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«Parole éternelle du Dieu vivant…»

Méditation sur une méditation missionnaire - Novembre 2008
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Dans sa Méditation missionnaire de novembre, le P. Steckling, o.m.i. nous brosse le tableau d’une rencontre où la diversité des participants représente un grand pas vers le souhait du Christ: «Que tous soient un…»

«Pendant le mois d’octobre, écrit le Supérieur général, Rome a accueilli le Synode des Évêques. J’ai eu la chance d’en faire partie; ainsi pendant trois bonnes semaines, le meilleur de mon temps et de mon énergie ont été investis dans cet événement. En plus des 240 Évêques, onze Supérieurs généraux ont été nommés comme membres avec droit de vote. Soixante dix-huit auditeurs et experts, parmi lesquels 25 femmes et les représentants d’une douzaine d’Églises non catholiques étaient aussi de la partie. Nous avons eu le privilège de voir le Pape présider, en personne, de nombreuses sessions.»

«La parole “Synode”, dit encore le P. Steckling, signifie: “ensemble, sur la route; nous avons ainsi parcouru ensemble le thème “La Parole de Dieu dans la Vie et la Mission de l’Église”.»

Que signifient pour moi Parole de Dieu, Bible, Évangiles? Tout d’abord l’inestimable don à l’humanité émergeante d’un cœur fait pour aimer et tourné vers la transcendance, d’une foi progressive en un «Je suis» inconnu et omniprésent se laissant d’abord deviner à travers les récits transmis de génération en génération et que nous retrouvons dans les écrits bibliques alors que le moi profond de l’homme, guidé par l’Esprit, professe de plus en plus l’existence du Dieu inconnaissable, juste et fidèle, inéluctablement lié à son histoire.

Oui, la Parole, se trouve en chacun de nous. Dieu lui-même nous le rappelle: «Ma Parole, elle est gravée dans ton cœur». Dans nos cœurs foncièrement bons et paradoxalement faibles; dans nos cœurs aux multiples limites et pourtant confiants en Celui qui pardonne; dans nos cœurs tellement désireux d’aimer comme Lui; dans nos cœurs brûlants «d’aller dire à tous les peuples: ¨le Royaume est parmi vous¨.» Oui, nous sommes des sauvés et notre confiance en notre Dieu de Miséricorde connaît son apogée depuis la venue du Christ Sauveur.

«Et le Verbe s’est fait chair… Et il a habité parmi nous.» Il avait nom Jésus. Il parcourait nos routes humaines, annonçant à cor et à cri la bonté de son Père et notre Père. Il parlait d’un Royaume où tous sont invités. Il accueillait sans différence aucune pauvres, exclus, parias de la société, riches, malades, bien portants... Il dénonçait l’injustice, dérangeait les puissants. Il disait en mots simples des paraboles pour tous. Il aimait les petits enfants et pardonnait tout pour l’amour de son Père, une miséricorde poussée à l’extrême: «Père, pardonne-leur, ils ne savent ce qu’ils font!»

Aujourd’hui encore, Parole vivante et éternelle, il nous parle de bonté, de miséricorde, de justice. Il nous invite à vivre comme Lui, accueillant, pardonnant, écoutant, guérissant… Le Christ Sauveur est allé jusqu’au bout de lui-même. Son amour sans limite est Chemin, il est Vérité, il est Vie. En chacun de nous il réalise sa promesse: «Je suis avec vous pour toujours.»

«Dans l’aula du Synode, chacun avait cinq minutes pour parler. Quand ce fut mon tour, j’ai souligné comment Dieu communique avec nous de bien des façons : tout d’abord dans la personne du Christ, ensuite par la Sainte Écriture, mais aussi par la nature, l’histoire et notre conscience. Mais faisons-nous attention à ces multiples voix et sommes-nous capables de les comprendre?», interroge le P. Steckling.

Non, nous n’entendons pas toujours ces multiples voix souvent cachées «dans la brise légère.»

Il est cependant des circonstances où notre Dieu manifeste de façon éclatante qu’Il est le tout proche, le vainqueur de la mort. Je veux parler ici de la longue maladie et du décès récent de mon mari. Je revois mes visites quotidiennes à l’hébergement où vivait Pierre depuis de longs mois; le partage des valeurs qui ont tissé notre vie; nos moments de prières toutes simples et tellement sincères qui nous donnaient l’élan intérieur pour continuer; le courage de Pierre qui cherchait plus «à consoler qu’à être consolé» et la miséricorde d’un Dieu l’appelant à lui pendant son sommeil, doucement, sans souffrance.

J’ai goûté la présence de Dieu dans le soutien inconditionnel de «ma tribu», ces enfants de mon cœur avec qui j’ai pleuré, prié et regardé vers la Vie. J’ai entendu la Parole dans les témoignages d’affection affluant de partout. Le couronnement de notre vie de couple, de notre engagement à vivre le charisme oblat, nous l’avons vécu, Pierre et moi, lors de l’Eucharistie des funérailles, lorsque, ensemble, Oblats de Marie Immaculée et Laïques associés, nous avons entonné ce Salve Regina témoin de l’entrée de notre Fondateur dans le Royaume et devenu depuis si cher aux membres de la Congrégation.

Aux derniers accents de ce chant à Marie, mes mains se sont élevées en un geste d’offrande et j’ai remis au Seigneur le compagnon de toute ma vie. J’ai confié à son Créateur cet homme qui, comme la Parole de Dieu, ne cessera de parler à mon cœur, à celui de mes enfants et à un ami très cher qui a su reconnaître en Pierre l’artisan de paix, l’affamé de justice et l’homme d’une seule parole. Oui, tous ceux qui ont su comprendre la foi paisible qui animait mon mari se souviendront de lui.

Province Notre-Dame-du-Cap
2008-11-09

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