Ayaas ancien logo  

Signification théologique du "COR AMATOR PAUPERUM"

1.3. Le service et le respect  des pauvres 

Le charisme de l'institut de l'abbé HOMERY  était de servir les membres indigents de Jésus-Christ en soulageant les misères de son temps.  Jésus lui-même a été le premier à vivre ce service; Il reconnaît qu'Il a été envoyé par Dieu pour couronner l'oeuvre des serviteurs de l'Ancien Testament (cf. Mt 21, 33). Dès son enfance, il affirme qu'il se doit aux af­faires  de son Père (Lc 2, 49). Par là, Jésus  montrait l'amour qu'il avait envers son Père. Il n'avait pas d'autre nourriture que de faire la volonté de celui qui l'avait envoyé. En servant Dieu, Jésus accomplis­sait  la mission du salut et en même temps montrait à ses frères comment  réaliser un service digne de son Père. "Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie" (Mc 10, 45 ). IL s'est humilié pour que les petits retrouvent leur di­gnité hu­maine, pour que les esclaves, qui tout le temps devaient ser­vir et obéir aux ordres du maître, se reconnaissent en Lui. C'est pour­quoi Jésus, avant de vivre sa passion, quittera son manteau et se mettra en tablier pour laver les pieds de ses disciples. Ensuite il leur dira : "Je vous ai donné l’exemple. le serviteur n'est pas plus grand que son maître" (Jn 13, 15s). "Je suis au milieu de vous comme celui  qui sert" (Lc 22, 27).

C'est dans cet esprit  que l'Abbé Guy exhortait   ses religieuses à bannir l'esprit du monde." Qu'elles  ne fassent point les dames..."[1]. Qu'elles oublient le rang social qu'elles occupaient dans le monde si elles étaient riches, leur passé bien considéré peut-être. Qu'elles ne se conforment pas au monde du prestige, au monde des puissants qui écrasent, méprisent et se laissent servir; mais plutôt qu'elles se met­tent en tablier, s'abais­sent aux pieds des petits, des malades, des en­fants les plus démunis, des handicapés, des délaissés.

Dès les premières semaines de leur vie commune, le fondateur s'efforçait d'inspirer ces sentiments aux religieuses. Il les orientait vers le Seigneur, car il  savait que, c'est seulement dans la mesure où ses religieuses s'introduir­aient  dans le Mystère de Jésus Serviteur  qu'elles pourraient, à leur tour, prolonger dans le monde les  atti­tudes et les gestes du Seigneur.

C'est ensemble, dans la communauté, soutenues  par  l'amour de Jésus qui les avait rassemblées,  qu'elles arrivaient à incarner, à pra­tiquer l'évangile. Dès le départ, elles avaient fait preuve  d'un désinté­ressement et d'un dévouement entiers au soulagement des pauvres. Le fondateur avait préféré les appelées "Mères des Pauvres" pour qu'elles se rappellent sans cesse la tendresse d'une mère pour ses enfants. Elles s'efforçaient de donner aux petites filles pauvres l'exemple de toutes les vertus. Elles les initiaient aux travaux manuels: coudre, fi­ler le lin et les différents lainages, ainsi qu'à d'autres ouvrages des mains. Ainsi elles les mettaient en état de gagner honnêtement leur vie au sortir de l'établissement. Les malades, les infirmes étaient sou­vent visités et soignés; ils recevaient gratuitement une grande partie des remèdes prescrits.

Chacune  s'acquit­tait au mieux  de la charge qui lui était confiée, rapportait toute la gloire à Dieu et se regardait comme une servante inutile, n'ayant fait que ce qu'elle devait faire.



[1] Règle de vie, Op. cit, p. 27.