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Signification théologique du "COR AMATOR PAUPERUM"

1.4. Le Zèle apostolique et la lutte pour l'affranchisse­me­nt

Le zèle qui est demandé aux F.D.P  suppose d'abord  une relation d'intimité profonde avec le Seigneur; elles sont appelées à se vêtir du Christ comme l'apôtre Paul. Ainsi pourront-elles dire avec lui :  "ce n'est plus moi qui vis mais c'est le Christ qui vit en moi". En effet , c'est dans la mesure où notre communion  avec le Christ est intense que nous pouvons devenir des passionnés du Christ, des défenseurs de l'amour et d'ardents bâtisseurs d'un monde meilleur, car une per­sonne zélée est une personne,  qui se montre pleine d'ardeur au ser­vice d'une cause (cf. 1 Co 9, 16).

Le zèle  des F.D.P exige  avant tout un amour généreux pour Dieu, amour qui les élèvera au-dessus  de toutes les vues temporelles. En effet, nul ne peut prétendre servir Dieu sans  cette flamme d'amour dont il est question dans l’Écriture Sainte (Cf. Ct 8, 6); sans esprit de sacrifice pouvant aller jusqu'à celui de sa propre vie (Mt 16, 24). Sacrifier sa propre vie ne veut pas dire se négliger soi-même; c'est ainsi que les F.D.P. ont aussi reçu la forte recommandation d'avoir  grand soin de leur propre perfection pour être plus utiles au prochain car "celui qui est mauvais pour lui-même, envers qui peut-il être bon ?" (Si 14, 5)". "S'unir intérieurement à Dieu, puiser assidûment auprès de lui, dans l'oraison bien faite et dans les sacrements saintement reçus..."[1]. de­vraient être leurs premières activités afin de s'engager à fond, dans l'oubli de soi, pour la cause des pauvres. Pour que ce service des  plus démunis soit efficace, l'Abbé HOMERY souhaitait que ses religieuses aiment la pauvreté évangélique et imitent  Jésus-Christ né dans une étable et mort sur une croix.

En effet, les premières religieuses de l'Abbé HOMERY étaient des  filles pauvres matériellement, mais riches spirituellement. Elles étaient pieuses et pleines de confiance en la Divine Providence. Cela avait influencé leur vie communautaire. Ce qui était important pour elles, c'était de mettre ensemble leurs activités et leur dévouement au service des plus démunis.

La pauvreté évangélique que prônait l'Abbé auprès de ses collabo­ratrices s'exprimait aussi dans leur manière de travailler et de gérer les biens. Jésus, qu'elles suivaient, a vécu pauvre dans une vie de simplicité, de travail, de confiance en Dieu. Les soeurs à leur tour  dé­veloppaient  cet esprit. Leur confiance en la Divine  Providence les stimulait à mener une vie frugale et laborieuse, une vie d'ordre, d'économie et de travail.

Ainsi, elles s'étaient approprié ces paroles de saint Paul : "Celui qui ne veut pas travailler, ne doit pas manger" (2 Thes 3, 10). Elles ai­maient le travail : un ouvrage qui pouvait  être fait par une journa­lière, les religieuses s'en chargeaient. Là où deux Soeurs pouvaient être suffisamment occupées, la tâche était gaiement assumée par une seule religieuse.

Le journal des recettes et des dépenses était tenu avec beaucoup de rigueur et de fidélité. On n'y voyait que les dépenses nécessaires ou extrêmement  utiles. Le rôle de la supérieure en cette matière était d'aider les soeurs à éviter les dépenses superflues.

Avec cet esprit, elles savaient faire évoluer leur établissement et  partager avec les plus nécessiteux les fruits de leur labeur.



[1] Ibid, p. 25.