Pourquoi
le Père Homery a-t-il préféré nous appeler Filles et non sœurs?
Tout simplement
pour marquer la différence entre les dames. Il disait à ses filles:
"ne faîtes point les dames" (le mot dame veut dire femme mariée,
femme de haut rang, femme très élevée). Le fondateur en appelant ses
sœurs des filles voulait qu'elles soient réellement des servantes et
non des dames. Ainsi, le Père Homery leur remet un tablier, symbole
d'une vie d'humilité et de service. Il disait: "vous êtes les
servantes des enfants et des Pauvres; les servantes de Jésus-Christ".
Aujourd'hui, pour commencer notre vie dans la congrégation, ce n'est
plus le tablier qu'on nous remet mais l'icône de Jésus serviteur
(Jésus qui lave les pieds de ses disciples) cette icône
chacune l'a dans sa chambre et on la retrouve aussi dans chacune de
nos chapelles. Nous vivons notre vocation à la suite de Jésus-Serviteur.
Pourquoi
Filles du Cœur Immaculé de Marie?
Nous ne sommes pas
une congrégation mariale. Le fondateur avait une dévotion très importante
à Marie mais toute la vie religieuse qu'il propose à ses sœurs n'est
pas centrée sur Marie, c.à.d vivre la chasteté, la pauvreté, l'obéissance
comme Marie. Pour nous, quelle que soit notre dévotion à Marie, tout
se justifie par le Christ Serviteur. Marie est notre Mère, elle est
là pour nous introduire dans le mystère de Jésus-SERVITEUR.
Ce nom nous vient
aussi de nos premières sœurs. Parmi les premières filles qui étaient
allées chez le P. Homery, trois (Toussainte Bertin en 1811; Olive Josselin
1814 et Marie Saiget en 1820) étaient dans la congrégation des Filles
du cœur Immaculé de Marie (un institut séculier fondé en 1790 qui
avait échappé à la dispersion des congrégations religieuses lors de
la révolution française de 1789.
"Filles de
la providence" (Divine) a été ajouté plus tard afin de faire la
différence avec une autre congrégation de la Région qui portait le nom
de Providence. Nous avons encore la même confusion à Kikwit avec les
sœurs de la providence de champion. Voilà pourquoi nous préférons le
nom des sœurs de Créhen.
Pourquoi
filles de la Divine Providence?
Providence, c'est
une manière d'être de Dieu, comme Amour, Tout-Puissant; Providence ou
Dieu, Protecteur, Divinité, Etre suprême. (De ce mot vient le verbe
prévoir qui veut dire voir auparavant; pourvoir = assurer, subvenir;
porter secours, assister, voir en faveur de quelqu'un).
Une
expérience de Dieu
Ce qui est à l'origine
de notre congrégation, c'est la voix de Dieu entendue par le Fondateur
dans l'Eglise: "COMMENCE MON ENFANT, LA PROVIDENCE
VIENDRA A TON SECOURS".
Après plusieurs
années de recherche dans la solitude, la prière, la soumission, Guy
Homery reçoit à 40 ans la confirmation de la part de Dieu et va immédiatement
se mettre à l'œuvre. Confiant dans le secours de la providence, il va
mettre toutes ses énergies, tout son savoir-faire, tout son courage
pour réaliser le dessein de Dieu.
Le Père fondateur
a réellement fait l'expérience de l'aide de la providence. Ce n'est
pas qu'il ait été préservé de toute adversité (infortune, malheur, tribulations,
ennui). Mais quand il commence, sa bourse est vide; il a connu beaucoup
d'échecs, d'incompréhensions, de difficultés de tous genres mais malgré
cela sa confiance était ferme en Dieu. Son œuvre ne se réalisera qu'avec
l'aide de la Providence. Il a fait l'expérience que Dieu sera avec lui
dans les contrariétés, les difficultés de la vie.
Voici un exemple
frappant du secours de la Providence. Un soir pendant qu'il était en
oraison dans sa chambre, il eut une distraction qui le rendit quelque
peu malheureux. Il imaginait voir un monsieur qu'il connaissait à peine
car il l'avait vu une fois seulement et cela faisait plus d'un an. Il
le voyait en agonie, couché sur son lit. Il lui semblait entendre une
voix intérieure qui lui disait: "La veuve de cet homme qui va mourir
te sera d'un grand secours pour l'entreprise que tu médites". Il
s'emporta contre lui-même et demanda pardon à Dieu pour cette distraction
tout en s'efforçant de la chasser de son esprit. Quatre jours plus tard,
il reçut une lettre qui lui annonçait la mort de l' homme et l'invitait
à assister au relevé du deuil! Rendu au lieu du deuil, il n'osa pas
parler de son rêve (par peur d'être traité de fabulateur, menteur ou
cambrioleur). Il exposa plutôt son projet et parla de la maison qu'il
avait commencée pour cette cause. La dame lui dit: "je souhaite
bien que vous réussissiez. Pour ce qui est de moi, je ferai mon possible
pour vous aider….". L e P. Homery n'avait rien demandé à la dame
mais elle l'aida beaucoup.
Maison
de Providence
Notre fondateur
n'a pas écrit de traité sur la Divine Providence mais sa vie et son
œuvre sont l'illustration du passage évangélique qui nous exhorte à
l'abandon à la providence: "Ne vous inquiétez pas … votre Père
céleste sait … cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice…."
(Mt 6, 25-34; Lc 12, 22-32)). Tout ceci justifie notre nom de Filles
de la Divine Providence. Le P. Homery nous exhorte d'avoir comme lui
une confiance pleine et tranquille en la Divine Providence et de nous
appuyer comme lui sur les trésors de la Divine Providence qui ne s'épuisent
jamais.
Très longtemps notre
Maison Mère portait le nom de MAISON DE PROVIDENCE. Ce nom se justifiait
bien et continue à se justifier. Tous ceux qui passent par-là retournent
enchantés de l'hospitalité, de l'accueil qu'ils y reçoivent. C'était
et c'est encore une vraie Maison de Providence, ouverte à tous et surtout
aux malheureux. Aujourd'hui toutes nos maisons sont à l'image de cette
première maison: faire en sorte que toutes nos communautés soient des
MAISONS DE PROVIDENCE.
Mères
des pauvres
De ce qui précède,
on peut déjà se rendre compte de notre troisième vocable: Mères des
Pauvres. Le Père Homery, en confiant les orphelines à ses premières
filles, voulait que celles-ci soient leurs mères et qu'elles les traitent
comme leurs propres enfants, qu'elles portent ce nom de mères à l'égard
des orphelines pour qu'elles se rappellent sans cesse la tendresse qu'une
mère doit avoir pour ses enfants. Ces enfants sont des pauvres, des
membres indigents de Jésus-Christ, d'où le nom des mères des pauvres.
Les sœurs consacreront
leur existence au service de ces pauvres, membres indigents de Jésus
Christ. Ainsi un quatrième vœu s'ajouta aux trois autres, celui de "SERVIR
LES PAUVRES". Les Sœurs vivent ce service en France, en Belgique
depuis 1900, au Pays-Bas depuis 1903, au Congo RD depuis 195), au Pérou,
en Amérique Latine depuis 1982, en Equateur plus précisément dans la
ville de Porto Vierjo en Amérique Latine depuis avril 2000 et au Gabon
à Koula Moutou depuis août 2000.
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