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Notice sur la vie de Guy HOMERY, Fondateur de l'I.F.D.P.

3.2. La grâce de 1822

Comme nous l'avons dit dans les pages précédentes, fortement influencé dans son comportement par le contexte dans lequel il gran­dit, Guy HOMERY fit preuve, dès son jeune âge, d'un coeur saisi par Dieu, totalement livré au Seigneur, et duquel Celui-ci  se fait en­tendre et comprendre. Il l'exprima un jour en disant : " Ô mon Dieu, que votre voix est puissante quand vous la faites entendre à un coeur que vous avez disposé à l'écouter ! "[1].

Cette voix de Dieu,  qu'il  écoutait dans ses" livres de piété", no­tamment l'abrégé de l'Ancien Testament, le Nouveau Testament et l'imitation de Jésus-Christ; elle résonnait aussi à travers les pauvres de son temps surtout  les orphelins sans instruction, les enfants abandonnés, les malades sans soins, les chrétiens dont la foi était  menacée.

Plein de compassion et de tristesse, Guy se sentait appelé à sou­lager les misères criantes de son pays: misère morale, matérielle et spirituelle. Pour y arriver, Il rêvait d'une fondation  de religieuses dont les coeurs seraient totalement consacrés  à Jésus. Et Jésus se servirait de leur coeur pour aimer passionnément les pauvres, de leurs mains et de toute leur existence pour guérir, libérer, unir, annoncer l'Amour de Dieu. Mais la réalisation de son rêve semblait être condi­tionnée d'abord par le fait de savoir si c' était vraiment la volonté de Dieu.  Par la suite  cette réalisation rencontrera  beaucoup d'obs­tacles au niveau matériel et financier.  "J'aimais mieux renoncer à mon projet que de solliciter un changement qui n'eût peut‑être pas été agréable à Dieu. Me voyant sans fortune et sans argent,- car j'avais déjà disposé du peu de fortune que mes parents m'avaient laissée - ne voyant per­sonne dans la paroisse de Créhen assez riche pour m'aider ni assez dis­posé à le faire, je commençais à porter mes vues ail­leurs..."[2].

Pour chercher plus de lumière sur "sa vraie vocation", il fit une retraite de dix jours à la Trappe de la Melleray où le Père abbé lui  dira, qu'il le croyait appelé à travailler d'une manière particulière au salut des âmes et qu'il espérait que, dans peu de temps, Dieu lui fe­rait connaître sa volonté.

Tout ne deviendra clair pour l'Abbé HOMERY qu'en 1822. Dieu enfin répondait à ses rêves humainement irréalisables. Voici comment il le raconte:  "Un jour, étant à l'église après avoir célébré la Sainte Messe et confessé mes pénitents, je restai quelques temps en Oraison de­vant le Saint Sacrement. Et pendant que je faisais mon Oraison, mon projet d'établissement me revint à l'esprit. Dans ce moment,  j'entend­is une voix à ma gauche du côté de l'évangile qui me dit intérieurement mais distinctement ces paroles: "Commence, mon enfant, la Providence viendra à ton secours"[3]. A partir de cette expérience, l'Abbé  HOMERY n'eut plus  de doutes ni d'hésitations et se mit à l'oeuvre.  Il prendra en location un "mauvais cabaret", qui était dans le village comme symbole de la mi­sère et de la débauche. Il voulait à tout prix faire disparaître du village ce cabaret en le purifiant et en le transformant en maison de  provi­dence. Il trouva quelques personnes pieuses et pleines de confiance en la Divine Providence pour collaborer à son oeuvre. Il fit  une liste de dix petites filles, les plus pauvres de la pa­roisse. En attendant que la maison soit libérée, il réunit ses collabo­ratrices au presbytère. Elles étaient cinq de bonne volonté: Marie Saiget, Joséphine Lossois, Toussainte Bertin, Félicité Mahé, Olive Josselin.

Ainsi naquit la famille religieuse de Guy HOMERY dont le but est fondamentalement de faire connaître aux pauvres que Dieu est Amour.



[1] HOMERY Guy, La Voix de Dieu,  Op. cit., p. 5.

[2] HOMERY Guy, Histoire de la fondation, Créhen, 1850, f 2.

[3] Ibid., f 4, p. 5.