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Notice sur la vie de Guy HOMERY, Fondateur de l'I.F.D.P.

3.3. La pauvreté de Guy HOMERY

Pour aller vers les pauvres, il faut être d'abord pauvre soi-même. La pauvreté volontaire de Guy HOMERY apparaît comme le "sacre­ment" de la rencontre du Christ, de l'amour donné au Christ, ou mieux une pauvreté mue par l'amour, enracinée dans la confiance en la Providence.

3.3.1. Une pauvreté mue par l'amour

Marquée par la méditation de l’Écriture, sa vocation l'est aussi par la pauvreté. Celle‑ci n'est pas un état qu'il subit, mais plutôt  un choix libre et volontaire. L'appel de Dieu se présente à lui comme un choix entre deux maîtres: Dieu ou l'argent (Mt 6,24). Pour le détour­ner du sacerdoce, son père lui avait proposé  une plus grande part d'héritage; "mais, écrivait-il, toutes les fortunes de l'univers ne pourraient le détourner de sa vocation"[1].

L'abbé HOMERY avait choisi la pauvreté par le seul désir d'être plus semblable à Jésus‑Christ. Tout ce qu'on pouvait lui offrir, il le recevait dans une grande liberté intérieure, de même il donnait et par­tageait avec un détachement sincère. C'est ainsi qu'en 1833, il vendit  son mobilier et son linge à la" Maison de la Providence"[2].  Et pendant les dix-huit dernières années de sa vie, il vécut de " biens " qui ne lui appartenaient pas. Il ne  s'était  même pas réservé une chemise!  Il  voulait en cela suivre l'exemple de son  bon Sauveur, qui n'avait pas même où reposer la tête.

Ainsi, beaucoup plus qu'un mépris de l'argent, sa pauvreté est un amour du Christ‑Pauvre. Elle est aussi une confiance en la Pro-vidence.

3.3.2. Confiance en la Providence

Pour sa fondation, il ne chercha point des personnes riches, mais seulement des personnes pieuses et pleines de confiance en la Divine Providence. "Il exhortait  ses collaboratrices  à avoir  confiance en Dieu, et à  s'appuyer comme lui,  sur les trésors de la Divine Providence la­quelle reste une source intarissable de grâces"[3].

Cette confiance s'appuyait elle‑même sur le souvenir de la fidélité  de Dieu tout au long de l'histoire de son Peuple. Celui qui avait  nourri un peuple presque innombrable dans le désert pouvait encore aujourd'hui opérer de semblables prodiges sans même faire de mi­racles. Lui qui tient les coeurs des hommes entre ses mains ... et fait trouver des ressources où on n'en attendait point. Elle s'appuyait aussi  sur la promesse entendue dans l'église de Créhen: "La Providence viendra à ton secours".

 Cette confiance de l'Abbé HOMERY, tout en restant extrême­ment audacieuse,  était aussi prudente, réaliste et active.  Il conviait  ses religieuses  à avoir l'esprit de travail pour gagner leur vie. C'est ainsi que les premières religieuses n'hésitaient pas à  filer  la laine, à tisser et à  tenir  une "boutique" d'épiceri­e. Elles cultivaient la terre et se procuraient  des bateaux à marne qu'elles mettaient en location, car on comprenait le vrai sens de la parole évangélique: "Si Dieu revêt ainsi l'herbe des champs (qui ne travaille pas)... combien plus ne le fera‑t‑il pas pour vous..." (Mt 6,30). Cela pour dire que leur confiance, qui était le reflet de celle de leur fondateur  était accompagnée de l'action.



[1] HOMERY Guy, La voix de Dieu, op. cit., p. 4.

[2] La" maison de  Providence" est le nom donné à la  première communauté des Filles de la Divine Providence. C'est dans cette maison que furent  regroupées  les premières  orphelines. 

[3] HOMERY Guy, Histoire de la fondation, Op. cit., f° 17, p. 10.