Les bantu entendent la vie comme un
processus qui se développe en plusieurs étapes : naissance, séjour
terrestre, mort, au-delà. C’est la vie après la mort, objet des croyances
bantu qu’on appelle à juste titre l’au-delà. Selon la croyance du muntu,
la vie ne finit pas ici-bas, elle est un perpétuel devenir, comme le dirait
aussi Nietzsche. La vie pour le muntu continue après la mort, au village des ancêtres, le prix à payer étant celui
de laisser sur terre sa progéniture, l’offrande des sacrifices aux ancêtres,
sans oublier les qualités morales de la vie terrestre antérieure.
Les
ancêtres défunts, pour leur part, exercent selon les cas une influence
positive ou négative sur les membres vivants de leur clan. Ils peuvent à l’égard
des vivants, jouer un rôle important : veiller à leur survie, les protéger,
intercéder pour eux. Zahan dit que « la mort semble être la conséquence
inévitable de la vie »[1].
Effectivement, l’au-delà est une conséquence inévitable de la mort. Et
comme la mort, au dire du professeur Ngindu, n’est qu’un passage d’une
existence à une autre… la vie de l’homme dans l’au-delà est comme la
continuation de la vie terrestre[2].
Dans ce sens aussi la vie dans l’au-delà consiste essentiellement en la
rencontre avec ceux qui sont déjà partis et qui protègent le clan. Ceux
qu’on avait connus, on les rencontre de nouveau « Mbemba
diengene, diengene, kundulu mfuma », l’épervier tourne, tourne, son
repos est l’arbre mfuma. On vient du village, on part au village.
Vivre
au village des ancêtres ! Il s’agit d’une vie intégrale, individuelle
et communautaire. C’est la même vie du village terrestre qui continue ayant
la même source et le même ancêtre premier, vu désormais face à face. Somme
toute, la vie dans la conception bantu est un processus qui ne finit pas, mais
qui se continue et se transforme en passant de la terre à l’au-delà. A son
sujet on peut pourtant parler de mystère, en ce sens qu’elle échappe en
quelque sorte aux limites de l’intelligence humaine. Et les bantu vont jusqu’à attribuer cette vie à Dieu, le créateur,
source de tout être vivant.
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24 août 2007 - Site perso de jbmusumbi, o.m.i. - Merci de vos
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