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V.1. Ccontinuité

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    L’idée d’une continuité de la pensée du Fondateur saute aux yeux dès la première lecture attentive des NGF, du moins dans les chapitres qui nous intéressent. Tout porterait à croire que la Congrégation marche fidèlement sur les pas de Mgr de Mazenod, ou mieux elle tient ardemment à l’esprit reçu de l’évêque de Marseille, lequel continue d’animer ses fils dans leur volonté de se consacrer par vocation à la gloire de Dieu, le service de l’Église et le salut des âmes les plus abandonnées (la triade mystique)[1], dans le contexte de l’“aujourd’hui du monde”.

V.1.1. Au niveau des principes fondamentaux

    Considérons tout d’abord les onze principes fondamentaux, énoncés au premier chapitre[2], qui soulignent l’orientation générale de la formation oblate. “Par sa formation, l’Oblat est amené à centrer sa vie sur Jésus-Christ, qu’il entend suivre selon le charisme vécu en Église[3]. “La formation oblate commence du moment où quelqu’un, se sentant appelé à la vie oblate, entreprend un programme de formation[4].

    Nous retrouvons clairement le signe de l’appel qui vient de Dieu dans ces deux principes. La vocation est avant tout, redisons-le, un appel de Dieu avant d’être une réponse de l’homme même si la tendance générale est de la définir en mentionnant l’homme avant le Seigneur. En effet, nombreux sont ceux qui la définissent comme “une réponse de l’homme à l’appel de Dieu[5].

    Pour les Oblats une chose est sûre : “une vocation à la vie religieuse missionnaire et sacerdotale comporte deux éléments essentiels, l’un venant de Dieu, l’autre de l’Église. Le premier est d’une importance telle que son absence empêche le second[6]. Ainsi, hier comme aujourd’hui, ne peut venir à la vie oblate que la personne appelée par le Maître de la moisson.

    La joie des Oblats, c’est de croire que le Christ continue d’appeler ceux qu’il veut pour son Église soit directement soit par médiations[7]. Ceux qu’il appelle dans la Congrégation ne doivent s’y engager qu’avec le désir de devenir des missionnaires voués à la cause des pauvres : “La formation oblate favorise un amour missionnaire pour les pauvres[8] ; des hommes qui veulent se consacrer par un don d’eux-mêmes au service de l’Église : “La formation oblate entretient un esprit de disponibilité à aller où se trouvent les besoins de l’Église[9]. Ce don de soi-même est l’un des moyens efficaces qui permettent aux fils de Mgr de Mazenod d’atteindre la fin ultime de leur Congrégation, la gloire de Dieu[10]. Ils doivent par conséquent prier pour les vocations[11] et s’attacher sincèrement à Jésus avec le grand désir de devenir “franchement saints[12].

    Il ressort de cette première constatation que la Congrégation ne peut orienter un jeune vers l’idéal oblat “sans avoir acquis la certitude morale qu’il est réellement appelé par Dieu à faire de cette vie son propre projet de vie[13], mettant ainsi en évidence les fins de la Congrégation qui doivent servir de repère à tout discernement vocationnel. Telle est l’expression de notre premier signe de la vocation oblate[14], ou mieux son écho dans les NGF.



[1] Cf. LA REDACTION, Pour une spiritualité oblate. Compte rendu des réponses à l’enquête sur la spiritualité oblate, in E0_ 10, 1951, 104.

[2] Cf. NGF, Rome 1984, 5-14.

[3] Ibid., 7 : premier principe.

[4] Ibid., 8 : sixième principe.

[5] À ce propos, intéressantes sont les explications de GIORDANI B., La vocazione : risposta dell’uomo alla chiamata di Dio, in AA. VV., La vocazione per la Chiesa di oggi. Studio interdisciplinare, op. cit., 81-82. Sur l’analyse du concept de vocation à partir de la Bible, voir SCHÖKEL A., La vocazione nella Bibbia, in AA. VV., La vocazione religiosa oggi, Rogate, Roma 1985, 43-57.

[6] NGF, 27.

[7] Cf. CC RR 1984, Const. 52 ; NGF, 23.

[8] NGF, 7 : troisième principe.

[9] Ibid., 8 : cinquième principe.

[10] Cf. LA REDACTION, Ibid.

[11] Cf. NGF, 24.

[12] Cf. Ibid., 28.

[13] Ibid., 27.

[14] Cf. Notre deuxième chapitre.