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Les Filles de la Divine Providence face à la pauvreté en Afrique

1. La pauvreté de l'homme africain

Un jour, une missionnaire de l'I.F.D.P. nous disait: "quand on passe de l'Europe en Afrique, on change de civilisation. Au premier abord, malgré la sympathie à priori, on est porté à sous-estimer  la civili­sation africaine à cause de la pauvreté apparente. Mais au fur et à me­sure que le temps passe, la perception de la vie africaine devient plus juste; on se rend compte de sa vraie valeur".

Cette réflexion nous paraît fondamentale pour essayer d'appré­hender ce qu'elle cache comme réalité. Quand on écoute les médias,  on a bien l'impression  que la vie de l'homme africain, dans l'en­semble, est la vie de "sous-homme", caractérisée par une misère qui touche tous ses aspects : matériel, spirituel, moral, intellectuel voire cul­turel. Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II écrivait que "l'Afrique est un continent sa­turé de mauvaises nouvelles... saturé des problèmes : une misère épou­vantable, une mauvaise administration des rares ressources disponibles, une instabilité politique et une désorientation sociale. Dans un monde contrôlé par les nations riches et puissantes, l'Afrique est pra­tiquement devenue un appendice sans importance, souvent oublié et né­gligé par tous"[1].

En effet, selon Rudolf STRAHN, "le un tiers de la population ne dis­pose pas du minimum reconnu nécessaire pour subsister physique­ment..."[2]. Cette pauvreté semble s'expliquer dans une histoire de l'humanité, qui a été incapable d'organis­er la vie sur terre avec un minimum de respect des droits du plus grand nombre, car une mino­rité accapare tous les biens à son propre profit, au détriment de la majorité qui travaille du­rement mais continue à sombrer dans la mi­sère.

Le travail de quel ordre soit-il est le meilleur moyen de subvenir à ses besoins vitaux. Or nous assistons à un grave phénomène dans nos pays d'Afrique: toutes les activités pouvant garantir des res­sources ne sont pas du tout valorisées. Des milliers et des milliers d'hommes manquent d'emploi et s'ils en ont un, il reste sans salaire. Ainsi nous assistons à des privations involontaires dans de nom­breuses familles.

Cet état d'insuffisance s'étend à tous les niveaux. Les infrastruc­tu­res scolaires sont quasi inexistantes. Les quelques écoles privées qu'on trouve souvent dans les grandes villes et qui se défendent en­core sont pour les riches. Les taux de mortalité augmentent car les gens ne sont pas à mesure d'accéder aux soins médicaux même les plus élémentaires. Le fléau  des maladies contagieuses telles que le sida appauvrissent de plus en plus les familles. De son côté, la proli­fé­ration des groupes de prière, qui ont souvent des objectifs purement économiques, dénote une certaine pauvreté spirituelle au sein de notre peuple. Ce qui porte parfois atteinte "au profond sens religieux, au sens du sacré, au sens de l'existence de Dieu Créateur"[3] qui carac­térisent l'homme africain.

Devant cette réalité cruciale, le don fait aux F.D.P. a quelque chose à apporter. Voyons d'abord en gros comment cela fut vécu par les premières missionnaires.



[1] JEAN-PAUL II, Exhortation apostolique post-synodale, Ecclésia in Africa sur l'Eglise en Afrique et sa mission évangélisatrice vers l'an 2000, Kinshasa, Médiaspaul, 1995, n. 40.

[2]  STRAHN Rudolf H., Pourquoi sont-ils si pauvres ?, Suisse, à la Baconnière, 1978, p. 19.

[3] JEAN-PAUL II, Ecclesia in Africa, Op. cit., n 42.