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Partage Antonietta - MotVP - Photos - Domicile - Les COMI

Homélie prononcée à l’occasion des
25 ans de vie consacrée de Mlle Antonietta

Lectures : Cant 8,6-7 ; Jn 15,1-8

Le passage de l’évangile selon saint Jean que nous venons de proclamer et d’écouter fait partie d’un grand ensemble qu’on appelle le discours d’adieux, l’Heure de Jésus. L’Heure de jésus, c’est finalement l’événement pascal qui regroupe la passion, la mort et la résurrection de Jésus. A partir du 13ème chapitre jusqu’au 17ème, Jésus laisse un testament à ses disciples. Il tient ce discours au cours du dernier repas qu’il partage avec ses disciples. Peu avant son arrestation par les Juifs afin de lui faire subir la passion et la mort qui s’en suivra. Nous savons quelle importance l’ensemble de l’humanité accorde à un testament, aux dernières paroles de quelqu’un qui se prépare à quitter cette terre. Et Jésus n’est pas un personnage quelconque mais un très grand personnage : Dieu. Jésus livre à ses disciples le fin fond de son cœur, ce qu’ils devront accomplir après lui, comment ils devront vivre entre eux et avec tous les hommes et toutes les femmes pour lesquels il a donné sa vie. Donc, c’est une grande responsabilité pour les disciples. Cette responsabilité est la nôtre aujourd’hui.

Vous aurez remarqué que les lectures de cette messe ne sont pas celles du jour. Elles ont été choisies par Antonietta elle-même. Dans le message qu’elle m’a envoyé, en parlant de l’évangile, Antonietta précise : « c’est ma parole de vie ». C’est tout dire. Antonietta exprime par là son attachement à Jésus. Celui-ci prend l’image de la vigne. La célébration de l’Eucharistie qui est le centre de notre vie. Au cours de la célébration nous consacrons non seulement le pain mais aussi le vin. Antonietta qui vient d’un pays de vin, un pays méditerranéen et vinicole comme jésus comprend parfaitement l’allégorie de la vigne. Il est plus difficile pour nous d’entrer dans cet univers. Mais nous pouvons appliquer cette image à un arbre tropical bien connu chez nous : le manguier.

L’Ancien Testament et le Nouveau Testament emploient la comparaison de la vigne pour désigner le peuple de Dieu. La pensée principale de cet évangile se concentre sur la réalité de l’union qui s’instaure dès ici-bas entre le chrétien et le Christ, entre le disciple et son Maître. Le disciple ne vit pas devant le Christ mais dans le Christ. Jésus reprend plusieurs fois l’expression « en moi ». Le disciple est branché sur le Christ comme le sarment sur le cep de la vigne, comme la branche sur le tronc du manguier. Sans le Christ, le disciple n’est rien. Il doit au Christ son existence même, sa possibilité de donner du fruit. Le vigneron coupe et jette au feu le sarment qui ne donne pas du fruit.

Le disciple qui ne se préoccupe pas de porter du fruit est celui qui ne vit pas du Christ, même s’il professe l’évangile. Saint Ignace d’Antioche a de très belles paroles quand il dit : «Gardez-vous des excroissances nuisibles que Jésus Christ ne cultive pas, parce qu’elles n’ont pas été plantées par le Père ». Les excroissances non plantées par le Père sont l’image du disciple qui, tout en se déclarant de l’Eglise et de l’évangile, n’est pas en communion avec Jésus-Christ.

Pour être en communion réelle avec le Christ, il faut l’être avec l’Eglise et son Institut, dans le cas d’Antonietta, les COMI (Coopératrices Oblates Missionnaires de L’Immaculée). «Tout sarment qui porte du fruit, mon Père l’émonde pour qu’il en porte davantage ». Dans la manière dont Dieu conduit le disciple sincère, tout est ordonné à la floraison, à la maturation, à l’abondance de son enseignement, de son exemple, de sa Parole, de sa grâce intérieure, de son Eucharistie. En cas d’infidélité, le Seigneur émonde le disciple, son âme et son cœur, le purifie. Le but visé est le port et l’abondance du fruit.

Ceci s’accompagne de beaucoup de souffrance, de la croix. On ne peut pas d’ailleurs demeurer dans le Christ sans le suivre dans son sacrifice. Le fruit magnifique de la résurrection suppose le passage par la Croix. Cela purifie. Dieu taille dans notre chair, dans notre âme, dans notre cœur. Nous devons nous nourrir de la sève du Christ. Gardons courage à cause de la promesse des fruits.

Si nous voulons vivre, nous sommes appelés à demeurer unis au Christ par la foi, par l’Eucharistie, par les sacrements qui sont des rencontres vivantes que jésus nous ménage par le ministère de l’Eglise. Si nous voulons être efficaces dans notre ministère nous devons offrir aux autres un enseignement, un témoignage, une action, pénétrés de la vérité et de la chaleur du Christ.

Ce soir, nous ne célébrons pas les infidélités d’Antonietta, il y en a eu durant ces 25 ans de consécration, il y en aura encore, mais nous célébrons l’amour qu’Antonietta a eu et a pour son bien-aimé Jésus. Cet amour, les grandes eaux du fleuve Congo ne peuvent ni l’éteindre ni le submerger.

Prions pour Antonietta afin qu’elle demeure le reste de sa vie attachée fermement et indéfectiblement à Jésus qu’il l’a appelée à son service et à sa mission . Merci Antonietta pour le témoignage de consécration dont les fruits sont bénéfiques à notre pays et à notre Eglise du Congo.

Kinshasa, le 29/07/204
Père Paul Manessa, omi.