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Les Filles de la Divine Providence face à la pauvreté en Afrique

3.3. Quelques suggestions

Le fondateur de l'I.F.D.P. est "homme de l'Esprit". Son expérience de Dieu demeure un don précieux pour l'Église universelle. Il convient donc que les membres de sa famille religieuse en général, et les Africaines en particulier restent fidèles au charisme du Fondateur, à la culture africaine, et fassent preuve d'une prise en charge respon­sable de la vie religieuse.

3.3.1. Fidélité au Charisme

Vivre de manière authentique le C.A.P. aujourd'hui en terre d'Afrique, nécessite une connaissance profonde de l'Esprit du Fondateur. Cela ne peut être possible que lorsqu'on comprend que le Charisme ne doit jamais s'identifier aux médiations; c'est une expé­rience à faire. Une missionnaire nous le disait un jour: "le C.A.P. est plus une expérience à vivre qu'une mission à remplir". Cela n'est pos­sible que lorsque l'on mène une vie de prière authentique.

En effet, le souci des jeunes héritières du C.A.P. doit être de s'appliquer à "lire avec amour les écrits et la vie du Fondateur, les Actes de chapitres, les nouvelles de l'Institut pour qu'elles ne s'éloignent ni de l'inspiration originelle ni des directives de la Congrégation dans leur com­portement”.

Notre Mère l’Église demeure plus exigeante lorsqu'elle recom­mande de " mettre en pleine lumière et de maintenir fidèlement l'esprit des fondateurs et leurs intentions spécifiques... de promouvoir chez les membres une suffisante information de la condition humaine à leur époque... de sorte que discernant avec sagesse à la lumière de la foi, les traits particuliers du monde d'aujourd'hui et brûlant de zèle apostolique, ils soient à même de porter aux hommes un secours plus efficace"[1].

Cela demande un engagement de tout un chacun, une capacité d'initiative, et comme nous l'avons souligné plus haut, un amour sin­cère de la Congrégation, un sens d'appartenance au corps, une lutte sincère contre l'individualisme, le relativisme de l'essentiel,  l'incohérence entre le discours et la pratique, la dispersion dans le vécu[2].

Enfin cette expérience ne sera possible que dans la mesure où l'on se disposera à la grâce de Dieu dans la prière et l'on se laissera interpeller par "les pauvres qui sont nos maîtres" (RV. N 29). Notons que c'est dans la prière qu'un coeur voué à Dieu trouve un dynamisme toujours nouveau pour aller de l'avant, pour libérer, pour inventer afin que la vie soit donnée.



[1] VATICAN II., Décret Perfectae Caritatis, Montréal, 1967, n. 2d.

[2] Cf. LUKUMWENA S., Vie consacrée et voeux, cours donné à l'ISA, 1997-1998, p. 9.