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La pécheresse pardonnée et aimante

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Carine Tarla Spaces.live.com

Texte pour défense - Facultés Catholiques de Kinshasa - Carine Tarla, icm
« La pécheresse pardonnée et aimante. Lecture exégétique de Lc 7,36-50 », tel est le sujet de notre étude. Nous allons présenter notre travail en quatre points, à savoir : La problématique, la méthode, les grandes articulations du travail et les résultats de la recherche. (Carine Tarla)

I. Problématique
S’il existe une question fondamentale au cœur des évangiles qui puisse intéresser tout lecteur de la Bible, c’est bien celle de l’identité de Jésus. Ainsi, l’ensemble du corpus évangélique tourne autour de la personne de Jésus, et nous oriente vers sa vraie identité ainsi que vers sa mission.

A la quête du sens de la mission de Jésus et du message que renferme son enseignement, nous avons opté pour une lecture exégétique de la péricope lucanienne de la pécheresse pardonnée et aimante (Lc 7,36-50). En effet, ce qui nous frappe le plus à travers cette péricope, ce sont les thèmes de l’amour, de la compassion et de la miséricorde, qui caractérisent les actes concrets de la mission de Jésus. Cette mission semble opérer une révolution. Au fil du texte de Lc 7,36-50, nous remarquons qu’une chose semble demeurer vraie, à savoir : le salut de Dieu en Jésus Christ, œuvre d’amour, de compassion et de miséricorde, prend une allure universelle et recèle en même temps une nouvelle pédagogie chrétienne centrée sur la personne humaine comme objet de l’incarnation du Messie.

Toutefois, la lecture de cet extrait a suscité en nous quelques questions. D’abord le rapport entre la question de Simon sur l’identité de Jésus et la suite d’événements. Jésus ne serait-il vraiment pas prophète ? Ensuite, quant au rapport entre l’amour et la rémission de dettes, la remise de dettes précède-t-elle l’amour comme le montrent la parabole (v.41-42) et le v.47b ? Ou bien l’amour précède-t-il la rémission comme l’indique le v.47a ? En outre, quel est le motif du pardon ? Est-ce l’amour comme semble témoigner le v.47 ou encore la foi comme l’indique le v.50 ? Enfin, quel serait le rôle de la parabole dans ce récit ? Voilà tant de questions que soulève la péricope.

II. Méthode
Pour effectuer notre étude, nous avons principalement appliqué l’analyse narrative. Par souci de complémentarité et puisque le texte a connu une évolution à travers le temps, nous avons aussi eu recours à quelques éléments de la méthode historico- critique.

III. Les grandes articulations
Nous avons étudié cette péricope en trois chapitres. Dans le premier intitulé « texte et contexte », nous avons abordé l’étude du texte dans son contexte en six points, notamment : la délimitation du texte, les observations sur la critique textuelle, l’analyse du vocabulaire, un examen du contexte du récit, la critique de rédaction et la structure de la péricope.

Le deuxième chapitre a été consacré à l’analyse narrative de la péricope. Nous y avons élucidé, comme préambule, les présupposés de la méthode narrative. Les trois grandes articulations, ici, étaient l’établissement de l’Intrigue, la recherche des stratégies narratives du narrateur et la caractérisation des personnages. En établissant l’intrigue du récit, nous avons pu identifier l’enjeu ayant déclenché l’ensemble des actions narratives successives de ce récit. Cette structuration de l’intrigue a abouti au constat qu’il s’agit d’une intrigue de révélation qui se cache derrière une autre de résolution. En d’autres mots, le pardon accordé à la femme conduit à découvrir l’identité de celui qui pardonne. Le doute du pharisien à propos de l’identité de Jésus trouve alors la réponse dans le dénouement du récit.

Par l’examen des stratégies narratives du narrateur, nous avons cherché à découvrir comment le narrateur dispose des différents éléments du récit afin de ménager ses effets et de conduire le lecteur à partager son système des valeurs. Nous avons découvert qu’il a su utiliser de façon conséquente plusieurs procédés entre autres, la focalisation ou le monologue interne, le dialogue, le contraste, l’ironie, l’hyperbole et la mise en abyme. Puisque la parabole est la pointe du récit selon la structure dégagée de l’analyse rhétorique et selon la structure narrative, nous avons estimé nécessaire d’examiner, à fond, le procédé de mise en abyme qu’a utilisé le narrateur. Il s’ensuit que la parabole, en tant qu’une réplique miniaturisée de tout le récit, met en exergue les grands thèmes. Par une lecture analogique, nous avons pu conclure que la gratuité de la rémission des péchés est au cœur de ce récit et que les trois personnages de la parabole, notamment : le créancier, le débiteur ayant une grande dette et celui ayant une petite dette, représentent respectivement Jésus, la femme et Simon le pharisien. L’amour que la femme manifeste à Jésus correspond au grand amour qu’exprime celui à qui beaucoup est remis.

Dans le troisième chapitre, une interprétation théologique nous a servi de cadre pour une appréciation critique de la péricope. Ce chapitre a traité de trois points essentiels, à savoir : les thèmes théologiques, l’anthropologie sous-jacente à la péricope sous examen et quelques enjeux théologiques. En un mot, ce dernier chapitre s’est employé à dégager l’identité de Jésus et l’orientation de sa mission en faveur des marginalisés et des exclus de nos sociétés, à l’instar de la pécheresse.

IV. Conclusions du travail
En ce qui concerne l’identité de Jésus, nos analyses nous ont montré non seulement qu’il est un prophète mais qu’au-delà de son identité prophétique, en vertu du pardon des péchés qu’il accorde, il partage la divinité de Dieu. Sa mission caractérisée par la compassion et la miséricorde implique et exige une adhésion par la foi. Bref, cette péricope est essentiellement christologique. Elle vise à indiquer la divinité de Jésus, exprimée par son pouvoir de remettre les péchés. Elle a également une perspective eschatologique, puisque Jésus, le prophète des temps derniers, est expression de la miséricorde offerte par Dieu aux pécheurs qui se reconnaissent tels. En même temps une dimension sotériologique et une ecclésiologique s’y dégagent. Ce qui sauve l’homme, à notre avis, c’est son attitude ou sa réponse face à l’identité de Jésus. Et, le salut apporte la paix et la réconciliation avec Dieu, avec soi-même et avec autrui.

La péricope de Lc 7, 36-50 se veut donc une révolution que Jésus apporte à ses contemporains, mais aussi à notre société dominée par le contexte de l’exclusion et de rejet de différentes catégories de pécheurs. Des lors, le salut que Dieu accorde en son Fils ne tient plus compte de discriminations sociales dont les pécheurs étaient victimes.

Voilà livré, en peu de mots, l’essentiel de nos recherches au terme de ce deuxième cycle de nos études théologiques.

Toutefois, notre travail est loin d’être parfait. Nous ne prétendons pas avoir épuisé toutes les pistes relatives à un tel sujet. Pour ce faire, nous sommes ouverte à toute remarque et toute suggestion de votre part, distingués membres du jury, lesquelles suggestions et remarques nous lanceront dans les recherches ultérieures. Qu’il nous soit permis également, de vous remercier pour la qualité d’enseignement que vous nous avez offerte et pour l’intérêt que vous portez à ce travail. A travers vous, distingués membres du jury, nous remercions aussi tout le corps professoral de la faculté de théologie qui a contribué a notre formation et cette auguste assemblée pour son attention particulière.

Merci

Jury FCK - Le 9 juillet 2008

Finalistes FCK

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