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Introduction

    Dans la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée fondée par le Bienheureux Eugène de Mazenod, évêque de Marseille, en octobre 1815 - janvier 1816 à Aix-en-Provence, le Zaïre est, d’après les statistiques vocationnel1es, l’une des provinces oblates qui comptent un nombre croissant de vocations à la vie religieuse depuis le début de la dernière décennie. Ce souffle de l’Esprit-Saint[1] tout en suscitant notre admiration et notre reconnaissance pose le problème de discernement approprié. De fait, pourquoi tel jeune homme serait-il appelé à la vie oblate plutôt qu’à une autre ? Y aurait-il quelques valeurs évidentes qui permettent de reconnaître avec plus de certitude celui qui est appelé à la vie oblate ?

    Face à ces préoccupations nos Constitutions et Règles, nos Normes Générales de la Formation et nos Directoires n’offrent que des schémas assez généraux, obéissant essentiellement au charisme de la Congrégation et laissant aux provinces le choix d’adaptation. Or une liste plus ou moins complète des critères de discernement vocationnel allégerait la tâche des éducateurs en leur permettant de repérer “aisément” les candidats oblats parmi tant d’autres. Voilà qui éveille notre intérêt et nous stimule à décortiquer les lettres du Fondateur, afin d’en ressortir les éléments principaux auxquels il se réfère pour le choix de ses sujets, lui qui fut le premier à discerner les sujets capables de vivre l’idéal de son cœur en partageant le même esprit de vie.

    Le choix de notre thème : “Les signes de la vocation oblate. Dans les lettres du Fondateur aux Oblats de France (1814-1861) et les Normes Générales de la Formation Oblate (1984)”, traduit notre volonté de rester fidèle à l’esprit de Mgr de Mazenod.

    Le premier volet du sous-titre : “Dans les lettres du Fondateur aux Oblats de France (1814-1861)” détermine le rayon de nos recherches et constitue le noyau même de notre analyse. En effet, nous préférons nous arrêter uniquement aux lettres écrites aux Oblats de France, car elles concernent la période initiale de la Fondation pendant laquelle le Fondateur prend lui-même en charge la formation des Oblats. Son deuxième volet : “et les Normes Générales de la Formation Oblate (1984)”, loin de nous engager à une étude comparative, voudrait tout simplement justifier notre désir d’actualiser le sujet. Mais notre analyse portera essentiellement sur les lettres du Fondateur. Telle est la raison pour laquelle nous consacrerons quatre chapitres à l’analyse de ces lettres et un seul chapitre au survol de nos NGF. Ce dernier chapitre pourrait être lu comme une première conclusion de notre étude.

    Par le mot “signes”, nous entendons les valeurs sur lesquelles le Fondateur insiste très souvent dans l’appréciation de ses sujets. Et par “vocation”, nous signifions cette réalité mystique et dynamique qui est un acte d’élection de la part de la libre et souveraine volonté divine, acte d’amour créateur, personnel et unique, don en vue de la mission, et qui exige de l’homme une réponse d’amour authentique[2].



[1] Cf. LG, n. 47 ; PC, n. 1.

[2] Cf. CASTAGNETTI C, Vocation, in DVS, sous la direction de De FIORES S. et GOFFI T., adaptation française par VIAL F., Cerf, Paris 1987, 1172-1173.