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IV.1.1. Une bonne santé physique et psychique (suite)

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    Il est un autre cas beaucoup plus explicite. Il s’agit du renvoi d’un scolastique à cause de sa santé qui ne peut s’améliorer :

“(…) c’est une chose si importante que la santé, hélas celle du f. Laval loin de s’améliorer s’est détériorée davantage. A notre grand regret, nous sommes obligés de le renvoyer chez lui pour ne s’occuper que des soins qui lui sont nécessaires. C’est la raison qui a empêché de l’admettre. Il sort de chez nous avec l’estime et l’affection de tout le monde, à commencer par moi[1].

    Quant à la santé psychique, la rareté de cas évidents empêche de bien déceler l’attitude du Fondateur. Revenons toutefois au cas déjà évoqué au premier chapitre, celui du candidat “rongé de scrupules”, envoyé au noviciat tout à la crainte de ne pas faire une grande acquisition[2].

    L’hésitation à présenter un tel candidat au noviciat vient du fait que les troubles relatifs à l’équilibre psychologique posent de sérieux problèmes à la réalisation de la vocation à la vie consacrée[3]. Or le scrupule est un problème dans la vie religieuse bien qu’il soit guérissable par l’éveil de la confiance totale en Dieu fidèle et miséricordieux et du désir de servir le Christ avec toutes ses forces, regardant non à soi-même mais au Christ et au prochain[4]. Le Fondateur en est conscient. Voilà pourquoi il préfère le scrupuleux à l’homme sans qualités quand s’impose la nécessité de vie communautaire.

“Vous plaisantez, mon cher père Merlin, quand vous semblez me dire sérieusement que j’ai voulu vous éprouver en vous envoyant le R.P. Revol. Mais à quelle épreuve voulez-vous que je vous mette ? Il n’y a rien que de très sérieux dans tous les actes de mon administration. Le p. Revol ne vous plait pas parce qu’il est scrupuleux, il me semble à moi que tout scrupuleux qu’il peut être, vous devriez le préférer à d’autres qui n’ont pas ses qualités[5].

    Ainsi, la santé tant physique que psychique ne devient obstacle à la vocation qu’à la mesure de sa gravité. Cependant, elle n’est pas une aptitude moins importante quand il faut discerner l’appel à la vie religieuse oblate[6], ou mieux “quand on suppute les signes de vocation[7].



[1] ID., Lettre au p. Dassy, à Nancy, Marseille, le 13 février 1849, in EcO 10, 233. Cf. BEAUDOIN Y., Le Grand Séminaire de Marseille (et scolasticat oblat) sous la direction des Oblats de Marie Immaculée. 1827-1862, (“Archives d’histoire oblate”) 21, Études oblates, Ottawa 1966, 70.

[2] Cf. ID., Lettre au p. Courtes, à Aix, Marseille, le 12 février 1843, in EcO 10, 3.

[3] Nombreuses sont des études qui montrent que la santé psychique est un facteur très important dans la réalisation de la vocation à la vie religieuse. Voir par exemple : MAILLOUX N., Santé mentale et vie religieuse, in Suppl. Vie Spirit. 62, 1962, 480-492 ; SCHURMANS J., Sens et critères de la maturité, in Vie Cons. 43, 1971, 97-105 ; CORCORAN C, Y a-t-il des “types humains” inadaptes à la vie religieuse ?, in Suppl. Vie Spirit. 18, 1965, 243-274.

[4] Cf. BERNARD C. A., L’aiuto spirituale personale, op. cit., 113-131 ; ALLERS R., Srupulosity in the Seminary, in EO. 8, 1949, 71-100. 125.

[5] DE MAZENOD E., Lettre au p. Merlin, à Nancy, Marseille, le 27 janvier 1853, in EcO 11, 116.

[6] Cf. CAULFIELD P., The Health of the oblate scholastic, in EO 8, 1949, 63-70.

[7] NGF, 27.