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Notice sur la vie de Guy HOMERY, Fondateur de l'I.F.D.P.

3. L'intuition fondatrice

Pour bien saisir l'intuition fondatrice de l'Abbé HOMERY, il convient de commencer par relever certaines influences spirituelles qui ont marqué sa vie personnelle et qui l'ont aidé à rechercher sans cesse les traces de Dieu, notamment l'idéal de Saint Ignace de Loyola et ce­lui de Saint Vincent de Paul. Et puisque la rencontre de Dieu transforme la vie, nous tâcherons ensuite de montrer la pauvreté de Guy HOMERY et son attitude face aux pauvres.

3.1. Les influences spirituelles reçues

Dans sa vie sacerdotale, Guy HOMERY subit diverses influences. D'abord celle  de la Compagnie de Jésus fondée par Saint Ignace.

En effet, après sept ans de vie sacerdotale, l'abbé HOMERY dé­couvrit la spiritualité des Jésuites jusqu'à éprouver  le désir d'en de­venir membre, comme son cousin et ami l'abbé Renault, mais en vain et surtout faute d'obtenir l'autoris­ation de son évêque, Monseigneur de la Romagère.  Guy HOMERY emprunta chez Saint Ignace la pas­sion de la gloire de Dieu,  la recherche de la  sanctification person­nelle et le zèle apostolique.

En effet Guy HOMERY, comme Saint Ignace,  envi­sageait de  faire des merveilles  pour la gloire de Dieu. Il n'avait rien à voir  avec la recherche de l'honneur mondain qui, selon saint Jean, a fermé à plus d'un l'accès à la foi (Jn 5, 44; 12, 43). "Les louanges des hommes lui faisaient de la peine et il méprisait leurs applaudisse­ments"[1]. Il n'était  sans doute pas question  de faire abstraction des  autres, mais il voulait se débarrasser des préjugés,  être  au-dessus de toutes les vues temporelles pour l'unique gloire de Dieu. Son esprit et sa fin  étaient  avant toutes choses de" glorifier Dieu à la manière la plus pure et la plus parfaite en répandant sa connaissance et son amour"[2]. En effet, la gloire de Dieu pour l'Abbé était d'annoncer aux pauvres que Dieu est Père et Amour miséricordieux.

Il fut aussi frappé par la personnalité de Saint Vincent de Paul. "Cet homme apostolique,  modèle du clergé de France, qu'il avait choisi pour patron et pour modèle"[3]. Guy HOMERY, frappé par l'appel des pauvres de son temps, trouvait dans le fondateur des Soeurs de la Charité force et courage pour aller de l'avant dans son oeuvre. Il  re­commandait  à ses soeurs d'honorer Saint Vincent de Paul d'un culte particulier car sa congrégation   avait la même destination que celle qu'il venait de fonder. <<En effet, ce dernier avait fait, en 1613, le voeu de consacrer sa vie au service des pauvres; il  avait  successivement créé plusieurs activités pour soulager les misères de son temps : notamment la confrérie de la charité sous l'impulsion de Louise de MARILLAC, l'au­mô­nerie des galères, une mission permanente auprès des paysans pour combattre l'ignorance religieuse, la congrégation des prêtres spécialisés dans l'apostolat en milieu rural, l'ordre des Filles de la Charité dont le vê­tement était celui de paysannes>>[4].

Saint François Régis fut  cet autre homme qui  influença la vie de Guy HOMERY par son union à Dieu, sa dévotion envers l'Eucha­ris­tie, sa confiance en Dieu, son zèle pour le salut des âmes, son tendre amour pour les pauvres, sa mortification et son humilité. Toutes ces  vertus qu'on retrouve dans la vie même de Guy HOMERY et qu'il exi­geait de ses Soeurs. En effet, la vie de prière dans l'histoire de l'Abbé HOMERY était  d'une importance capitale. C'est de l'autel et de l’Écri­ture Sainte que naquit  sa vocation. Aux membres de son Institut, il demandera d'avoir un amour généreux pour Dieu afin de ménager le salut de l'âme et le soulagement du corps.

Fort de ces influences, Guy HOMERY demandera  aux Soeurs d'avoir  ces saints comme Patrons de leur Institut, surtout Ignace de Loyola et Vincent de Paul.



[1] HOMERY Guy,  Histoire de la fondation, Créhen, 1850, f° 15.

[2] Régle de vie des Filles de la Divine Providence (1ere partie), Presse Bretonne, Créhen, 1984, p. 23.

[3] HOMERY G., Ses Souvenirs, Créhen, 1852, p. 32.

[4] Théo, Nouvelle encyclopédie catholique, Paris, éd. Droguet-Ardant, 1989, p. 122.