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Conclusion générale

Dans la réalisation de ce modeste travail, nous nous sommes fixé pour objectif: l'étude du "COR AMATOR PAUPERUM", fondement du charisme des Filles de la Divine Providence. Nous avons tenu à réflé­chir aussi sur sa signification théologico-spirituelle dans le contexte particulier de la vie religieuse en Afrique. Le charisme de la vie reli­gieuse n'est-il pas plus une expérience à vivre qu'une mission à rem­plir ?

De notre petite analyse sont ressortis ces résultats non moins considérables, ou mieux ces convictions qui nous renforcent dans notre propre projet religieux.

Tout d'abord, nous retenons que le charisme est une réalité spiri­tuelle. Il est en effet fruit de l'expérience spirituelle et ne peut se com­prendre qu'en référence à la vie de son fondateur. Raison pour la­quelle nous avons pris en considération le cheminement vocationnel de notre cher Père Guy Homery. Son intuition fondatrice et l'esprit de sa famille religieuse doivent nécessairement orienter nos choix apos­to­liques d'aujourd'hui si du moins nous voulons lui rester fidèles.

Ensuite, nous sommes persuadée que le C.A.P. ne peut se com­prendre en dehors de Jésus-Christ, le modèle par excellence d'amour pour Dieu et les pauvres. Les F.D.P. ne pourront réaliser pleinement leur vocation en Afrique qu'à condition d'être branchées sur Lui. Son ouverture aux pauvres doit motiver pleinement tous nos engagements missionnaires. Notre pauvreté à la suite du Christ n'aura de sens en Afrique que dans la mesure où, motivées par l'amour, les F.D.P. se donneront au Christ, l'unique nécessaire, et demeureront totalement disponibles au service du Royaume, en témoignant de l'amour de Dieu auprès des pauvres.

Enfin, la pauvreté religieuse en Afrique doit se comprendre au­jourd'hui comme un profond engagement missionnaire en faveur de l'homme africain. Notre amour doit être concret et personnel. Voilà pourquoi il faut aider effectivement les pauvres à sortir de leur situa­tion précaire.

Ainsi, l'option préfé­rentielle pour les pauvres doit avoir de nou­veaux accents chez les F.D.P.. Il faut une nouvelle prise de conscience de notre agir : pas seulement pour les pauvres, mais avec les pauvres. Ainsi serons-nous en mesure de lutter efficacement contre le fléau de la pauvreté avec des moyens pauvres. Les religieuses africaines F.D.P. ne pourront faire l’économie de ce devoir impérieux. De fait, le coeur aimant les pauvres ne peut mieux se comprendre que s’il travaille à la promotion inté­grale de l'homme. Voilà qui pourrait justifier nos pers­pectives d'avenir.

Mais nous aurions voulu aborder et approfondir tous les aspects constitutifs du charisme de notre Institut afin d'en avoir une vision plus globale dans la perspective du troisième millénaire. Nous aurions touché les dimensions essentielles de la vie religieuse telles le célibat charismatique, l'obéissance et la communauté. Le temps nous im­parti et les hésitations quant à la conformité aux exigences de la re­cherche scientifique n'ont pas permis d'étaler nos ambitions.

Cependant, tout à la conscience de n'avoir fourni aucune recette à notre famille religieuse, nous osons croire que ce travail sera profi­table tant aux éducatrices qu'aux jeunes en formation. Il pourra ser­vir aussi d'outil de travail à la congrégation qui, avec une constante vo­lonté, poursuit l'idéal de donner des missionnaires authentiques à l’Église de Jésus-Christ.

Au plan théologique, néanmoins, notre analyse se veut être un élan d'ouverture dans la recherche des voies de l'inculturation de la vie consacrée en Afrique.. A ce titre elle mérite d'être prise en considé­ration par toute personne s'intéressant particulièrement à la réalité africaine.

Tout en suscitant ce profond optimisme, notre réflexion laisse percer une large interrogation qui nous habite profondément depuis un certain temps :

- Nos sensibilités  africaines se laisseront-elles vraiment re­joindre par les exigences, la radicalité de  la vie religieuse selon l'es­prit de Guy HOMERY ?

- Saurons-nous valoriser les exemples de vie de nos premières soeurs pour y adapter les expressions actuelles  d’une vie de pauvreté religieuse en Afrique , en R.D.C. spécialement ?

- Ou encore, notre voeu de pauvreté peut-il être réellement com­pris par les pauvres de l’Afrique comme un partage de leur situation de vie, comme un engagement  qui les aide à en sortir ?

Autant de questions qui méritent attention et approfondissement.