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Les Filles de la Divine Providence face à la pauvreté en Afrique

2. Les premières missionnaires de l'I.F.D.P. en Afrique 

En 1951, six premières religieuses de la Divine Providence (Renée-Marie, Marie-Joseph de Chantal, Antoinette, Jeanne-Louise, Marie-Joachim) arrivèrent en terre d'Afrique, plus précisément en R.D.C. Leur premier lieu  d'implantation à Shamusenga (Kahemba), situé au sud du pays, dans le territoire de Bandundu, fut considéré comme un village très pauvre et très en retard par rapport à d'autres coins du pays.

Ayant quitté volontairement leur culture, leur pays, elles acceptèrent de rejoindre leurs nouveaux frères dans leurs conditions de pré­carité pour leur dire qu'eux aussi étaient les préférés de Dieu. A la suite de l'Abbé HOMERY, elles furent attentives à la voix de Dieu et vécurent pleinement cette recommandation de leur fondateur : "...quand elles se tiendront intérieurement unies à Dieu...quand elles l'inviteront, comme l' épouse des cantiques, à les mener lui-même par la main dans toutes les occupations  extérieures; venez avec moi, doivent -elles lui dire, sortons au-dehors, allons dans tous les lieux où le devoir nous appelle; demeurons, s'il le faut, à la campagne; voyons partout si les choses sont en bon état, n'épargnons ni nos peines ni nos soins (Ct 7, 12- 13)..."[1]. Soucieuses des besoins de leurs frères, elles n'avaient qu'à ouvrir les yeux pour découvrir le service à rendre pour témoigner de l'amour de Dieu. Elles firent preuve du sens de créativité en tenant compte de besoins du moment et se donnèrent de tout coeur à leurs diverses tâches. Ainsi  elles s'occupèrent surtout de l'annonce explicite de la Bonne Nouvelle aux femmes et aux jeunes filles et commencèrent quelques oeuvres sociales:  orphelinat, écoles, centres médicaux.

Les missionnaires associèrent très vite des jeunes filles ou des femmes à leur action éducative et aux autres activités : jardinage, élevages et services ménagères. Elles le réalisèrent avec beaucoup de respect et d'amour. Ainsi, la population n'hésita pas à témoigner son attachement aux religieuses. Par exemple, lors des troubles que connut la région dans les années 1960-1965, les "indigènes" furent d'un grand soutien pour les filles de la Divine Providence[2].

Cet élan missionnaire se poursuivit en créant d'autres missions d'insertion et en s'adaptant aux signes des temps. C'est ainsi que nous pourrons noter, entre autres, l'oeuvre de conscientisation pour la prise en charge effective par la population elle-même, du point de vue évangélisation et développement rural. Devant les nouveaux fléaux, tels que les cas des maladies contagieuses, les F.D.P. ne restèrent pas indifférentes; elles se sentirent proches de ces  pauvres et elles soulagèrent dans la mesure du possible leurs misères.

Tout cela ne fut pas sans difficultés. Mais la réussite tenait surtout de leur grande union avec le Seigneur, de leur esprit de simplicité, de leur souci de proximité et de leur désir de faire grandir, ou mieux de mettre l'autre debout.

Quant au recrutement tardif des vocations autochtones, il comporta une entrave réelle pour le maintien des oeuvres et de l'esprit de l'Institut. Sur ce point, les F.D.P. n'ont pas pu faire preuve de leur esprit d'audace pour oser voir grandir certaines congolaises au sein de la congrégation.



[1] Régle de vie, Op. cit., p. 25-26.

[2] Témoignage recueilli auprès de soeur Agathe BETAUX (ex Soeur Marie-Joachim), l'unique des six premières missionnaires qui reste en vie.