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III.3. La pauvreté et le détachement

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    Le Bx. Eugène de Mazenod voulait, au départ de son œuvre, que sa Congrégation offre à l’Église des missionnaires pour l’évangélisation des pauvres les plus abandonnés[1]. Pour cela, il était nécessaire que les membres deviennent d’abord pauvres eux-mêmes ; qu’ils se fassent pauvres parmi les pauvres, ou mieux qu’ils partagent “la faiblesse des faibles pour gagner les faibles[2] à l’exemple du Christ qui “s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté[3]. En effet, la vertu de pauvreté conditionne l’acceptation du Règne de Dieu en soi-même et son annonce au monde. En d’autres termes, la pauvreté est la condition de l’apostolat[4]. Telle est la raison pour laquelle tous les baptisés sont invités à la pauvreté et au détachement des biens de ce monde[5].

    A ce titre, notre tentative de situer la vertu de pauvreté parmi les signes de la vocation oblate devient problématique. Car les Oblats ne font que répondre au même appel du Christ adressé à tous les chrétiens. La pauvreté “oblate” aurait-elle une signification particulière ? Ou encore serait-elle différente de celle vécue par les membres d’autres Instituts religieux ? Loin de nous engager à un débat d’entendement, ces interrogations ne voudraient que susciter en nous la volonté de justifier notre affirmation[6], grâce aux multiples témoignages du Fondateur sur la pauvreté religieuse oblate. Leur lecture nous fera comprendre le sens vécu du concept de pauvreté chez les Oblats, lequel concept implique le détachement au monde et aux parents.



[1] Cf. Préface de nos CC et RR 1982. Pour le commentaire, voir DESCHÂTELETS L., La préface de nos Règles et les premiers Écrits de notre V. Fondateur, in EO 15, 1956, 193-203.

[2] 1 Corinthiens 9, 22.

[3] 2 Corinthiens 8, 9 ; Matthieu 8, 20.

[4] Cf. DE MARTINI N., Qualcuno mi ha chiamato, op. cit., 193.

[5] Cf. TILLARD J.M.R., Ibid., 322.

[6] La pauvreté est un signe de la vocation oblate.