustes, ce que nous appelons ici au Congo biens mal acquis, amassés par des gens impies et égoïstes, qui excluent la masse des hommes des biens de la terre, qui excluent le petit peuple du partage du gâteau.

Cette exclusion est à la base de disparités et injustices qu'on observe au sein de notre société : les riches deviennent toujours plus riches et les pauvres, toujours plus pauvres. Je souhaite que cette situation anormale ne perdure pas. Comme vous le savez, il y a une révolution dans l'histoire, toutes les fois qu'une dimension essentielle à l'homme a été méconnue. Or, ce qu'il y a de plus profond dans l'homme congolais, c'est le désir de vivre dans la dignité. Et cette aspiration semble aujourd'hui méconnue. Dans ce contexte, la mission des chrétiens devrait consister à prendre ouvertement un engagement ferme en faveur de la promotion humaine, en faveur de la justice, en se montrant capables de dénoncer, au nom de leur foi, toutes les injustices entretenues par une politique obscurantiste destinée à ruiner la dignité de la personne humaine. Pour le faire, nous n'avons d'autorisation à recevoir de personne.

Au dernier concile du Vatican, les pères ont beaucoup parlé du devoir d'interpréter « les signes des temps », c'est-à-dire de lire les appels de Dieu à travers les besoins des hommes. Aujourd'hui, que se passe-t-il ? Il se passe ceci d'anormal que trop d'hommes, trop de femmes et d'enfants congolais croupissent dans la misère. Nous devons à travers cette souffrance lire un message du Christ qui veut que tous les hommes vivent heureux. Vivre heureux au Congo, cela est possible, à condition que tous, quelle que soit notre situation, nous acceptions de renoncer à quelque chose : à la paresse, à l'orgueil, à l'égoïsme, à la corruption, et même à la richesse.

Et je précise tout de suite. Renoncer à la richesse, ce n'est pas forcément ne plus faire acte de propriétaire. L'Evangile ne veut pas qu'on se débarrasse de sa fortune comme d'un poids encombrant, il demande de la distribuer aux pauvres. La vraie richesse n'est finalement pas celle qu'on possède mais celle qu'on donne, car ce don appelle la générosité de Dieu et permet au riche lui-même d'expérimenter qu'il y a « plus de bonheur à donner qu'à recevoir » (Ac 20,35).

Pour terminer, je crois fermement que c'est en étant solidaires des pauvres, en travaillant à l'amélioration de leur sort que nous pouvons espérer que Dieu nous ouvrira la voie difficile du salut. Voilà la grande récompense promise à ceux qui acceptent d'emprunter le dur chemin du détachement.

Père Macaire Manimba, omi.

Homélie prononcée à l'occasion du jubilé d'argent de vie religieuse du père Edy Mabila, omi., ce 30/10/2005.

 

Mot de remerciement

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  • Eminence,
  • Excellences,
  • Cher Père provincial,
  • Chers confrères Oblats,
  • Messieurs les Abbés,
  • Révérendes Soeurs
  • Bien chers frères et sœurs,
  • Mes chers parents et amis,
  • Distingués invités,

Il y a vingt-cinq ans que le Bon Dieu m'a tendu la main, sans aucun mérite de ma part. Par son fils Jésus, il m'a fait le don précieux de la vie religieuse, dans la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée. Aujourd'hui il nous a permis de commémorer cet événement qui a changé radicalement le cours de ma vie. Je voudrais commencer ce mot de remerciement en laissant parler les versets 12,13 et 14 du psaume 115 que je récite depuis mon ordination sacerdotale au début de chaque célébration eucharistique:

« Comment rendrai-je au Seigneur tous les biens qu'il m'a fait ? J'élèverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom du Seigneur, je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple ».

Même si c'est par des chemins difficiles, détournés et inattendus que Dieu m'a conduit, je ne peux pas ne pas le bénir, car tout est grâce et tout concourt au bien et au salut de ceux que Dieu aime… Et je sais qu'Il m'aime. L'amour qu'il me porte ne dépend sans doute pas de ce que je suis ni ce que j'ai pu faire. . En entrant chez les Oblats, je n'avais aucun rêve, mais tout simplement un grand désir de Le servir, Lui, le seul Maître.

Même si je n'ai rien fait de spécial, d'extraordinaire ; même si, en ce moment précis, je suis bien conscient de mes faiblesses, de mes limites, de mes faux pas ; même si je peux rester inquiet des grâces gâchées, des opportunités ratées, des tournants mal pris, je suis convaincu que cela ne peut altérer notre joie commune en ce jour du jubilé où nous célébrons d'ailleurs, non pas ma propre fidélité, mais la fidélité de Dieu, Père plein de tendresse et de miséricorde. Je crois que son amour infini m'aidé à être plus vrai, plus libre, plus engagé dans mes différents ministères. Vraiment, il est juste et bon de faire de ce jubilé une occasion, non seulement de reprendre conscience du don de Dieu qu'est la vie religieuse, mais aussi et surtout de lui en rendre grâces et de l'en bénir dans la joie, avec et comme la Vierge Marie , notre bonne Mère du ciel : « Mon âme exalte, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur. Car le Seigneur fit pour moi des merveilles. Saint est son nom. »

Après Dieu, je dois remercier infiniment et affectueusement mes parents qui sont parmi nous. Ils m'ont donné la vie, un foyer heureux, une éducation de base solide et chrétienne, et m'ont soutenu en toutes circonstances. Je leur dois ma vocation. Je pense à toute ma famille biologique, et à tous ceux et celles qui font désormais partie de mon cercle restreint. Je pense particulièrement à papa Pascal Kinduelo. Il sait pourquoi.

Je remercie aussi, de façon particulière, ma famille religieuse, la province oblate du Congo et mes confrères oblats d'ici et d'ailleurs, avec qui j'ai appris à faire tous les jours l'expérience merveilleuse de la mission, du partage et de la fraternité. Permettez-moi de citer, au moins, quelques noms : Loriot, qui a déjà rejoint la maison du Père. Il était pour moi plus qu'un ami. Mgr Louis Mbwol, mon ancien maître des novices. Premier oblat congolais, c'est lui aussi le premier qui m'a appris à aimer les Oblats, et le P. Macaire, notre nouveau provincial qui a accepté de prononcer l'homélie de cette eucharistie, et qui aime m'appeler affectueusement : « y'Edy », depuis que nos chemins se sont croisés.

J'exprime ma vive et respectueuse reconnaissance à son Eminence Mr le Cardinal, Archevêque de Kinshasa. Il m'a fait confiance en me confiant beaucoup de responsabilités pastorales dans son diocèse où j'ai écrit les belles pages de ma vie de religieux missionnaire : d'abord comme aumônier des prisons civiles et militaires, Vice- président de la commission diocésaine Justice et Paix et membre du Conseil presbytéral, ensuite comme curé de la paroisse st Eloi, enfin professeur, depuis 6 ans déjà, au grand séminaire diocésain St Kaggwa. Aujourd'hui il me fait le grand honneur d'assister à la messe de mon jubilé.

Merci cordial à ses Evêques auxiliaires, particulièrement Mgr Dominique qui a présidé cette eucharistie et Mgr Daniel qui m'a toujours été très proche. Merci cordial aussi à Mgr Joseph Kesenge, membre d'honneur du Foyer Marial de Kinshasa, comme ses deux confrères dans l'épiscopat précités.

J'ai une très grosse dette de reconnaissance envers tous les membres du Foyer Marial de Kinshasa qui est devenue ma deuxième vocation. Ce sont eux qui ont organisé cette fête et tout financé. Je remercie particulièrement son président, Mr Crispin Diosse Tshibanda pour ses bonnes paroles, le vice-président, Mr Nzembele Alphonse, qui m'est attaché depuis St Eloi, le couple doyen, Mr et Mme Kalala, les deux autres couples co-fondateurs : les Buzangu et les Ngoie, et les responsables des différents services, notamment celui de la liturgie que préside avec compétence les Kitenge. Tous les membres du Foyer marial, sans exception, ont tout fait pour que cette fête soit belle. Bamama ya FM, bapapa ya FM, bajeunes ya FM, bo za likolo. Je suis très fier de vous.

Je suis aussi obligé envers quelques amis de la prison réunis dans FRACAP asbl, une association privée des fidèles catholiques qui se mobilisent jour et nuit pour la dignité et le bien-être de nos frères et sœurs en prison. Je salue leur présence et l'engagement personnel de leur Présidente, Mama Martine Gulungana, et celui de tous les autres bienfaiteurs qui ont contribué financièrement et spirituellement à la préparation de mon jubilé d'argent.

Je témoigne de ma profonde gratitude envers la chorale Notre-Dame de l'Espérance qui ont tenu à chanter la messe du Jubilé de leur ancien Curé, les jeunes du groupe vocal de Limete, qui, au nom du bon voisinage, nous berceront bientôt de musique classique, pendant le repas, et les jeunes de la paroisse St Albert et leur curé : les acolytes et les autres préposés au service du protocole.

Mes remerciements les plus fervents et les plus cordiaux se portent vers vous tous, amis et connaissances : confrères dans le sacerdoce, révérendes sœurs, collègues professeurs, mes chers étudiants et distingués invités. Vous avez bien fait de venir partager notre joie et notre prière d'action de grâce. Vous êtes des personnes sur qui l'on peut compter. Je crois en votre amitié. Je sais qu'elle est forte, sincère et profonde.

Mon ultime mot de gratitude va bien entendu à papa Rufin, Directeur du Centre Nganda. Sa bonté nous a permis de nous retrouver dans ce beau cadre. Que Dieu vous bénisse abondamment.

Edy Th. MABILA, OMI

Centre Nganda (Kinshasa), 30 octobre 2005


 

Compte rendu

préparé par Denise Ngalula pour la Revue du Foyer Marial

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Au Jubilé d'argent du P. Edy, nous avons bien jubilé !

Dimanche 30 octobre 2006, dans la chapelle du Centre catholique Nganda, à Kinshasa (RDC), le Révérend Père Edy Th. Mabila, Oblat de Marie Immaculée, Responsable national du Foyer marial en RDC et Père spirituel du FM de Kinshasa, a célébré son jubilé d'argent de vie religieuse. La messe qu'il a lui-même présidée, en présence de son Eminence le cardinal Frédéric Etsou, archevêque de Kinshasa, et de leurs excellences Messeigneurs Louis Mbwôl, Evêque d'Idiofa, Joseph Kesenge, Evêque émérite de Molegbe et Dominique Bulamatari, Evêque auxiliaire de Kinshasa, a été concélébrée par une quinzaine de prêtres, avec la participation d'une foule nombreuse d'amis et connaissances, et de tous les membres du Foyer marial de Kinshasa, évaluée à plus de 500 personnes.

Après la proclamation de l'Evangile, le P. Edy a renouvelé ses engagements religieux d'obéissance, pauvreté et chasteté, avant que les membres du Foyer Marial de Kinshasa ne fassent leur consécration : 16 pour le 1er degré, 11 pour le 2 e degré et 10 pour le 3 e degré.

Dans l'homélie qu'il a été prononcée, le P. Macaire Manimba, nouveau Provincial des Oblats de la RDC., nous a dit sa « fierté d'être le confrère d'un Oblat qui, 25 ans durant, est resté, malgré tout, persévérant et fidèle à sa vocation religieuse et missionnaire. Il a présenté le P. Edy comme appartenant à «ce groupe d'hommes, fous de Dieu, auxquels l'Eglise a confié les plus chers intérêts de son divin Epoux, pour qu'ils s'efforcent de ramener par leurs paroles et par leurs exemples la foi prête à s'éteindre dans le cœur d'un grand nombre de ses enfants ». Au témoignage de son admiration, le P. Provincial a tenu à ajouter celui de  sa reconnaissance pour tout ce que Edy Mabila représente pour lui et pour la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée : « un homme de foi, un esprit libre, un cœur d'or et généreux, qui sait s'émouvoir devant le triste sort de ceux dont la condition réclame à grand cri une espérance que seul le Christ peut donner en plénitude… ». Le P. provincial a en outre affirmé que les différentes initiatives prises par celui qu'il a appelé « le bon Père Edy » en faveur des plus démunis, les prisonniers notamment, l'ont toujours édifié, surtout qu'elles rentrent dans ce que leurs Constitutions et Règles présentent comme l'une des caractéristiques principales de l'apostolat oblat.

Mgr Dominique Bulamatari qui a reçu les engagements des membres du Foyer marial de Kinshasa s'est adressé particulièrement aux nouveaux consacrés. Tout en les félicitant chaleureusement, au nom de l'Eglise, pour cet acte de foi, d'espérance et de charité à l'égard des prêtres, il les a exhortés à vivre pleinement leurs promesses et à être «les meilleurs chrétiens » de leurs paroisses, « les paroissiens très fidèles à la messe dominicale et autres activités paroissiales ». Il nous tous exhortés à être humbles comme la Vierge Marie , pour éviter la tentation du sectarisme. Car le FM est une œuvre d'église et tous ses membres doivent faire corps avec les autres chrétiens et communautés ecclésiales. Aucune de ses activités ne peut se faire en marge de la paroisse.

Pour sa part, Mr Crispin Diosse Tshibanda, Président du FM de Kinshasa, a notamment fait l'éloge du Jubilaire du jour pour sa fidélité, sa disponibilité, son amour de l'Eglise et du Foyer marial. Il l'a aussi remercié pour les multiples services rendus au Foyer marial de Kinshasa dès le début. Il a exhorté les membres du Foyer marial à « plus d'engagement, de persévérance et de régularité à nos réunions de prière », car « la fidélité dans nos engagements et le don de nous-mêmes, a-t-il martelé, rendent plus puissante et agissante la prière que nous adressons à Dieu, avec la Vierge Marie , Mère et modèle de l'Eglise, pour nos prêtres et pour la sanctification de tout le peuple de Dieu.» Concrètement, il nous a invités à parrainer ou à prendre en charge des séminaristes ou des aspirants à la vie religieuse du diocèse de notre choix.

Le P. Edy, profondément ému par toutes ces bonnes paroles, n'a eu qu'un mot de remerciements qu'il a commencé en laissant parler les versets 12,13 et 14 du psaume 115 :

« Comment rendrai-je au Seigneur tous les biens qu'il m'a fait ? J'élèverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom du Seigneur, je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple ».

En fait, il a remercié infiniment Dieu pour le don précieux de la vocation religieuse et missionnaire, même si c'est par des chemins difficiles, détournés et inattendus qu'il l'a conduit ; ses parents qui étaient parmi nous ; sa famille religieuse, la province oblate du Congo et ses confrères oblats d'ici et d'ailleurs, notamment le P. Macaire Manimba, Supérieur provincial et Mgr Louis Mbwol, son ancien maître de novices ; les membres du Foyer marial de Kinshasa qui est devenue sa « deuxième vocation » et dont il est très fier ; et toute l'assemblée venue partager sa joie et sa prière d'action de grâce. De façon particulière, le P. Edy a exprimé sa vive et respectueuse reconnaissance à son Eminence Mr le Cardinal, Archevêque de Kinshasa. qui lui a fait le grand honneur d'assister à la messe de son jubilé, après lui avoir confié beaucoup de responsabilités pastorales dans son diocèse où il a écrit les plus belles pages de sa vie de prêtre-religieux missionnaire 

Ce dernier a tenu aussi à prendre la parole, avant la bénédiction finale, pour exprimer à notre Père Spirituel ses chaleureuses félicitations et le merci de l'Eglise. Il nous a révélé qu'il avait été le « vicaire » du P. Edy à la prison centrale de Makala et s'était bien rendu compte combien le P. Edy se démenait jour et nuit pour rendre service à ces pauvres malheureux. Il l'a présenté comme « l'homme de Dieu  au service se son peuple». Invoquant avec joie le souvenir de la première veillée eucharistique faite dans sa chapelle privée au Centre Lindonge, notre Archevêque, très applaudi, a encouragé les membres du FM à persévérer dans qu'il a appelé la « pastorale de la prière », « la plus grande pastorale qui puisse exister ». Il a dit que le Foyer pouvait toujours compter sur son soutien indéfectible et sa sollicitude paternelle.

La messe qui a commencé à 10.00 s'est terminée à 13 heures, bien animée par les jeunes de la chorale Notre-Dame de l'espérance de la paroisse St Eloi qui ont tenu à faire plaisir à leur ancien Curé. Un repas de fête, bien agrémenté par une bonne musique classique des jeunes de la paroisse St Dominique, a clôturé en toute beauté cette grande célébration du Jubilé d'argent de vie religieuse de notre « bon Père Edy » (pour reprendre l'expression du P. provincial) qui nous a permis de commémorer aussi le 11 e anniversaire du FM de Kinshasa. Et c'est seulement vers 17.00 que nos invités ont commencé à rentrer chez-eux, heureux d'avoir partager notre joie. Vraiment la liturgie était bien préparée (coup de chapeau au couple Kitenge !) et la fête très belle (merci à tous nos membres). Et toute émerveillée, j'en rends grâce au Seigneur.

Denise Ngalula

Kinshasa, 5 novembre 2005