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Chapitre I

Regard sur quelques cas d'appréciation vocationnelle

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    Dans ce premier chapitre, nous voudrions analyser huit cas concrets qui nous offriront une vision plus ou moins globale des exigences de Mgr de Mazenod inhérentes au discernement des vocations oblates. Loin de prétendre relever tous les cas où il se prononce clairement sur le sort de certains de ses candidats, ce qui serait très utile, nous nous arrêterons à deux cas de refus, deux cas douteux, deux cas d’admission et deux cas de renvoi. Ils nous fourniront les principaux éléments qui orientent le jugement du Fondateur, lui qui fut le premier formateur de ses fils.

    En effet, la lecture attentive des lettres d’Eugène de Mazenod aux Oblats de France révèle son grand intérêt pour la formation des Oblats. Les exigences qu’il impose aux membres de sa famille religieuse et aux candidats appelés à vivre selon son idéal montrent son vrai sens de responsabilité. A travers des lettres écrites tant aux éducateurs qu’aux sujets en formation, nous le sentons préoccupé de l’avenir de sa Congrégation[1]. Les premiers résultats obtenus ne sont pas favorables[2]. Voilà ce qui le détermine à ne vouloir accepter que des personnes qui correspondent le mieux à son attente, c’est-à-dire des hommes “capables de secourir l’Église dans sa détresse”, comme nous le verrons au second chapitre.

    La considération minutieuse de ces lettres nous aidera à mieux dégager la figure de 1‘Oblat voulu par le Fondateur à travers de multiples exigences imposées aux membres de la Société et aux aspirants, exigences que nous voudrions bien considérer comme signes de la vocation à la vie religieuse oblate[3]. Mais avant d’amorcer l’analyse proprement dite de ces cas, voyons quelles sont les circonstances qui l’ont poussé à “réformer” ses maisons de formation en 1825.



[1] Dans l’Introduction des EcO G, XII, BEAUDOIN Y. explique cette préoccupation du Fondateur en ces termes : “Que de soucis et de souffrances pour trouver et convaincre ses premiers collaborateurs, pour admettre et éduquer, laisser partir ou renvoyer les candidats qui se présentaient !”
[2] “Sur 68 entrées, inscrites dans le Registre des formules d’admission au noviciat, 37 sont sortis, soit 55%, dont 7 profès (10%)”, PIELORZ J., Les chapitres généraux au temps du Fondateur, I, Études Oblates, Ottawa 1968, 48.
[3] Par “signe” nous entendons ce qui permet aux recruteurs et aux éducateurs de distinguer l’appelé à la vie oblate selon les critères de l’Église. Cf. DELBREL J., A-t-il la vocation ?, op. cit., 2.