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Signification théologique du "COR AMATOR PAUPERUM"

1.2. L'humilité et la simplicité

Sortir de son coeur nécessite aussi la vertu d'humilit­é. Etre humble c'est être centré sur Dieu et sur Jésus, plus que sur soi-même[1]; c'est entrer dans le coeur de Jésus pour tout gagner, c'est    reconnaître la toute-puissance de Dieu, de Lui, l'humble a tout reçu (1 Co 4, 7), par lui-même il n'est rien (Gal 6, 3 ), c'est aussi adopter un style de vie qui s'expri­me dans la reconnaissance de la dignité hu­maine pour soi-même et pour les autres. Les humbles  sont ceux qui se revêtent de simplicité  dans leurs rapports mutuels( 1P 5, 5; Col 3, 12); cherchent les intérêts des autres et prennent la dernière place (Ph 2, 3s; 1 Co 13, 4s).

 Lorsque l'Abbé Guy HOMERY avait remis les orphelines aux soeurs comme un don précieux du Seigneur,  il les exhortait  à vivre ce service dans l'humilité. Cette vertu d'humil­ité orientera les pre­mières constitutions qui  avaient pour fondement évangélique ces pa­roles empruntées à saint Mathieu : "que celui qui voudra être le plus grand parmi vous soit votre serviteur" (Mt 20, 25-28). C' est la meil­leure façon de rejoindre le Seigneur de gloire qui s'est abaissé jusqu'à mourir sur la croix par amour pour les hommes. Pour libérer les pauvres, les opprimés,  les faibles, il n'y a pas d'autre chemin que ce­lui pris par le Fils de Dieu. Telle est la voie dans laquelle le fondateur de l'I.F.D.P. dirigeait ses religieuses en souhaitant "que chaque soeur  considère les autres soeurs  comme si elles étaient toutes ses supérieures, en les respectant au dehors avec une franchise et une simplicité reli­gieuse"[2]. Une pareille attitude demande un dépassement de soi, une mort à sa propre considération. Seules, une vie de prière authentique et une intimité toute particulière avec Jésus Sauveur peuvent la déve­lopper et la rendre possible. Pour devenir doux et humble, Jésus nous invite à son école (Mt 11, 29). Il est impossible d'imaginer une com­passion sincère envers les pauvres si la vie de prière est négligée, car si la branche ne reste pas unie à la vigne elle séchera. Ce lien de la branche au cep, c'est la vie de prière. 



[1] LAFRANCE Jean, la prière du coeur, Paris, 1980, p. 56 et 76.

[2] HOMERY Guy Louis Pierre, Statuts de la Congrégation Religieuse des F.C.I.M, Créhen, 1822, p. 78.