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Conclusion

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    Nous nous sommes fixé le but d’examiner minutieusement la pensée du Fondateur, le Bienheureux Eugène de Mazenod, sur les conditions d’admission dans la Congrégation des missionnaires OMI à travers ses propres écrits, ses lettres aux Oblats de France. Nous nous sommes dit en même temps qu’il serait mieux de noter, grâce aux orientations des Normes Générales de la Formation Oblate, si oui ou non la Congrégation fait encore aujourd’hui usage de ces conditions. De notre analyse sont ressortis ces résultats non moins considérables.

    Tout d’abord, nous retenons que tout discernement de la vocation oblate, celui qui voudrait rester fidèle à l’esprit de Mgr de Mazenod, doit se laisser guider par trois repères que nous considérons comme des signes de vocation. Ce sont premièrement : les motifs qui poussent un jeune homme à aller frapper à la porte des oblats, puis les vertus surnaturelles tant théologales que morales, celles qui l’aident à tendre harmonieusement vers le bien qu’il s’est fixé : l’accomplissement de la volonté divine sur lui et la réalisation de son projet de vie religieuse, et enfin les talents ou les autres bonnes dispositions qui permettent au candidat de vivre efficacement sa vocation. Ces trois valeurs sont indispensables aux yeux du Fondateur. Les éléments constitutifs de chacune d’elles que nous avons énumérés méritent l’attention des formateurs et des formés.

    Ensuite, nous constatons que ces valeurs continuent d’exister, car la Congrégation reste fidèle à sa mission du départ. Mais elles ont leur limite tant du côté du Fondateur que de la Congrégation aujourd’hui. Cela s’explique par le fait de la mutation du monde, de l’Église et de la mentalité des peuples. Le ton de l’Église d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui ; celui du Fondateur n’est plus celui du Chapitre Général ou du Supérieur général.

    Nous aurions voulu cependant aborder et approfondir tous les éléments sur lesquels le Fondateur revient sans relâche, en l’occurrence, la régularité qui revient dans environ 80 lettres parce qu’il la considère comme “la principale condition de la vie de ferveur et de la pratique des vertus[1], la piété, l’aptitude à la vie communautaire, la simplicité, la politesse, l’honnêteté, le savoir vivre[2]. Mais ces réalités ne nous apparaissent pas forcément comme valeurs évidentes de la vocation oblate faute de cas où elles conditionnent directement la rentrée d’un candidat en vie oblate.

    Quelque brouillard demeure également sur la chasteté. Nous la mentionnons parce qu’elle est élément constitutif de la vie religieuse mais le Fondateur en parle très sobrement dans les lettres qui nous concernent. Cela laisse supposer qu’en ce domaine, les Oblats n’ont pas trop inquiété leur Père. Il dit en effet dans une lettre adressée au p. Guibert concernant l’observance de la Règle : “C’est pour être dignes de ce Dieu à qui nous sommes consacrés que nous avons fait vœu de renoncement à nous-mêmes par l’obéissance, aux richesses par la pauvreté, aux plaisir par la chasteté. Je n’ai pas à me plaindre sur ce dernier article, j’ai peu à dire sur le second mais le premier n’est pas compris par certains individus[3].



[1] BEAUDOIN Y., Introduction, in EO_ 11, XVIII.

[2] Cf. DE MAZENOD E., Lettre au p. Bellon, à N.-D. de Lumières, Marseille, le 30 août 1844, in EcO 10, 80-81 ; ID., Lettre au p. Vincens, à N.-D. de l’Osier, Marseille, le 23 juillet 1944, ibid., 75-76 ; ID., Lettre au p. Baret, à N.-D. de l’Osier, Marseille, 17-20 juillet 1947, ibid., 154-155 ; voir aussi le commentaire de BEAUDOIN Y., Le Grand Séminaire de Marseille (et scolasticat oblat) sous la direction des Oblats de Marie Immaculée. 1827-1862, op. cit., 131.

[3] DE MAZENOD E., Lettre au p. Guibert à N.-D. de Laus, Fribourg, le 29 juillet 1830, in EcO 7, 206.