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3. L'au-delà: vie après la mort

Les bantu entendent la vie comme un processus qui se développe en plusieurs étapes : naissance, séjour terrestre, mort, au-delà. C’est la vie après la mort, objet des croyances bantu qu’on appelle à juste titre l’au-delà. Selon la croyance du muntu, la vie ne finit pas ici-bas, elle est un perpétuel devenir, comme le dirait aussi Nietzsche. La vie pour le muntu continue après la mort, au village des ancêtres, le prix à payer étant celui de laisser sur terre sa progéniture, l’offrande des sacrifices aux ancêtres, sans oublier les qualités morales de la vie terrestre antérieure.

Les ancêtres défunts, pour leur part, exercent selon les cas une influence positive ou négative sur les membres vivants de leur clan. Ils peuvent à l’égard des vivants, jouer un rôle important : veiller à leur survie, les protéger, intercéder pour eux. Zahan dit que « la mort semble être la conséquence inévitable de la vie »[1]. Effectivement, l’au-delà est une conséquence inévitable de la mort. Et comme la mort, au dire du professeur Ngindu, n’est qu’un passage d’une existence à une autre… la vie de l’homme dans l’au-delà est comme la continuation de la vie terrestre[2]. Dans ce sens aussi la vie dans l’au-delà consiste essentiellement en la rencontre avec ceux qui sont déjà partis et qui protègent le clan. Ceux qu’on avait connus, on les rencontre de nouveau « Mbemba diengene, diengene, kundulu mfuma », l’épervier tourne, tourne, son repos est l’arbre mfuma. On vient du village, on part au village.

Vivre au village des ancêtres ! Il s’agit d’une vie intégrale, individuelle et communautaire. C’est la même vie du village terrestre qui continue ayant la même source et le même ancêtre premier, vu désormais face à face. Somme toute, la vie dans la conception bantu est un processus qui ne finit pas, mais qui se continue et se transforme en passant de la terre à l’au-delà. A son sujet on peut pourtant parler de mystère, en ce sens qu’elle échappe en quelque sorte aux limites de l’intelligence humaine. Et les bantu vont jusqu’à attribuer cette vie à Dieu, le créateur, source de tout être vivant.



[1] ZAHAN D., Religion, spiritualité et pensée africaine, Paris, 1970, p. 241.

[2] Cf. NGINGU A., « Problème concernant le culte des ancêtres », in B.T.A., vol. 9, janv-juin 1993.

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